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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

Articles avec #conference catégorie

Colloque "Immersivité et innovations technologiques"

Publié le 19 Octobre 2020 par Anaïs BERNARD dans conférence

Colloque "Immersivité et innovations technologiques"

Originellement, le colloque devait se tenir à Montréal du 10 au 13 juin 2020. Le contexte écologique et épidémiologique actuel nous a poussé à transformer l’événement.

Dorénavant, le colloque se déroulera de façon virtuelle, du 26 au 30 octobre 2020.

Cet événement est le fruit d’une collaboration entre le partenariat international de recherche sur les techniques et technologies du cinéma (TECHNÈS), le Groupe de recherche sur l’avènement et la formation des identités médiatiques (GRAFIM), le programme de recherche sur l’expérience cinématographique (CINEX), ainsi que le Moving Image Research Laboratory (Université McGill). 

Le colloque aura pour invité d’honneur Douglas Trumbull, spécialiste en effets visuels (2001: A Space Odyssey;Blade Runner) et réalisateur (Silent Running; Brainstorm).

 

À en croire les manchettes et les communiqués de presse qui accompagnent le lancement de chaque nouvel appareil de réalité virtuelle, nous approchons le jour où il sera possible de vivre des expériences si immersives que l’on ne saurait les distinguer de la réalité. Déjà en 2004, Katie Salen et Eric Zimmerman critiquaient cette « immersive fallacy », tendance qui consiste à accorder trop d’importance aux technologies audiovisuelles et à l’idée d’une illusion si totale qu’elle serait indissociable du monde réel (Salen et Zimmerman 2004, p. 451). En effet, plusieurs ont déjà démontré le riche héritage de la notion d’immersion, contribuant ainsi à remettre en question la nouveauté du concept et son rapport aux « nouvelles technologies ». Par exemple, Oliver Grau (2003), Alison Griffiths (2013) et Erkki Huhtamo (2013) proposent une archéologie des formes médiatiques immersives depuis l’Antiquité en passant par les panoramas du 19esiècle. D’autres, comme Victor Neil (1988), Jean-Marie Schaeffer (1999), Janet Murray (1997) et Marie-Laure Ryan (2001, 2015) ont abordé l’immersion dans un contexte littéraire en traitant des technologies propres au récit scriptural et de l’apport psychologique du lecteur dans l’immersivité narrative. Du côté vidéoludique, Gordon Calleja a critiqué les malentendus — autant dans l’industrie que dans le monde académique — qui émanent de la confusion sémantique du terme immersion : « It is used to refer to experiential states as diverse as general engagement, perception of realism, addiction, suspension of disbelief, identification with game characters and more » (2011,p. 25).

Comprendre les formes immersives contemporaines implique à cet effet un éventail d’approches visant à déchiffrer la notion d’immersivité à travers différents contextes sociohistoriques et disciplinaires, ainsi qu’à mettre en lumière les formations d’expériences immersives au-delà des limites des technologies actuelles. Comment l’histoire de l’art, la littérature, les médias visuels et même la science peuvent-ils influencer la notion d’immersivité? Qu’est-ce que les pratiques immersives antérieures nous apprennent de l’idéal (encore irréalisé) d’une expérience virtuelle totalement englobante? Quels rôles le corps, l’espace et le récit jouent-ils dans la production et le maintien d’une expérience immersive? À quelles fins les fonctions immersives des technologies sont-elles utilisées? Les questions qui alimentent depuis longtemps la réflexion sur la notion d’immersivité reviennent ainsi dans les plus récentes recherches, que ce soit dans le domaine des théories des médias (Lisa Nakamura, Wendy H.K. Chun, Deborah Levitt) ou dans le champ des sciences cognitives et de la psychologie (Jeremy Bailenson, Mel Slater, Philippe Bertrand). D’autres encore ont cherché à unir les deux champs d’études en s’inspirant d’approches psychologiques et cognitives afin d’aborder l’immersivité en jeu dans différentes technologies médiatiques (Torben Grodal, Mireille Berton, Douglas Trumbull).

