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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

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POÉSIE MÉCANOPHONIQUE

Publié le 22 Juillet 2018 par Anaïs BERNARD dans evenement, exposit

POÉSIE MÉCANOPHONIQUE

POÉSIE MÉCANOPHONIQUE
Musée Industriel de la Corderie Vallois
du 03 juillet 2018 au 16 septembre 2018


En résidence artistique au Musée Industriel de la Corderie Vallois, Benoît Poulain y a installé une fabrique sonore collaborative, invitant le public à explorer, capter le son, et créer des instruments de musique à partir d’objets détournés, revisitant les mécaniques du Musée. Scolaires, collégiens, jeunes publics, adultes, enfants des centres de loisirs, associations, personnes en situation de handicap : près de 600 personnes ont participé à l’un des 45 ateliers ouverts à tous pour contribuer à la création d’une œuvre collective.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
À l’issue de cette expérience, Benoît Poulain a créé POÉSIE MÉCANOPHONIQUE, une œuvre née de l’assemblage des réalisations de chacun et de l’imaginaire de l’artiste : une Machine Sonore Monumentale autonome, qui interagit avec le visiteur. Une création collective poétique en hommage au détournement d’objets cher à Marcel Duchamp, à l’occasion des célébrations Duchamp dans sa Ville

Sculpteur et designer, Benoît Poulain explore la sculpture sonore et la lutherie sauvage depuis près de 20 ans. Il rejoint en 2000 l’association Lutherie Urbaine pour laquelle il a construit un important instrumentarium insolite au fil de quinze années de collaborations, notamment auprès de Jean-Louis Mechali. En parallèle, il développe un goût prononcé pour la transmission et le partage de son savoir-faire auprès d’un large public, amateurs comme professionnels (musiciens, éducateurs…), en France comme à l’international. Depuis quelques années, il est également musicien notamment dans des formations électro (trio Toystroy) et électroacoustiques (collectif « L’Emoi-Sonneur »). Il a récemment exporté son laboratoire sonore en Normandie et fondé l’association Du Grain à Moudre, dédiée à la création instrumentale et musicale.

Exposition en entrée libre
Performance de clôture le 16 septembre dans le cadre des Journées du patrimoine

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Diffraction

Publié le 21 Juillet 2018 par Anaïs BERNARD dans exposit, artiste

Diffraction

« Diffraction » présente une série de photogrammes sonores argentiques réalisés par l’artiste Mael Le Golvan dans le cadre d’une résidence sur le territoire et au collège François Brune (Pleine-Fougères).
L’exposition présente également le travail photographique réalisé par les élèves de 6ème du collège François Brune de Pleine-Fougères et des élèves de CM1/2 des écoles de Roz-sur-Couesnon, Pleine-Fougères, La Boussac et Saint-Georges de Gréhaigne.

Les ondulations et irisations créent par la diffusion de fréquences sonores dans l’eau proposent au visiteur de percevoir la propagation des ondes et ainsi rendre visible (tangible) le son. Mais comment donner à voir ce qui a lieu dans l’eau, non pas à sa surface mais en dessous, quelles formes, quelles structures apparaissent ?

Le projet global est construit sur une logique d’expérimentation photographique, dans la création des œuvres de l’artiste comme dans les productions réalisées avec les élèves. La technique du photogramme argentique et la génération d’ondes sonores subaquatiques sont ici maîtrisées mais leur hybridation est propice à révéler de nouvelles formes issues d'événements fortuits, d’erreurs et d’accidents.

La série de photographies présentées par Mael Le Golvan propose de révéler cet espace subaquatique grâce à un double dispositif : d’une part, le photogramme argentique instantané en négatif noir & blanc, et d’autre part la génération d’ondulations créées par la diffusion du son dans l’eau. En lumière inactinique, une feuille de papier photo argentique noir & blanc est placée dans une cuve contenant de l’eau à la surface de laquelle apparaissent des irisations crées par des haut-parleurs immergés. D’un coup de flash, les ondulations produites par l’empreinte sonore sont figées sur le papier photosensible.

Ce dispositif à la fois sonore et photographique révèle voire invente une structuration lumineuse de l’eau par le son. C’est le phénomène de la diffraction qui, en redirigeant la lumière, vient créer une écriture graphique composée de zones d’ombres en blanc et de zones lumineuses en noir. Ces images sont créées par une eau doublement traversée, d’une part grâce au son qui la fait onduler de manière systématique, d’autre part grâce à la lumière qui est diffractée par les ondulations.

Cette structure crée une étrange illusion de profondeur. Alors que l’artiste n’a disposé que quelques millimètres d’eau dans les bacs à ondes pour réaliser ces images, les écarts de luminosité et de netteté produits par la diffraction de la lumière dans l’eau donne l’impression d’une tridimensionnalité.

