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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

ouvrage

Encyclopedie du trans/posthumanisme. L'humain et ses préfixes

Publié le 24 Janvier 2015 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

Encyclopedie du trans/posthumanisme. L'humain et ses préfixes
Les préfixes de l’humain sont nombreux (ab- in-, para-, pré-, post-, proto-, sub-, sur-, trans-humain…). Ils invitent à réfléchir à la nature, aux limites et aux transformations de l’être humain ainsi qu’aux réactions intellectuelles et émotionnelles suscitées. Le trans/posthumanisme concerne toutes les techniques matérielles d’augmentation ou d’amélioration (physique, cognitive, émotionnelle) de l’homme, une perspective volontiers située dans le prolongement de l’humanisme progressiste des Lumières. Mais l’homme « amélioré ou augmenté » – « transformé » – pourrait s’éloigner toujours davantage des conditions de l’homme naturel « cultivé » ordinaire. Le transhumanisme risque de verser, brutalement ou imperceptiblement, dans le posthumanisme, référant à des entités qui, bien que « descendant » de l’homme, seraient aussi étrangères à celui-ci que l’espèce humaine est éloignée des formes de vie paléontologiques. Le posthumanisme flirte avec le nihilisme et l’imagination apocalyptique.
Aux franges les plus audacieuses de la bioéthique, l’Encyclopédie n’écarte pas plus qu’elle ne focalise les questions éthiques. Elle englobe, sans les confondre, l’analyse conceptuelle, l’extrapolation technoscientifique et l’imagination spéculative. La première partie « Philosophie et éthique » est consacrée au débat philosophique relatif au trans/posthumanisme. Les entrées reflètent le vocabulaire conceptuel propre aux principaux auteurs trans/posthumanistes et à leurs critiques directs. La deuxième partie « Technoscience et médecine d’amélioration » parcourt les références actuelles aux sciences et aux techniques biomédicales inhérentes à la problématique transhumaniste. Elle distingue entre ce qui se fait, pourra probablement se faire ou relève du domaine de la projection spéculative et imaginaire.
La troisième partie « Techniques, arts et science-fiction » est centrée autour des échanges entre technosciences et créations artistiques, spécialement l’imaginaire de la science-fiction où les thèmes post/transhumanistes sont fortement représentés.
 
Ont collaboré à ce volume : S. Allouche, M. Andrin, B. Baertschi, J.-M. Besnier, G. Chapouthier, A. Cleeremans, P.-F. Daled,Ch. Den Tandt, É. De Pauw, G. Dine, L. Frippiat, J. Goffette, J.-Y. Goffi, D. Goldschmidt, M. Groenen, G. Hottois,C. Kermisch, D. Lambert, A. Mauron, J.-N. Missa, D. Neerdael, P. Nouvel, L. Perbal, M.-G. Pinsart, C. Pirson, J. Proust,I. Queval, S. Vranckx
 
Hottois G., Missa J.-N., Perbal L. (dir.), 2015, Encyclopédie du trans-posthumain, L'humain est ses préfixes, Vrin: Pour demain, 512 pages, 28 euros.
 
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MCD #76 – CHANGER L’ARGENT

Publié le 13 Janvier 2015 par Anaïs BERNARD dans magazine, ouvrage

MCD #76 – CHANGER L’ARGENT

La crise économique de nos sociétés globalisées a au moins une conséquence positive : elle pousse citoyens, artistes et activistes à se coltiner la question de l’argent. Trouver des alternatives, inventer de nouvelles formes d’échange et même dépasser la monnaie : Changer l’argentdresse l’état des lieux de cette réappropriation collective, électronique et partagée de l’argent.

La première bulle spéculative de l’histoire de la finance mondiale remonte au XVIIème siècle, on l’a appelée Tulipomanie. En Hollande, le cours du bulbe de tulipe grimpe alors de manière démesurée pour atteindre un point culminant en 1637 : un bulbe vaut alors plus qu’un tableau de Rembrandt… L’origine de cette première crise spéculative (puisqu’évidemment le bulbe et la bulle se sont dégonflées, entraînant une crise économique) est à mettre sur le compte d’une forme d’hystérie spéculative.