 

Pour assister à l’événement qui aura lieu du 26 au 30 octobre 2020, veuillez vous inscrire grâce au lien suivant: http://bit.ly/Inscription_Immersivité

Programmation

Programmation

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Robots en scène

Publié le 10 Octobre 2020 par Anaïs BERNARD dans conférence

Robots en scène

Robots en scène
Rencontre : Modes de représentation, nouvelles formes narratives et scénographies dynamiques
Le 16 octobre 2020, à 18h00
Gratuit, sur réservation au +32(0)69 88 91 40 ou maisondelamarionnette@skynet.be


Autour de Philippe Franck (historien de l’art, directeur de Transcultures) sont réunis à l’occasion de LUMEN #5, plusieurs créateurs et chercheurs issus d’horizons différents invités à échanger sur divers enjeux liés aux spécificités des arts numériques dans leurs projets et/ou recherches artistiques. Le fil conducteur de ces présentations est le lien entre l’intégration d’éléments liés à la robotique et une réflexion sur les nouveaux modes narratifs et scénographiques. 

Informations
16.10.2020 – 18:00
Gratuit – sur réservation au
> +32(0)69 88 91 40
> maisondelamarionnette@skynet.be
Maison de la Marionnette
Rue Saint-Martin, 47 – Tournai

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CyberPunk & Dystopies

Publié le 6 Octobre 2020 par Anaïs BERNARD dans conférence

CyberPunk & Dystopies

Atelier/Rencontre avec l’artiste multimédia cyberpunk YANN MINH, écrivain de Science-fiction, réalisateur, infographiste, fondateur des Noonautes et créateur du Noomuséum.


Au programme, l’artiste nous proposera une introduction à la préhistoire de la cyberculture par le biais de son musée virtuel le NOOMUSEUM. Au cours de l’échange, en plus de se questionner sur ce qu’il implique d’être aujourd’hui un créatif « transmédia » de Science-fiction (qui plus est Cyberpunk), nous tenterons d’établir une définition du terme « cyberpunk ».
Par la même occasion, nous en profiterons pour évoquer certaines pistes de réflexions autour de l’actualité et autres enjeux contemporains qui démontrent que le Cyberpunk a probablement encore de beaux jours devant lui (« that Cyberpunk is not dead !»).


Convivialité évidemment de mise, boisson/approfondissement/rencontre/échange en fin d’atelier."
Pour vous inscrire (gratuitement) c'est par ici car nous avons des places limitées : https://www.weezevent.com/cyberpunk-dystopies

 

CyberPunk & Dystopies
13/10/2020 - 17:00 à 20:00


Dernier Bar avant la Fin du Monde
19 avenue Victoria
75001 Paris
FRANCE

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Reprogrammation des imaginaires

Publié le 1 Octobre 2020 par Anaïs BERNARD dans conférence

Reprogrammation des imaginaires

Reprogrammation des imaginaires
dans le cycle Prototypes pour penser l’après-croissance #2
Avec Disnovation.org, Clémence Seurat et invité·e·s

Comment dépasser la vision utilitariste de la nature, les logiques d’optimisation et le solutionnisme technologique ? Cette deuxième rencontre convie des chercheur·euse·s pour esquisser des réponses.

Durant la crise de la COVID-19, les appels à penser le monde d’après se sont multipliés. Nombreux·ses sont celles et ceux qui ont invité à se saisir de la situation pour opérer une transformation écologique du mode de développement capitaliste, voire à enclencher une sortie radicale de ce modèle économique, tandis que d’autres vantaient les avantages d’une société tout-numérique, automatisée et sans contact. À présent, plutôt que de réfléchir et de tirer les leçons de la mise à l’arrêt de nos sociétés, nos gouvernements se hâtent de relancer la machine de production et de reprendre la même trajectoire, mettant entre parenthèses la situation inédite dont nous avons fait l’expérience collective.

Afin de décrypter les fondements des crises politiques et écologiques actuelles, le collectif Post Growth est allé à la rencontre de chercheur·euse·s, de théoricien·ne·s et d’activistes et a collecté un ensemble de récits et de concepts opératoires sous forme d’interviews vidéo. Portant sur des notions comme les limites planétaires, l’effet rebond, les services écosystémiques ou le principe des sept générations, ces capsules vidéo viennent nourrir une plateforme en ligne. L’objectif est d’y réunir des outils théoriques et narratifs qui déconstruisent la vision utilitariste d’une nature pensée comme un stock, dépassent les logiques d’optimisation des ressources et sortent du solutionnisme technologique. Mises en partage afin d’être discutées, activées et expérimentées, ces propositions invitent à ouvrir nos imaginaires à de nouveaux horizons et à initier des modes de vie et de relations avec nos milieux radicalement différents.