Ici, Mael le Golvan réinvente le photogramme argentique et l’associe à un phénomène sonore. Cette technique de photographie argentique apparue au 19ème siècle, et notamment développée par le célèbre artiste Man Ray est une technique encore très utilisée aujourd’hui par les artistes contemporains qui lui confèrent de nouvelles formes.

 

EXPOSITION À LA MAISON DES POLDERS, ROZ-SUR-COUESNON (35)
DU 2 JUIN AU 31 JUILLET 2018
OUVERT TOUS LES JOURS DE 10H À 13H ET DE 14H À 18H

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RYOJI IKEDA | CONTINUUM MUTATIONS / CRÉATIONS 2

Publié le 20 Juillet 2018 par Anaïs BERNARD dans exposit

RYOJI IKEDA | CONTINUUM MUTATIONS / CRÉATIONS 2

Compositeur et plasticien, Ryoji Ikeda est un acteur majeur de la musique électronique au Japon. Ses créations invitent à expérimenter une immersion dans un univers qui mêle le son, l’image, l’espace, les phénomènes perceptifs et les équations mathématiques. L’exposition dévoile une installation inédite; une salle noire et une salle blanche divisent l’espace en deux univers opposés et complémentaires.
D’une part, une large installation audiovisuelle où l’artiste procède à une « méta-composition » : un brassage vertigineux de données visuelles et sonores, abstraites selon des lois mathématiques.
D’autre part, une installation sonore faite d’immenses haut-parleurs : vous êtes invité à une performance de l’écoute, par une déambulation libre qui oriente votre expérience musicale.

 

ENTRETIEN ENTRE L'ARTISTE ET LA COMMISSAIRE D'EXPOSITION
Marcella Lista - À quoi se réfère le principe du continuum, dans le titre de l’exposition ?
Ryoji Ikeda - L’idée de l’exposition est celle d’une expérience traversant le continu et le discret (emprunté à l’anglais où « discrete » désigne ce qui se compose de parties distinctes, séparées). Autrement dit : l’un et le multiple, l’organique et le divisible, la théorie ondulatoire et la théorie corpusculaire, l’analogique et le numérique… Toutes nos représentations scientifiques du monde ont toujours alterné ces deux interprétations opposées. C’est l’un des débats les plus classiques parmi les philosophes et les mathématiciens depuis les débuts de la philosophie occidentale. Le philosophe et mathématicien Leibniz (1646-1716), un précurseur de la pensée computationnelle par son intérêt pour le code binaire, pour l’ars combinatoria, était grandement préoccupé par la composition, infiniment divisible, de ce qui nous apparaît comme continu : la matière, l’espace, le mouvement. À propos de cet indéchiffrable problème, il parlait du « labyrinthe du continuum ». Aujourd’hui, toute notre manière rationnelle de penser s’appuie de plus en plus sur une organisation discontinue de l’information : les systèmes scientifiques, bancaires, l’ingénierie, etc., le monde est guidé par le règne numérique des 0 et des 1. Mais notre manière subjective d’être et de penser : le monde des sensations, de la présence et de la conscience appartiennent au continu. On ne peut pas les rationaliser, seulement les laisser flotter dans notre perception sensorielle et mentale. C’est cette tension entre la division rationnelle produite par le savoir et l’impression non moins réelle du continuum qui m’intéresse.

ML - Le schéma lui-même de l’exposition est fondé, en apparence, sur des opposés. Et pourtant… chacune des deux œuvres élabore un espace d’expérience très complexe.
RI - Oui, j’aime bien introduire le visiteur à ce principe du code binaire qui structure notre environnement mais je cherche à tordre le schéma et à explorer les glissements… La première œuvre, qui est un dispositif audiovisuel, s’intitule code-verse. C’est à la fois l’univers du code, dont elle est issue, et l’idée d’une écriture poétique par le code. J’y propose une sorte de méta-composition, reprenant les matériaux de travaux antérieurs, tels les datamatics, pour les mener vers une plus grande abstraction. Les données m’importent moins ici que le code lui-même, que j’appréhende sur le modèle de la notation musicale ou l’organisation mathématique des nombres. Je dirais que code-verse est une tentative de composer plusieurs codes en une seule pièce à la fois symphonique et polyphonique. Le résultat est au-delà de notre capacité de perception et de déchiffrement, c’est un état où on regarde quelque chose que notre cerveau ne peut pas suivre. 
La deuxième œuvre, A [continuum], est une pièce sonore dont le dispositif prend une allure presque sculpturale. Elle est basée sur les différentes fréquences qui ont défini la note la (A) depuis l’ère de Bach jusqu’aux années 1970. Cette référence de concert de toute la musique occidentale a varié de plusieurs hertz au long de son histoire. Je combine ces fréquences sous la forme d’ondes sinusoïdales – un son très pur, comme celui du diapason – pour en faire une composition distribuée sur cinq très grands haut-parleurs. Les rencontres de fréquences voisines et néanmoins distinctes vont remplir l’espace d’une trame très fine d’interférences et de résonances. Mais ces oscillations ont la particularité physique de changer avec notre déambulation… Ainsi le continuum se trouve fragmenté dans une situation où chacun perçoit cette expérience musicale à sa manière, une composition en mouvement et perpétuel changement.

in Code Couleur, n°31, mai-aout 2018, pp. 38-40

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Dream House

Publié le 16 Juillet 2018 par Anaïs BERNARD dans exposit

Photographie personnelle - La Monte Young, Marian Zazeela, Dream House, 1990 - 14 juillet 2018, Centre Pompidou Metz.