L’argent, la valeur, l’échange monétaire… Ces concepts ont pendant longtemps été exclus du champ des nouveaux médias, comme si l’Internet et l’art en réseau s’émancipaient de ces questions, vivaient non pas d’amour et d’eau fraîche mais de silicium et de bits, dans une utopie d’intelligence collective détachée des contraintes économiques. D’un côté, la crise financière mondiale — depuis les subprimes aux États-Unis jusqu’à la dette souveraine en Europe en passant par les économies spéculatives chinoises —, de l’autre, l’émergence de monnaies alternatives cryptées de type bitcoin, ont montré que la mondialisation était elle aussi un moment « idéal » pour une déconnexion entre flux d’argent et flux de personnes et de biens. Les algorithmes qui permettent aujourd’hui une démultiplication de la puissance de calcul de nos ordinateurs ont œuvré à ce même décrochage dans le domaine des marchés financiers. Les flux monétaires spéculatifs vont plus vite que ce qu’humainement l’économie produit. Faute d’avoir contemplé, étudié, pris à bras le corps la question de l’argent, les théoriciens de l’information se sont retrouvés bien attrapés, la crise une fois venue…

Changer l’argent  — We grow money, we eat money, we shit money. Le numéro 76 de MCD observe et vous présente un éventail de propositions, d’actions, de réflexions autour de l’argent à l’ère des réseaux. La tulipe hier, une marchandise fort éloignée de l’idée de devise, l’ail aujourd’hui, brandi joyeusement et furieusement comme valeur d’échange (1) : l’argent pousse et grandit grâce à des initiatives artistiques, hactivistes, alternatives. Le magazine MCD nous a invitées à investir ses pages — une artiste hacktiviste américaine vivant à Paris et travaillant partout sur le Net et dans le monde, Shu Lea Cheang, et la fondatrice du média des cultures hacktives en ligne Poptronics, Annick Rivoire. De Grèce, d’Allemagne, d’Autriche, d’Argentine, du Brésil, d’Afrique, d’Espagne, de Grande-Bretagne… artistes et théoriciens, journalistes et citoyens hacktivistes ont contribué à ce panorama de l’argent à l’ère des réseaux décentralisés. Changer l’argent a été conçu et pensé résolument international, en réseau, et en trois parties.

We grow money (nous cultivons l’argent) étudie des initiatives de monnaies alternatives citoyennes et/ou artistiques, comme la livre Lewes, monnaie locale de cette petite ville anglaise à l’histoire révolutionnaire, comme le Gibling, monnaie de troc d’un collectif punk autrichien ou comme l’Afro, devise virtuelle unique du continent africain. En temps de crise, les réponses sont multiples : les artistes créent des banques, de la monnaie, des citoyens inventent des alternatives aux systèmes institutionnalisés, l’argent prend une autre valeur (on dépense localement, on fait pousser l’argent…).

We eat money (nous mangeons l’argent) propose une société qui fait fi de l’argent, soit parce que le système s’est tout bonnement effondré, comme ce fut le cas en Argentine dans les années 1990, soit que les communautés s’en méfient et construisent des alternatives, comme la Zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes en France, qui se préoccupe concrètement de défaire l’économisme en cultivant des patates et en moulant de la farine… En Grèce, les banques du temps inventent un autre rapport d’échange, non marchand, de savoirs et compétences depuis la crise de la dette. En Espagne, l’artiste Nüria Güell distribue son précis de désobéissance fiscale. Dans le monde feutré de l’art contemporain, Kate Rich commerce avec son Feral Trade, qui retourne « l’excédent de vacuité de l’art ». En France, les artistes se prennent en main pour évoquer une forme d’Économie solidaire de l’art afin d’améliorer leur situation économique. Une chose est certaine, 2015 et l’expansion du bitcoin signent bien la fin du « tabou de l’argent », comme le proclame l’artiste et activiste Jaromil.

Depuis l’introduction du bitcoin et des monnaies dites alternatives (sans banque centrale ni État souverain), la donne a changé. Alors que nous entrons dans l’ère des banques en réseau et des « alt-coins », ces crypto-monnaies décentralisées, Changer l’argent pose la question de l’avenir post-internet des monnaies. We shit money (au feu l’argent !) pose les questions théoriques, pratiques, politiques, du moment : faut-il encenser le bitcoin, doit-on contrôler l’expansion des monnaies virtuelles, la valeur des transactions virtuelles fait-elle du silicium le nouvel étalon or du XXIème siècle ? Va-t-on vers une société sans régulation monétaire ? L’argent en P2P, le crowdfunding, les crypto-monnaies sont-ils l’avenir de l’économie ? Doit-on aller plus loin, vers une économie zéro, un euro zéro ? L’époque est à la germination des crypto-monnaies open source.
Shu Lea Cheang (rédactrice en chef invitée)
& Annick Rivoire (conseillère éditoriale)

 

 

LES FAUX-MONNAYEURS
Notre rapport à l’argent reste complexe, pour ne pas dire plus… En tout cas de ce côté de l’Atlantique où nous conservons une sorte de pudeur aristocratique quand il s’agit de parler de nos revenus; que l’on soit salarié ou héritier (que le fantôme de Bourdieu sorte aussi de cet édito…).