Dans cette perspective, la deuxième rencontre du cycle prend la forme d'un plateau télé et invite des chercheur·euse·s à contribuer à cette réflexion collective, en esquissant des trajectoires vers une société qui génère des liens étroits avec le vivant et prend en compte ses répercussions environnementales.

Invité·e·s
Disnovation.org : collectif artistique qui développe des enquêtes et pratiques interdisciplinaires. Au croisement entre l'art contemporain, la recherche et le hacking, le collectif créé des situations de débat, de spéculation et de perturbation qui questionnent les idéologies dominantes comme le techno-solutionnisme et la croissance infinie afin de stimuler des imaginaires et des pratiques post-croissance.

Clémence Seurat : programmatrice et éditrice, elle investigue en particulier des champs de réflexion et d’action liés à l’écologie politique. Elle a été membre du programme d’expérimentation en art et politique Speap. Elle a co-fondé le collectif COYOTE et la maison d'édition 369. Au sein du médialab de Sciences Po, elle conçoit des programmations et édite des contenus pour FORCCAST.

 

Rencontre le 08 octobre 2020 à 19h,
Gratuit (dans la limite des places disponibles)
Grande salle (assis)

ADRESSE
La Gaîté Lyrique
3bis rue Papin
75003 Paris

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Grands projets numériques et défis écologiques : contradictoires, ou nécessaires ?

Publié le 30 Septembre 2020 par Anaïs BERNARD dans conférence

Grands projets numériques et défis écologiques : contradictoires, ou nécessaires ?

Grands projets numériques et défis écologiques : contradictoires, ou nécessaires ?
Good in Tech - Futurs Pluriels #1
Par la chaire Good in Tech, portée par l’EMI de Sciences Po et l’Institut Mines Telecom Business School et le 
Grands projets numériques et défis écologiques : contradictoires, ou nécessaires ?

Rencontre le 07 octobre 2020 à 19h,
Gratuit (dans la limite des places disponibles)
Auditorium
Durée : 2h30.


Le numérique semble clairement contribuer à la crise écologique. Peut-il en aller autrement ? Et si c'est le cas, les grands projets technologiques doivent-ils être remis en question ? Peut-on penser un numérique durable ?

"La 5G tue. Non pas à cause des effets des ondes sur la santé humaine. Mais en tant que création artificielle d'un besoin arbitraire aux conséquences dévastatrices. On ne peut plus continuer à faire "comme si" ces folies n'avaient pas de conséquences. (...) Préfère-t-on la vie ou le débit du réseau téléphonique ? C'est, presque, aussi simple que cela." Aurélien Barrau, physicien.

Aujourd'hui, le numérique - tel qu'il est - semble clairement contribuer à la crise écologique. Il consomme des ressources et de l'énergie, il produit des déchets difficiles à recycler, il fonctionne souvent à l'addiction et à l'obsolescence programmée. Peut-il en aller autrement ? Et si c'est le cas, les grands projets technologiques (5G, smart cities, réseaux électriques ou de transports "intelligents", etc.) doivent-ils être remis en question ? Peut-on penser un numérique durable ?

Intervenant·e·s

Animation : Daniel Kaplan, Réseau Université de la Pluralité.

Introduction : Marie-Laure Djelic, doyenne de l’Ecole du Management et de l’Innovation à SciencesPo Paris, cotitulaire de la Chaire Good in Tech.

Yasmine Abbas (via vidéo-conférence) : architecte DPLG et designer, enseignante-chercheuse au PennState College of Arts and Architecture, auteure de Le néo-nomadisme : Mobilités. Partage. Transformations identitaires et urbaines (2011). Sa recherche explore les mobilités, les cultures numériques et la production de "lieux augmentés". Son travail actuel s'oriente autour de la fabrication d'atmosphères, la cartographie générative et le design numérique d'ambiances. Elle est également cofondatrice du Agbogbloshie Makerspace Platform (AMP) à Accra, Ghana.