Photographie personnelle - La Monte Young, Marian Zazeela, Dream House, 1990 - 14 juillet 2018, Centre Pompidou Metz.

Exposition: La Monte Young, Marian Zazeela, Dream House, 1990
Du 16 juin au 10 septembre 2018


Lieu(x) : Centre Pompidou Metz, Galerie 1
Catégorie : Expositions
Discipline : Installation
Public : Tout âge
Auteur :    La Monte Young, Marian Zazeela
Œuvre mythique, la Dream House est une installation lumineuse et musicale créée à quatre mains, par le compositeur La Monte Young et son épouse Marian Zazeela.

C’est en 1962 que La Monte Young compose The Four Dreams of China et prend conscience de son désir de « construire des œuvres musicales qui pourraient être jouées très longtemps, voir indéfiniment ». La même année, il rencontre la plasticienne et musicienne Marian Zazeela et dès le mois d’août 1963, ils conçoivent ensemble la première installation visuelle et sonore du nom de « Dream House ». Marian Zazeela a développé un système de lumières évolutives et colorées qu’elle place sur des mobiles. La Monte Young utilise quant à lui différents oscillateurs d’ondes sinusoïdales, oscilloscopes, amplificateurs et hautparleurs pour produire des environnements de fréquences continues. La musique jouée, constituée de notes tenues pouvant être prolongées à l’infini, fait réagir de manière infime les mobiles suspendus. L’ombre projetée, résultant de la combinaison de plusieurs éclairages, crée de nouvelles formes en trois dimensions.

Le visiteur qui pénètre dans cet espace baigné de lumière et de musique est invité à s’immerger littéralement dans le son et la couleur pour percevoir les nuances. Assis ou débout, immobile ou évoluant à son rythme au sein de l’espace, chaque visiteur peut apprécier les modulations sonores provoquées par ses propres mouvements, aussi infimes soient-ils. Cette expérience unique incite à l’introspection, à la méditation et au rêve. Le spectateur-auditeur voit la musique autant qu’il écoute la couleur, dans une pure perception synesthésique. Le temps semble ralenti et le rapport à l’espace et à la durée devient tout autre, entre le réel et l’imaginaire.

En 1967, La Monte Young et Marian Zazeela rencontrent Pandit Prân Nath, spécialiste du raga indien et du style Kirana. Ils en deviennent les disciples en 1970 et le resteront jusqu’à sa mort en 1996. La Monte Young déclara à propos de Pandit Prân Nath : « C’est avec lui que j’ai véritablement compris ce que signifiait la transformation progressive d’une note continue ». La première installation de la Dream House au sein d’un lieu d’art a lieu dans la galerie Friedrich à Munich en juillet 1969, et de nombreuses autres sont présentées dans des musées et galeries d’art en Europe et aux États-Unis les années suivantes, pour des durées de plusieurs jours à plusieurs années : Fondation Maeght, Saint Paul de Vence (1970) ; Documenta V, Kassel (1972) ; Dia Foundation, New York, de 1979 à 1985 puis en 1989/1990 ; Ruine der Künste, Berlin (1992) ; Centre Pompidou, Paris (1994-1995). En 1993, une Dream House est installée de façon permanente à la MELA Foundation de New York. En 1998, le Musée d’Art Contemporain de Lyon propose à Marian Zazeela et La Monte Young d’exposer l’œuvre dans une version définitive, qui entre dans la collection à l’issue de l’exposition.

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CODER LE MONDE MUTATIONS / CRÉATIONS 2

Publié le 12 Juillet 2018 par Anaïs BERNARD dans exposit

CODER LE MONDE MUTATIONS / CRÉATIONS 2

Au sein de Mutations/Créations, Coder le monde présente un état de la création digitale contemporaine dans différentes disciplines. Revenant sur l’histoire du code numérique et la manière dont les artistes s’en sont emparés depuis l’avènement de l’ordinateur dans les années 1960, l’exposition fait apparaître un univers esthétique et critique commun qui questionne notre quotidien entièrement irrigué par les logiques numériques. Articulée autour de six timelines, l’exposition met au jour de multiples correspondances dans les logiques de création et offre une lisibilité globale de ce qui constitue une culture du numérique.