Par contre, obéissant à la loi d’attraction / répulsion, l’argent est une puissante source de motivation et d’inspiration. Comme le sexe (au hasard), aucun tabou sur le plan de sa représentation et ré-interprétation artistique. Et la crise — en admettant que ce soit bien une crise et non un élément structurel de notre modèle économique — semble aiguillonner l’imagination des artistes.

Comme nous le montre le panorama des initiatives rassemblées par Shu Lea Cheang (rédactrice en chef invitée sur ce numéro), avec les conseils avisés d’Annick Rivoire (poptronics.fr), l’argent n’échappe pas à « la grande transformation » induite par le numérique : dématérialisation, mise en réseau, transparence, ouverture, etc. L’exact opposé de la verticalité et opacité des structures financières qui n’en finissent pas de s’effondrer sous nos yeux ravis…

À l’heure des transactions électroniques, de la célérité des flux monétaires et de l’ubiquité des plateformes bancaires, l’homme semble hors-boucle de cette machine infernale qui génère des krachs 2.0. En parallèle, on assiste donc à l’émergence des premières monnaies virtuelles. Sans que cela soit pour autant la naissance d’une contre-utopie financière à échelle humaine.

Comme le souligne certains intervenants, on y retrouve, bien au contraire, cupidité, spéculation, exploitation… Avec des symboles qui nous renvoie presque à l’âge des cavernes : l’analogie entre les mines d’or et le « minage » des bitcoins est saisissant. Aucun doute, ces monnaies dites virtuelles ne seront pas l’occasion de renouer avec la nostalgie des origines : celle du troc et du don, l’anti-thèse absolue de l’argent.

Il est d’ailleurs assez troublant de constater à quel point les pièces de monnaies tout comme les « faux-billets » émis par des collectifs artistiques ou politiques ressemblent esthétiquement aux devises étatiques et reconduisent le grand jeu entre les libertariens et les libéraux… Ce qui est rassurant, c’est de savoir que les frères de la côte et les travailleurs de la nuit s’occupent régulièrement de leurs tirelires cryptées…

Reste que les alternatives monétaires proposées par les artistes et activistes traduisent des rêves d’affranchissement économique, indiquent d’autres pistes possibles bien qu’incertaines, symbolisent le potentiel apportés par les nouvelles technologies, et obligent néanmoins à repenser des circuits de distribution. En ces temps de disette, matérielle et intellectuelle, c’est déjà beaucoup.

Laurent Diouf (rédacteur en chef / MCD)

Lancement mcd#76 - changer l'argent

We Grow Money, We Eat Money, We Shit Money

Mardi 20 Janvier 2015 à 19h19
Nous sommes entrés dans l'ère de l'expérimentation monétaire partagée : devises communautaires, locales, artistiques, déviantes, crypto-monnaies...

 

Le numéro 76 de MCD, le magazine des cultures digitales, est entièrement consacré à l'argent post-internetet titré «We grow money, We eat money, We shit money» (rédactrice en chef invitée: l'artiste Shu Lea Cheang, assistée par la journaliste Annick Rivoire) et propose 33 visions et textes d'artistes, de théoricienset d'acteurs de l'Internet, qui s'intéressent à la nouvelle situation monétaire. Depuis la crise financière globalisée des subprimes sont apparues des initiatives indépendantes, localisées ou électroniques, artistiques ou associatives qui redéfinissent notre rapport à l'argent. Le bitcoin signe la fin du tabou sur l'argent, le réseau devient la banque de tous et par tous, tandis que les crypto-monnaies ouvrent une alternative aux économies traditionnelles.

A l'occasion de la sortie de ce numéro spécial, MCD invite le groupe Économie solidaire de l'art (@ecosolidaireart), qui propose une nouvelle approche de la rémunération des artistes et des professionnels de l'art en France, à présenter leur démarche et à en discuter pour la première fois en public.

Cette émission sera animée par Xavier Faltot et sera diffusée en direct sur RadioMarais.