Romaric David : ingénieur de Recherche Hors Classe à la Direction du Numérique de l’Université de Strasbourg, responsable du Datacenter. Il s'intéresse depuis de nombreuses années aux aspects environnementaux de l’informatique et participe au GDS Ecoinfo du CNRS depuis 2013. Dans ce cadre, il a participé à de nombreuses actions dans le domaine des Datacenters (documents de référence, formations, groupes de travail, journées techniques…) et fait labelliser par la commission européenne le Datacenter de l’Université  de Strasbourg, au titre du programme "Code de Conduite Européen sur les Datacenters".

Alexandre Monnin : philosophe, directeur scientifique d’Origens Media Lab, enseignant-chercheur en école de management (ESC Clermont) et à l'origine, avec Diego Landivar, de l'initiative Closing Worlds. Il a contribué à la rédaction du rapport intitulé "Pour une sobriété numérique" publié par le Shift Projet dans le cadre du groupe de travail "Lean ICT" (2017-2018) après avoir fondé, en 2016, le Community Group "Web We Can Afford" au sein du W3C. Récemment, il a co-édité le numéro 76 de la revue Multitudes intitulé "Est-il trop tard pour l'effondrement ?". Il monte actuellement pour la rentrée 2020 un Master of Science intitulé  "Strategy and Design for the Anthropocene" en partenariat avec Strate Ecole de Design à Lyon.
Cette rencontre a lieu dans le cadre des conférences "Good in Tech - Futurs Pluriels". Créé à SciencesPo en 2017 en collaboration avec le Réseau Université de la Pluralité, ce cycle invite des chercheur·euse·s, acteur·rice·s, penseur·euse·s et artistes à explorer une facette de nos futurs sous différents angles. Il est porté par la Chaire Good in Tech. Ce cycle est conçu en collaboration avec Daniel Kaplan, fondateur d'Imaginizing the Future et de l'Université de la Pluralité.

 

La Gaîté Lyrique
3bis rue Papin
75003 Paris

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LE CERVEAU, FABRIQUE DE NOS ÉMOTIONS

Publié le 12 Mars 2020 par Anaïs BERNARD dans conférence

LE CERVEAU, FABRIQUE DE NOS ÉMOTIONS

LE CERVEAU, FABRIQUE DE NOS ÉMOTIONS
Cycle de conférences Santé en Questions

Joie, surprise, tristesse, colère… Ces émotions familières nous sont indispensables pour nous adapter au monde. Elles entretiennent un dialogue avec notre corps, notre cerveau et notre environnement. Elles ont un rôle de protection et sont nécessaires à notre existence, à notre survie.

 Intervenants :

A Paris

Denis Peschanski, Directeur de Recherche CNRS, historien, Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CNRS, Université Paris 1, EHESS), Co-responsable scientifique du programme 13-Novembre (CNRS, Inserm, héSam)

A Montbéliard

Carine Dautrey, psychologue spécialiste en psychologie comportementale et cognitive – Association Française de Thérapie Comportementale et Cognitive (AFTCC)

Débat animé par Eli Flory.

Dès 12 ans

Date : Jeudi 19 mars 2020 de 19h à 20h30

Lieu : Auditorium de la Cité des sciences et de l’industrie à Paris et en duplex avec le Pavillon des sciences à Montbéliard

Entrée gratuite

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Tous (hyper)connectés ?

Publié le 5 Mars 2020 par Anaïs BERNARD dans conférence

Tous (hyper)connectés ?

CONFÉRENCE
Tous (hyper)connectés ? – Conférence de Michaël Stora, psychologue – JE 12 MARS 20H
Bibliothèque Simone Lagrange/ Mi-plaine – Meylan

Michaël Stora est l’un des premiers psychologues français à s’intéresser à l’objet numérique, en tant que sujet de recherche mais également comme outil thérapeutique. Nous vivons tous connectés. Impossible aujourd’hui de se passer du numérique, dans la vie quotidienne comme dans la sphère professionnelle ou intime. Comment cette révolution numérique a-t-elle transformé nos vies ? En quoi les usages numériques bouleversent-ils notre rapport à l’autre, mais aussi à nous-mêmes ?
En partenariat avec l’Hexagone Scène nationale Arts sciences, en lien avec les spectacles Céleste gronde et Screenagers.

 

Jeudi 12 mars 2020, à 20h.