L'exposition est à découvrir au Centre Pompidou du 15 juin 2018 au 27 août 2018, de 11h à 21h.

PRÉSENTATION PAR LE COMMISAIRE DE L'EXPOSITION
Le code numérique ainsi que les pratiques de « scripting » sont une évidence aujourd’hui largement représentée ; les sources historiques aux origines du calcul et de la numération, qui ont présidé à une généralisation de l’usage des algorithmes avec l’avènement de l’ordinateur, forment le socle d’une définition du computationnel tel qu’il s’impose dans les années 1960. Revenant sur une histoire qui se déploie sur moins de cinquante ans, Coder le monde tisse des liens entre les arts, met en évidence les points communs liés au développement des technologies numériques, à l’évolution des langages de programmation et à l’expansion des réseaux. L’exposition fait apparaître un univers esthétique et critique commun qui questionne notre quotidien entièrement irrigué par les logiques numériques.
Coder le monde présente un état de la création digitale contemporaine dans différentes disciplines. L’exposition s’appuie sur six timelines (Histoire du code, Les Algoristes, Musique et code, Les littératures numériques, Conception digitale des formes en architecture et en design, Corps et code). Au cours de ces chronologies détaillées, de multiples correspondances dans les logiques de création se dévoilent à vous, offrant une lisibilité globale de ce qui constitue une culture du numérique, provision pour une compréhension du monde contemporain où créateurs et artistes retrouvent leur place de prescripteurs et d’inventeurs face à l’abstraction d’un univers technologique.

La première timeline définit ainsi l’histoire du calcul, de la logique et de l’algorithmie où des philosophes comme Pascal ou Leibniz inventent les premières machines à calculer. Le code est d’abord lié à une histoire de la machine : l’analytical engine (1834) conçue par Charles Babbage, avant même qu’Ada Lovelace n’invente le premier programme. Les langages s’autonomisent ensuite sous la forme de langages de programmation qui, à partir des années 1960, s’imposent comme des domaines d’expérimentation et de création. 
Ainsi les Algoristes, un mouvement international d’artistes plasticiens (1960-1980), ouvrent la voie à une expérimentation plastique fondée sur la formalisation du code numérique. Cette idée d’un art programmé anticipé par l’art cinétique avec l’exposition Arte Programmata (1962) organisée par Bruno Munari et dont Umberto Eco préface le catalogue, manifeste la notion d’une création liée à un langage de programmation. L’exposition séminale de Jasia Reichardt, Cybernetic Serendipity (1968) met en évidence toute une génération d’artistes du monde entier rassemblée autour des premières expériences plastiques d’un art informatique : les Américains Michael Noll et Kenneth Knowlton, l’Allemand Frieder Nake, le Suisse Gottfried Honegger, le mouvement de la Nove Tendencje (Vjenceslav Richter, Vladimir Bonacic…) et le Groupe Art et Informatique de Vincennes (Jean-Claude Marquette…) Des revues, comme Bit, Computer Graphics World, Radical Software, rendent également compte de cette efflorescence de l’art par ordinateur. Dès les années 1950 la musique contemporaine, engagée avec les avant-gardes historiques dans une recherche sur la formalisation de la notation, trouve dans l’informatique un domaine de recherche fructueux représenté par des pionniers comme Iannis Xenakis, Pierre Barbaud, Milton Babbitt, John Chowning… De la même manière la danse contemporaine, fondée sur la problématique de la notation qui s’affirmait avec Rudolf von Laban, décèle dans le domaine numérique de nouvelles formes d’écriture liant expression du corps et normalisation spatiale du code. Des chorégraphes comme Merce Cunningham, William Forsythe, Alwin Nikolais jalonnent cette histoire du corps et du code. À la suite des avant-gardes historiques, qui ont problématisé la notion d’écrit dans le rapport à l’expression de la voix (Marinetti, Schwitters), le mouvement Fluxus voit dans l’ordinateur l’instrument d’une formalisation autorisant une libération des relations entre signe et sens (Brion Gysin, Alison Knowles ouvriront la voie à des auteurs comme Nanni Balestrini, Theo Lutz, Emmett Williams…). Les outils computationnels ont également une incidence sur toutes les disciplines travaillant sur l’espace et les formes, et les ingénieurs comme Pierre Bézier et William Fetter initient une nouvelle approche de l’ingénierie et de la production industrielle. À partir des années 1980 de nouveaux programmes comme Form Z et Catia constituent le socle d’une compréhension des morphologies digitales initiée par des architectes tels Cedric Price, John Frazer, Peter Eisenman, Christian Kérez, Frank Gehry, Greg Lynn.