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Les figures de l'immersion

Publié le 3 Décembre 2014 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

Les figures de l'immersion

Dans cet ouvrage, les jeux vidéo, les jeux en réalités alternées, le contexte de la physiologie du comportement, les pratiques artistiques, cartographiques et expositionnelles, les chatterbots, les œuvres sonores exemplifient, enrichissent et actualisent la réflexion sur le paradigme immersif dans l’art contemporain. La singularité des points de vue sur les immersions permet de mieux comprendre la diversité de nos expériences en interaction avec des situations construites et vécues, qui en retour, interroge de nouvelles relations à l’art et au jeu.

 

Avec le concours de l’équipe de recherche Fictions & Interactions, UMR ACTE 8218, Université Paris I Panthéon-Sorbonne-CNRS.

 

Guelton B. (dir.), 2014, Les figures de l’immersion, Presses Universitaires de Rennes, 212 pages, 19.00 euros.

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LA REVUE DU CUBE #7 : AGIR

Publié le 2 Décembre 2014 par Anaïs BERNARD dans conférence, ouvrage

LA REVUE DU CUBE #7 : AGIR

Le numérique offre la promesse d’une société édifiée sur la dynamique des communautés collaboratives et de l’inter créativité. Tournée vers l’être plus que l’avoir, elle pourrait présider à l’avènement d’une civilisation plus harmonieuse, altruiste et responsable. Comment agir concrètement pour libérer la créativité, la confiance et l’engagement dans cette utopie, et co- écrire le monde qui vient ?

Nils Aziosmanoff, président du Cube

La Revue du Cube, publication bilingue en ligne lancée en octobre 2011 par Le Cube, continue son exploration des thèmes prospectifs liés aux profondes mutations du monde induites notamment par la révolution numérique.

Pour la sortie de son 7e numéro consacré au thème "Agir", La Revue du Cube vous invite à sa soirée de lancement, le mardi 16 décembre, de 19h à 21h (réservation en ligne). Participez aux échanges et réagissez aux articles de la Revue, ainsi qu’au débat de l’émission, en compagnie de nos invités et contributeurs.

 

LA REVUE DU CUBE
Parce qu’à l’ère du numérique, le mouvement, la porosité et le foisonnement recomposent le monde, la Revue du Cube entend croiser les regards de praticiens, d’artistes, de chercheurs, de personnalités et d’experts venus d’horizons différents. Chaque numéro s’articule autour d’une thématique qui traduit les tendances émergentes. La Revue, c’est plus de 70 contributeurs, 150 contributions, 10.000 lecteurs-Internautes par mois, un ebook téléchargeable gratuitement et un deuxième ebook bientôt disponible.

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Faut-il trafiquer son corps? - Superpouvoirs, Beauté, Transhumanisme:

Publié le 26 Octobre 2014 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

Faut-il trafiquer son corps? - Superpouvoirs, Beauté, Transhumanisme:

Le nouveau numéro de Usbek & Rica!

Un numéro 100% corps, avec un portrait du savant barbu Aubrey de Grey, convaincu que le premier homme millénaire est déjà né, une rencontre avec les pionniers de la cryogénisation, un guide de l’hôpital du futur, la chronologie des superpouvoirs qui deviendront réalité, etc. Et notre grand dossier sur l’avenir de la beauté.

 

Ce 10ème numéro (oct., nov., déc. 2014) est disponible dans tous les bons kiosques et librairies!

 

Usbek & Rica est le magazine qui explore le futur. Le futur proche, le futur lointain, voire le très très long terme. En se fondant sur la méthode de l’étonnement chère aux personnages des Lettres persanes de Montesquieu (dont son titre est directement tiré), Usbek & Rica interroge la relation complexe entre l’homme et la technique, à l’heure où nous assistons aux bouleversements les plus rapides et vertigineux de notre histoire. C’est aussi un magazine qui refuse de céder au pessimisme et qui prépare, avec ses lecteurs et tous les « inventeurs de l’avenir », un futur où l’humanisme l’emportera.

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MCD #75 – ARCHÉOLOGIE DES MÉDIA

Publié le 18 Octobre 2014 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

MCD #75 – ARCHÉOLOGIE DES MÉDIA

L’archéologie des média est quasiment inconnue en France, bien qu’elle ait plus de vingt d’existence. Pourtant, elle a produit (et continue de produire) des effets majeurs dans le champ de la création, de l’exposition, de la médiation, de la conservation et de la théorisation des œuvres médiatiques et numériques. Héritant d’esprits indisciplinés deMarshall McLuhan, de Michel Foucault et de Friedrich Kittler, l’archéologie des média est multiple, inter- et a-disciplinaire. Le numéro MCD #75 sera à son image. 