Bibliothèque Simone Lagrange
14 Rue des Aiguinards
38240 Meylan

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Séminaire 6-2020 “Corps en question“

Publié le 29 Février 2020 par Anaïs BERNARD dans conférence

Séminaire 6-2020 “Corps en question“

Vendredi 6 mars 2020, de 14:00 à 16:00
Séminaire “Corps en question
Organisé par Anaïs Guilet
Invitée : Sara Touiza-Ambroggiani, docteure en philosophie
LLSETI / Jacob-Bellecombette / Amphi 11000

À la recherche du corps glorieux : mondes transhumanistes et enjeux posthumanistes dans Black Mirror

Black Mirror, la série d’anthologie imaginée par Charlie Brooker, explore, au gré des épisodes, l’ambiguïté qui caractérise nos rapports aux fulgurantes avancées technologiques contemporaines. À la fois fasciné et effrayé par les artefacts dont il se sert chaque jour, le spectateur de Black Mirror se retrouve devant ses propres contradictions. La première étant d’assister, devant un écran, à la mise en scène de son addiction aux écrans. Beaucoup de scènes dans les différents épisodes jouent de cette mise en abyme. Le dernier opus, Bandersnatch, poussant à son paroxysme l’effet miroir en faisant de la plateforme de streaming Netflix un des personnages du film interactif.
Les mondes dépeints dans les différents épisodes donnent le sentiment d’une inquiétante familiarité et les boucles réflexives qui s’y déroulent laissent entrevoir l’inéluctabilité de l’hybridation technologique de l’être humain en même temps que sa déchéance morale. La place du corps est centrale dans cette chute. Le corps est à la fois « le tombeau de l’âme » au sens platonicien et le vecteur d’une rédemption espérée. Les corps connectés que nous pouvons croiser dans l’univers Black Mirror cherchent tous l’augmentation des capacités humaines (augmentation des perceptions, de la mémoire, des sentiments) via les artefacts technologiques. Il y a là la mise en scène, sans détour, de l’idéal transhumaniste. Cependant, et c’est là l’intérêt philosophique de cette série, l’augmentation bute en permanence sur des problématiques liées à l’identité personnelle, au sentiment d’être soi. Comme si ce sentiment ne pouvait se contenter d’une conscience étendue et puisait sa sève dans les entrailles d’un corps humain, simplement corruptible.
Les mondes exposés par la série sont clairement transhumanistes mais les enjeux problématiques révélés sont bien posthumanistes en ce sens que les personnages expérimentent – dans leur chair – la possibilité même d’une pensée renouvelée de la subjectivité, non plus considérée comme « intériorité », mais comme espace de négociation permanente entre différents êtres, espace distribué sur plusieurs pôles (naturel/artificiel, organique/mécanique).
Même quand les consciences parviennent à se libérer des corps, comme dans San Junipero ou White Christmas, celui-ci n’est pas « effacé », il est toujours remplacé par un corps numérique, un corps fantasmé, un corps glorieux au sens de la mystique chrétienne. Les caractéristiques du corps glorieux sont celles de ces projections de corps : l’impassibilité, la clarté, l’agilité et la subtilité. Mais le corps de chair résiste toujours à son remplacement, il persiste malgré l’acharnement à le dépasser. Une seconde piste de travail s’ouvre alors : le corps est à la fois ce que l'on cherche à dépasser, à transcender, à effacer mais il est également ce qui résiste à l'hybris technologique, ce qui déraille dans la tentative de maîtrise totale des destinées humaines. Les corps de chair s’apparentent à des glitchs dans l’univers fluide des consciences numériques éthérées, ils font constamment échouer le fantasme de leur total dépassement.
En nous appuyant sur l’analyse de quelques épisodes choisis, nous proposons d’explorer le devenir des corps de chair face aux corps numériques dans la série Black Mirror.
 