Coder le monde met en exergue les créateurs d’aujourd’hui issus de l’ensemble de ces domaines disciplinaires. Conçu comme un espace immersif avec de nombreux écrans, le monde digital s’exprime au travers des créations plastiques de Driessens & Verstappen, Peter Campus, Casey Reas (le concepteur du programme Processing), Charles Sandison. De nouveaux processus de conception digitale apparaissent comme Mine the Scrap d’Andrew Witt et Tobias Nolte, Nine Elms Bridge de Roland Snooks où des algorithmes « multi-agent » ou « agent body » encodent la géométrie et la topologie à travers des fonctions complexes et variables créant des structures inédites ou encore Predictive Art Bot de Nicolas Maigret et Maria Roszkowska. 
L’exposition met aussi en avant un univers plastique lié à la formalisation digitale, un monde fait de pixels mais aussi de voxels (3D) que l’on retrouve aussi bien dans l’anticipation d’une œuvre comme celle sur la répartition aléatoire de 40 000 carrés suivant les chiffres pairs et impairs d’un annuaire de téléphone de François Morellet, que dans les œuvres plastiques récentes de Farah Atassi, Mishka Henner et Philippe Schaerer. Ces pixels et voxels sont aussi la source d’une réflexion critique celle d’un modernisme radical qui nourrit le travail de MVRDV, Troika, Olga Kisseleva… Une immersion dans ce domaine physique des pixels, voxels et maxels est ainsi proposée, brouillant toutes les échelles cubes et carrées et réorganisant les formes de l’infiniment petit à l’infiniment grand. La formalisation des grilles numériques et la pixellisation que nous connaissons tous s’offrent en effet comme un vaste territoire de recherche et d’expression plastique.

in Code Couleur, n°31, mai-aout 2018, pp. 32-35

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Capharnaüm, de Octave Courtin

Publié le 11 Juillet 2018 par Anaïs BERNARD dans artiste, exposit

Capharnaüm, de Octave Courtin

Octave Courtin est un artiste sonore qui se déploie au travers de la performance et de l’installation. Si le son peut être perçu comme fil conducteur, il conserve des enjeux éminemment plastiques. 
En effet, son processus créatif passe souvent par la fabrication d’objets sonores dérivés d’instruments de musique ou par l’utilisation et la transformation d’objets manufacturés pour leurs qualités acoustiques. Ce rapport à la facture permet de conférer à son travail sa plasticité et de nourrir la porosité entre objet installé et objet activé.
Il développe dans ses performances ou ses installations des enjeux tels que la matérialité du son ou l’engagement du corps dans une pratique sonore. C’est aussi dans cette perspective qu'il emploie régulièrement le son continu, pour ce qu’il est à même d’être appréhendé par le corps et de révéler la physicalité du matériau sonore. 

Son exposition/installation Capharnaüm est à découvrir jusqu'au 22 juillet 2018.

L'exposition/installation Capharnaüm d'Octave Courtin est une sorte de créature tentaculaire, un harmonium vivant, composé d'un enchevêtrement de tuyaux dans lesquels circule le souffle mécanique de ballons de baudruche. L'air expulsé par la respiration de cette masse noire met en vibration un système d'anches détournées générant des drones riches en harmoniques évoquant également des instruments tel que la cornemuse ou l'harmonium. A mesure que les sons émis par cette sorte d'Octopus sonoris rencontrent et emplissent l'espace, ils acquièrent une dimension kinesthésique pour le visiteur. Celui-ci, en se déplaçant, les appréhende telles des masses aériennes plus ou moins dessinées ; comme si le souffle continu de la poche noire venait se matérialiser dans l'air.

 

Lieu:
LE BON ACCUEIL
74, canal Saint-Martin
35700 Rennes
09 53 84 45 42

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LES CONTRAINTES DE L’ENDROIT

Publié le 10 Juillet 2018 par Anaïs BERNARD dans exposit

LES CONTRAINTES DE L’ENDROIT

Occupant de manière continue divers espaces de l’établissement, les œuvres qu’elle présente n’en demeurent pas moins discrètes : l’exposition est invisible et laisse les espaces de l’université physiquement inchangés ; ses œuvres sont uniquement accessibles par l’écoute, via une application pour téléphone mobile et tablette à télécharger.
L’exposition Les contraintes de l’endroit se propage sur le campus dyonisois de l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, durant l’année 2018. Occupant de manière continue divers espaces de l’établissement, les œuvres qu’elle présente n’en demeurent pas moins discrètes : l’exposition est invisible et laisse les espaces de l’université physiquement inchangés ; ses œuvres sont uniquement accessibles par l’écoute, via une application pour téléphone mobile et tablette à télécharger.
 
L’application est compatible avec les systèmes iOS et Android. 
 
Une fois installée, une carte vous permet de vous repérer au sein de l’université et de vous diriger vers les lieux investis par les œuvres. Ces dernières se déclenchent automatiquement dès que vous entrez dans leur périmètre d’action et s’interrompent lorsque vous en sortez.
 