 

Pour la première fois, MCD confie la direction d’un numéro à une école d’art. Au croisement de la création et de la conservation-restauration, l’École Supérieure d’Art d’Avignon, et en particulier le laboratoire PAMAL (Preservation, Archaeology, Media Art Lab), entre en dialogue, dans un esprit de questionnement et de diversité, avec ce courant atypique de la pensée d’aujourd’hui, qui interroge principalement la temporalité et la matérialité des média.

 

 

RETOUR VERS LE FUTUR

Nos premiers ordinateurs sont désormais au musée. Et nous sommes effarés par les faibles capacités de ces machines, avec leurs écrans cathodiques noirs et verts, qui ont symbolisé le futur immédiat dans les années 80/90. Comparées à celles de nos smartphones à écrans tactiles, leurs possibilités techniques et créatrices nous semblent bien dérisoires. Il en sera de même pour tous les artefacts électroniques de ce début du XXIe siècle. Et après, également. C’est une histoire sans fin qui ne fait que commencer.

C’est pour cela qu’il est temps de regarder en arrière. De contempler ces machines reléguées dans les oubliettes du passé qui ont permis à des pionniers, mi-artistes mi-techniciens, de défricher de nouvelles formes d’expression, de création. De faire en sorte que leurs réalisations demeurent visibles, perceptibles, au-delà des contraintes techniques, malgré le fait que leur environnement technologique soit en voie de disparition.

Faire en sorte que cette mémoire encore un peu vive ne devienne pas une mémoire morte… C’est à ce travail de mémoire — mémoire technique et mémoire artistique — que nous convie Emmanuel Guez, rédacteur en chef invité avec l’École Supérieure d’Art d’Avignon, au travers de ce numéro.

Un travail d’archéologie car il s’agit bien de mettre au jour, en lumière, des protocoles Internet oubliés, de l’électronique ancienne, des vieux pixels aux couleurs incertaines, etc., à une époque où l’on ne cesse de mettre à jour, dans l’urgence renouvelée, des logiciels pour des appareils à l’obsolescence programmée. Un travail de conservation pour éviter que l’art numérique ne se « fossilise » comme la fameuse et énigmatique pile électrique de Bagdad…

Un travail de passeur pour éviter que nos machines et nos créations ne deviennent incompréhensibles aux générations à venir; à l’image récente de ces enfants et adolescents « 2.0″ complètement déroutés par l’utilisation d’un walkman ayant appartenu à leurs parents… Ce qui relativise par ailleurs la portée du design appliqué et/ou des fonctions supposées intuitives. Mais c’est une autre histoire…

 

Laurent Diouf
Rédacteur en chef

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Demain les posthumains: Le futur a-t-il encore besoin de nous?

Publié le 11 Octobre 2014 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

Demain les posthumains: Le futur a-t-il encore besoin de nous?

Clones, robots, cyborgs, organes artificiels…: la science-fiction d’hier devient notre réalité et l’on se demande déjà comment préserver une définition de l’humain. Chez ceux que les machines fascinent, Jean-Michel Besnier perçoit une forme de lassitude – voire de honte – d’être seulement hommes. Aux autres qui, au nom d’idéaux humanistes, refusent les progrès techniques, il reproche en revanche leur inconséquence: n’ont-ils pas cru que la liberté humaine consistait à s’arracher à la nature – ce que la technique permet d’obtenir effectivement? Les métaphysiciens de toujours souhaitent que l’Esprit triomphe de la Nature. Les visionnaires d’aujourd’hui, proclamant l’avènement du posthumain, annoncent la réalisation concrète de cette ambition. Grâce à son ingéniosité, l’homme n’aura bientôt plus le souci de naître: il s’autoproduira. Il ne connaîtra plus la maladie: des nanorobots le répareront en permanence. Il ne mourra plus, sauf à effacer volontairement le contenu téléchargé de sa conscience. Mais comment vivrons-nous dans ce monde-là? Quelle éthique nous mettra en harmonie avec une humanité élargie, capable d’inclure autant les animaux que les robotsou les cyborgs? Quels droits, par exemple, devrons-nous accorder à ces robots chargés, là où les hommes sont défaillants, de rendre nos fins de vie plus humaines? Les utopies posthumaines nous obligent à affronter ces questions, à évaluer nos dispositions à engager le dialogue avec cet autre, hier animal ou barbare, aujourd’hui machine ou cyborg. N’est-ce pas là justement, aujourd’hui comme hier, que se joue la grandeur de l’humain?