Sara Touiza-Ambroggiani est docteure en philosophie, diplômée de l’université Paris 8, affiliée au LLCP (Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie).
Sa thèse, intitulée « Le paradigme communicationnel : de la cybernétique de Norbert Wiener à l’avènement du posthumain », rédigée sous la direction de Pierre Cassou-Noguès, explore la genèse et l’essor de l’imaginaire posthumaniste. Le cœur de sa réflexion est l’analyse des bouleversements de la notion de subjectivité opérés par les avancées technologiques.
Elle est co-directrice scientifique de l’ouvrage collectif Le Sujet digital, (Labex Arts H2H/ Les Presses du réel, 2015). Elle a publié plusieurs articles et donné des communications sur Norbert Wiener, Alan Turing, Jean Perdrizet, les prothèses, le posthumanisme. Sa thèse est en cours de publication aux éditions Hermann.
Elle enseigne actuellement la philosophie au lycée Laetitia Bonaparte d’Ajaccio.

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Cogtalk #3 : Trouver sa voie en sciences cognitives

Publié le 21 Février 2020 par Anaïs BERNARD dans Evenement, conférence

Cogtalk #3 : Trouver sa voie en sciences cognitives

Le prochain CogTalk se tiendra le mercredi 4 mars à 17h15 au PHS dans la salle 205.

A cette occasion, il vous sera possible de rencontrer Romain Rouyer, Creative Technologist et fondateur de l'association CogLab, NeuroTechX Paris; qui abordera l’avenir au sein des sciences cognitives ! Il présentera son parcours universitaire et professionnel, de sa vie associative et surtout les débouchés possibles avec le parcours en sciences cognitives !

Si ce sujet vous intéresse, c’est avec plaisir que nous vous accueillerons pour aborder ce thème !
Ne manquez pas cette occasion unique de vous informer et d’écouter un témoignage qui vous concerne.

 

Romain Rouyer est Design Director dans une startup développant un outil de formation VR Medical au Centre de Recherche et d'Interdisciplinarité (CRI) à Paris, France. Ses intérêts vont des sciences cognitives au design. Je m'intéresse également à la science-fiction et au design, à la radiographie et à la neurotechnologie.

Responsable Design / UX Researcher / Cognitive Scientist au sein de VirtualiSurg.

En tant qu'ingénieur de conception spécialisé dans l'interaction homme-machine et les sciences cognitives, il apporte son expertise et ses connaissances pour développer l'ensemble de la conception d'une plateforme de formation VR dédiée à la chirurgie.

Ses missions consistent également à réaliser d'importants travaux de veille et de prospective, à développer des outils et à mettre en avant les connaissances scientifiques.

Président et fondateur du CogLab, NeuroTechX Paris

Le CogLab est une association à but non lucratif: un laboratoire expérimental et alternatif, dédié à l'exploration des Sciences Cognitives, au carrefour de l'Open Science, de la philosophie DIY et de l'Art Numérique.

Profondément convaincue de l'apport des tiers-lieux, véritables incubateurs de l'innovation sociale et sociétale, il contribue activement à leur développement pour jeter des ponts entre institutions, entreprises, associations et citoyens.

 

https://about.me/rouffi

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FORUM VERTIGO 2020

Publié le 20 Février 2020 par Anaïs BERNARD dans conférence

FORUM VERTIGO 2020

Perception artificielle, comportement autonome, interaction corporelle, nouveaux espaces de représentation et de transformation issus de l’analyse massive de données : la rupture paradigmatique induite par les technologies d’intelligence artificielle irrigue la création artistique dans ses formes, ses outils et ses objets.

Cette 4ème édition du Forum Vertigo, réunissant artistes et chercheurs de diverses disciplines, expose l’état de l’art de différents champs de la création – arts visuels, architecture, musique, danse - dans leur rapport à l’intelligence artificielle et en questionne les fondements et les enjeux.

 

PROGRAMME


Mercredi 26 février
14h30 : Introduction et présentation de l’exposition «  Neurones, les intelligences simulées  »
15h00 : L’architecture et la formalisation des modèles numériques
17h00 : Limites et potentiels génératifs de l’Intelligence Artificielle
19h00 : Débat : Vers une IA humanisée ?

Jeudi 27 février
11h30 : Impasses et devenir de la cybernétique
14h30 : Perception humaine et artificielle
16h00 : Générativités musicales
17h45 : La danse entre vivant et artificiel

 

PAROLES | RENDEZ-VOUS
FORUM VERTIGO 2020
26 février 2020, à 14h30
27 février 2020, à 11h30
Petite salle - Centre Pompidou, Place Georges-Pompidou, 75004 Paris
Entrée libre dans la limite des places disponibles

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