Avec des œuvres de Jean-Philippe Antoine, Xavier Boissarie, Romain Perrot, Dominique Petitgand, Matthieu Saladin et
Thomas Tilly.
 
L'exposition est à découvrir jusqu'au 31 décembre 2018.
 
Organisé par La fabrique des arts sonores, projet porté par Matthieu Saladin
Les arts sonores représentent un champ d’activités ayant la particularité d’être à la fois ancien et récent. Ancien, parce que son histoire remonte au moins au début du xxe siècle et que le pluriel de sa dénomination l’inscrit de fait dans une généalogie complexe. Récent, par les études spécifiques qui lui sont consacrées. La fabrique des arts sonores entend analyser la construction historique et culturelle de ces pratiques, leurs conditions de possibilité et leur historiographie, tout comme les enjeux sociaux et esthétiques à l’œuvre derrière les affects qu’elles mobilisent ou produisent.

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H+

Publié le 3 Juillet 2018 par Anaïs BERNARD dans exposit

H+

L’exposition H+ de Matthieu Gafsou : Les Rencontres de la photographie, Arles,  à la Maison des Peintre, du 2 juillet au 23 septembre 2018.

 

H+ traite du transhumanisme, mouvement qui prône l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Les photographies de H+ sont peu contextualisées et elliptiques. Prises isolément, elles déroutent plus qu’elles n’explicitent. C’est une fois mises en réseau qu’elles tissent la toile d’un discours. Artificielles, les photos ressemblent à leur sujet : on ne sait plus si c’est le vivant qui s’éteint en devenant machine ou si l’inanimé prend vie. H+ parle de notre corps, de notre quotidien et de notre rapport à la technique autant qu’elle ouvre sur des perspectives d’avenir. Aucune réponse n’est donnée, mais l’exposition peut fonctionner à la fois comme un outil pour penser une question essentielle de notre présent et comme un espace poétique qui nous confronte à l’absurde de notre finitude.


Exposition produite en partenariat avec le musée d’Art de Pully. 
Publication : H+, coédition Kehrer Verlag et Actes Sud, 2018.
Tirages et encadrements réalisés par Après Midi Lab, Paris, avec le soutien de Sénélar-Larson Juhl, Hazebrouck.
Wallpapers réalisés par Picto, Paris.

Avec le soutien de la Confédération suisse, de la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia, de la Ville de Lausanne et de la galerie Éric Mouchet (Paris). 

H+ sera présentée au Jimei x Arles International Photo Festival (Xiamen, Chine) du 23 novembre 2018 au 3 janvier 2019.

Retrouvez prochainement cette exposition en « visite immersive 3D » réalisée par Notoryou.

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BIENNALE INTERNATIONALE D'ART NUMÉRIQUE

Publié le 1 Juillet 2018 par Anaïs BERNARD dans exposit

BIENNALE INTERNATIONALE D'ART NUMÉRIQUE

La 4ème édition de la BIAN, quant à elle, propose son exposition du 29 juin au 05 août à Arsenal art contemporain avec sa grande ouverture le 29 juin, une soirée dédiée à l’art contemporain numérique avec des performances hors normes. Sous le thème AUTOMATA - Chante le corps électrique, plus d’une trentaine d’artistes locaux et internationaux ont été sélectionnés pour présenter un large éventail de ce qui se fait de plus audacieux dans l’art contemporain numérique.

 

Pour cette quatrième édition, la BIAN renforce ses liens avec Arsenal art contemporain en présentant sa grande exposition en ces lieux, afin de proposer un rendez-vous culturel montréalais et international inédit.
Avec une trentaine d’artistes venant des quatre coins du monde, l’exposition vise à créer un événement sans égal pour le public mais aussi pour l’ensemble des acteurs de l’art contemporain.
Le commissaire invité de la BIAN 2018 est Peter Weibel, directeur du ZKM, Centre d’art et de technologie des médias de Karlsruhe (DE) permettant ainsi un coup de projecteur sur l’Allemagne pour cette quatrième édition avec une sélection d’artistes qui témoigne de l’effervescence de la discipline. Leurs œuvres sont au cœur de l’exposition AUTOMATA – Chante le corps électrique à Arsenal art contemporain.

 

C’est l’occasion pour le public de découvrir ou redécouvrir les œuvres du pionnier de l’art algorithmique, Manfred Mohr (DE) avec ses travaux P1690_2x8&P 1680-D, Artificiata II, qui explorent l’abstraction géométrique comme musique visuelle.
Tandis que, Bernd Lintermann, Nikolaus Völzow & Peter Weibel (DE) avec l’installation de réalité augmentée, Bibliotheca Digitalis:Three Phases of Digitalization, mènent une véritable réflexion autour du statut du livre et de ses évolutions numériques.
Mirage de Ralf Baecker (DE), génère un paysage synthétisé reposant sur un dispositif de projection au laser utilisant les principes optiques et les recherches sur les réseaux neuronaux artificiels. Mirage est présentée grâce à la participation du Goethe Institut.

 

L’exposition AUTOMATA – Chante le corps électrique propose une réflexion autour de l’être humain et de son rapport à la technologie. Nombreux sont les artistes qui questionnent la place de la corporéité et son évolution en fonction des avancées technologiques.
Avec leur oeuvre interactive Portrait on the fly, le duo Laurent Mignonneau et Christa Sommerer (FR-AT) propose aux spectateurs de se confronter à leurs portraits déformés par des nuées de mouches pour questionner la culture de l’égoportrait. L’interactivité et la représentation corporelle sont aussi au centre des deux œuvres de Daniel Rozin (US/IL) avec notamment le célèbre miroir de bois Wooden Mirror qui reproduit de manière étonnante et subtile l’image du visiteur. L’information en temps réel des flux de nouvelles et les médias sociaux sont aussi le matériel de prédilection d’Ed Fornieles (UK), avec Mother et Tulip Fever où l’on retrouve ses Finilars, adorables avatars dont les émotions correspondent aux flux perpétuels des valeurs monétaires mondiales. Avec Substances of Human Origin, Aleksandra Domanovic (RS) continue également sa recherche autour de la circulation et de la réception d’images et d’informations, mais plus particulièrement lorsque, en fonction des différences de contextes et circonstances historiques, leur sens se transforme et que leur registre évolue.

 

Le temps du week-end d’ouverture (du 29 juin au 1er juillet), nous proposons deux œuvres expérientielles : Le duo Projet EVA composé de Simon Laroche et Etienne Grenier (QC-CA) invite le public à expérimenter L’objet de l’Internet, véritable mausolée destiné à la Fin du web. Les visiteurs deviennent les sujets d’une fiction dystopique post-humaine où, sur les réseaux sociaux, ne demeureraient que les traces de quelques égoportraits encore artificiellement animés. L’artiste Li Alin (QC-CA) propose quant à elle une expérience de réalité virtuelle, V.DREAM, dans laquelle les visiteurs ont la possibilité de se confronter au phénomène du rêve éveillé. Il n’est pas rare que les artistes s’inspirent du corps et plus généralement de l’humain pour dépeindre la société qui les entourent, sous le prisme numérique, c’est le cas de l’artiste Skawennati (QC-CA). À travers sa première machinima Time TravellerTM, elle met en vedette un jeune homme mohawk en l’an 2012 qui utilise la technologie de son époque pour visiter des événements historiques importants, donnant ainsi vie à une ligne du temps ininterrompue de l’histoire autochtone.

 

Le Centre Phi se joint à la BIAN pour présenter une œuvre percutante de la collection personnelle de sa fondatrice et directrice, Phoebe Greenberg. Omer Fast (IL) avec sa vidéo 3D August immerge les visiteurs dans la vie et les angoisses du célèbre photographe allemand August Sander sous couvert d’un questionnement plus large sur les choix d’un homme représentatif d’une société tourmentée en crise. Dans une vision davantage robotisée, la question du rapport au corps et au moyen de production technologiques à grande échelle sont présentes au cœur des vidéos Robot - Clerk - Brain Surgeon de l’artiste turc Ali Kazma (TK). L’artiste Addie Wagenknecht (US) utilise aussi les robots pour mettre en lumière les incohérences de notre époque. Dans Optimization of Parenting, p.II, elle s’intéresse à la question de la maternité comme travail à temps plein grâce à un bras robotique chargé d’optimiser le processus parental. Adam Basanta (BC/QC-CA) va encore plus loin dans son installation All we’d ever need is one another, véritable usine d’art fonctionnant en continu, indépendamment de l’intervention humaine. L’automatisation dû à la technologie et sa présence permanente dans le quotidien a un impact sur la nature. Au delà de notre rapport au corps, les artistes, à l’ère de l’anthropocène, interroge les conséquences et nouveaux enjeux sur la nature d’un monde où nous sommes tous technologiquement assisté. Le collectif Light Society, Sakchin Bessette & Aliya Orr (QC-CA), en a pleinement conscience et propose une création alliant art thérapie et quête de sensorialité avec leur spectaculaire installation Whispers en première mondiale à la BIAN. Également en première mondiale, la nouvelle création robotique Over the Air du trio TeamVoid & de Youngkak Cho (KR), plus cartésien, utilisent le data mining ou la technique de forage de données pour mettre en lumière l’impact de l’humain sur une nature mis à rude épreuve. Artiste contemporain internationalement reconnu, travaillant sur les limites entre fiction et réalité, Pierre Huyghe (FR) avec la vidéo tournée à Fukushima au Japon, Human Mask, qui questionne la frontière de nos imaginaires tout en dépeignant lui aussi un monde écologiquement mis à mal. Notre rapport à la nature est aussi remis en question avec l’installation Synchronicity où Robin Meier (CH) explore l’idée du libre arbitre et transforme une machine en acteur vivant à l’intérieur d’une colonie d’insectes. De façon plus onirique, avec Like Ships in the Night de Caroline Monnet (QC-CA), l’artiste nous emmène à la découverte de son voyage en mer d’un côté à l’autre de l’Atlantique, tout en menant une réflexion sur les fonds marins.

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Environnement chromatique

Publié le 28 Juin 2018 par Anaïs BERNARD dans exposit

Environnement Chromatique, 2018 © Adagp, Paris 2018  © Photo: Atelier Cruz-Diez Paris

Environnement Chromatique, 2018 © Adagp, Paris 2018 © Photo: Atelier Cruz-Diez Paris

J'ai toujours voulu – dit Cruz-Diez – lancer la couleur au-delà de son support, la projeter dans l'espace. Pour moi, la couleur n'est pas juste une anecdote de la forme, elle n'est pas seulement le rouge de la pomme, le bleu du ciel. La couleur est autonome, fugace, en mouvement perpétuel. La couleur est comme la vie : un présent permanent.

Carlos Cruz-Diez

Du 28 juin 2018 au 22 juillet 2019
Lieu(x) : Parvis du Centre Pompidou-Metz
Catégorie : Expositions
Public : Tout âge
Auteur : Carlos Cruz-Diez
En coproduction avec la Ville de Metz pour le festival Constellations de Metz et la Cruz-Diez Art Foundation et en lien avec l’exposition L’Aventure de la couleur. Œuvres phares du Centre Pompidou, l'artiste Carlos Cruz-Diez est invité à intervenir de manière exceptionnelle sur le Parvis des Droits de l’Homme. Après les rues de Mexico, Paris ou Miami, l’artiste investit le sol aux abords du Centre Pompidou-Metz.


Pour Carlos Cruz-Diez, la couleur a le pouvoir de transfigurer le monde qui nous entoure. Ses œuvres explorent depuis la fin des années 1950 la condition éphémère, instable et ambiguë de la couleur. Celle-ci devient un événement, une réalité qui évolue dans l’espace et le temps et donne son sens profond à la perception immédiate.


Pour le Centre Pompidou-Metz, l’artiste investit le Parvis des Droits de l’Homme avec un Environnement Chromatique qui accompagne et bouscule les habitudes du public liées à ce lieu: ses lignes, ses formes, ses tonalités. Le passant devient à la fois témoin et acteur du spectacle qui se déploie au gré de ses déplacements et l’entoure sur plus de 500 m2. Il découvre sa capacité à créer, par ses propres moyens perceptifs, des couleurs qui ne sont pas présentes sur le support de l’œuvre, mais qui sont pourtant tout aussi réelles que les pigments utilisés dans la peinture. En proposant des stimuli visuels nouveaux, Carlos Cruz-Diez offre une expérience à la fois esthétique, poétique et sensorielle au cœur de la ville.


Environnement Chromatique est une œuvre continuellement changeante. Elle dialogue avec l’architecture, anime l’espace et lui confère une dimension inédite et ludique pour révéler avant toute chose l’expérience vitale de la couleur. « L’une des conditions de l’art est l’étonnement. Dès que vous sortez de chez vous et dépassez la porte cochère, vous devenez un robot. Vous traversez la rue sans y penser sans être attentif à la beauté du dessin du pavé, de l’espace qui vous entoure, de la couleur de l’atmosphère. C’est à l’artiste de provoquer l’étonnement, de proposer des objets insolites, des situations inédites, de déplacer les codes. On déclenche des bouleversements, une remise en cause, une prise de conscience. Rien n’est stable et tout peut être modifié. Contrairement à la peinture qui arrête le temps, ma technique produit un événement instable. C’est toute la réflexion sur l’éphémère, sur l’ambigu, sur l’instabilité, sur la continuité de la vie.» Carlos Cruz-Diez

 

En partenariat avec Constellations de Metz et la Cruz-Diez Art Foundation.

L’une des conditions de l’art est l’étonnement. Dès que vous sortez de chez vous et dépassez la porte cochère, vous devenez un robot. Vous traversez la rue sans y penser sans être attentif à la beauté du dessin du pavé, de l’espace qui vous entoure, de la couleur de l’atmosphère. C’est à l’artiste de provoquer l’étonnement, de proposer des objets insolites, des situations inédites, de déplacer les codes. On déclenche des bouleversements, une remise en cause, une prise de conscience. Rien n’est stable et tout peut être modifié. Contrairement à la peinture qui arrête le temps, ma technique produit un événement instable. C’est toute la réflexion sur l’éphémère, sur l’ambigu, sur l’instabilité, sur la continuité de la vie.

Carlos Cruz-Diez

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