 

Jean-Michel Besnier, né en 1950, est professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV) et membre du Centre de recherche en épistémologie appliquée (le CREA, laboratoire de l’École polytechnique et unité du CNRS). Il appartient aux comités d’éthique du CNRS (le COMETS) et de l’INRA (le COMEPRA). Il est l’auteur d’une douzaine de livres, dont une Histoire de la philosophie moderne et contemporaine (Grasset, 1993; Le Livre de poche, 1998).

 

Besnier J.-M., 2010, Demain les posthumains : Le futur a-t-il encore besoin de nous ?, Fayard, 216 pages, 18.30 euros

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De l'humain : Nature et artifices

Publié le 30 Septembre 2014 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

De l'humain : Nature et artifices

Il est souvent bien difficile de deviner l'âge de certaines vedettes au visage remodelé au Botox. Qu'en sera-t-il demain lorsque ces transformations ne seront plus seulement esthétiques, mais s'appliqueront au corps entier, à sa sélection et à son amélioration, lorsqu'une prothèse de bras branchée sur le système nerveux sera plus agile que le membre de chair et d'os ? Faudra-t-il préférer l'artificiel au naturel ? Quel serait le devenir d'une telle entité livrée à l'industrie médicale, aux biotechnologies, aux nanotechnologies, et qui vivrait, en outre, non seulement sur le plancher des vaches, mais dans des espaces virtuels informatisés ? Un homme techniquement rectifié jusqu'à l'immortalité, tel que l'attendent les transhumanistes, qui ne sont pas de vulgaires illuminés mais de très sérieux chercheurs. Un tel homme serait-il encore humain ? Au-delà des peurs absurdes et du refus de la science, comment penser la mesure dans un monde qui semble irrésistiblement emporté par la démesure ? Cet animal machine dénué de toute fragilité, produit sophistiqué promis par le monde scientifique, saura-t-il encore éprouver des sentiments comme l'amour, saura-t-il apprécier la convivialité, le plaisir d'être ensemble ?

 

Extrait de l'introduction

Améliorer scientifiquement l'homme ? L'homme, une espèce en devenir

 

A la fin de son célèbre ouvrage Les Mots et les Choses, Michel Foucault annonçait froidement que l'avènement et l'essor des sciences humaines devait entraîner la disparition de l'homme, d'abord sa dispersion, puis, véritablement, son effacement "comme à la limite de la mer un visage de sable". Le paradoxe n'est qu'apparent. Penser l'homme objectivement, guetter et analyser ses sentiments, ses actions, ses comportements comme des réactions psychiques, sociales, économiques, autrement dit appréhender rationnellement sa subjectivité, c'est, insensiblement, mais sûrement, transformer le sujet humain en objet de sa propre objectivité scientifique et de ses propres stratégies économiques. La réification de l'homme à l'état de consommateur écervelé ne serait pas, dès lors, le seul produit du capitalisme mais le résultat d'une plus vaste entreprise fomentée par l'humanisme européen dans son ensemble. Les anciens théologiens cherchant à démontrer logiquement l'existence de Dieu - à en persuader le reste du monde et à s'en persuader eux-mêmes - ont fini par rendre suspecte la réalité même de Dieu. Ainsi en est-il des humanistes qui cherchèrent soudain à démontrer l'existence de l'homme, comme si la réalité même d'une nature humaine n'allait plus de soi, ne relevait plus de l'évidence. A leur suite, les biologistes et les anthropologues naturalistes du XVIIIe et du XIXe siècle rendirent suspecte, par leurs travaux de classification et de description physiologique, la réalité d'une essence humaine. Les sciences humaines et sociales, de l'anthropologie culturelle jusqu'à la sociologie en passant par les sciences psychologiques et cognitives, continuèrent ce travail systématique de mesure et de classification de l'homme. Cette attaque de l'homme contre lui-même s'effectuera sur deux fronts, les sciences sociales, nous l'avons dit, mais aussi sur le front des sciences de la nature, la physique et la biologie. En physique, en astrophysique en particulier, l'homme deviendra une simple particule de l'Univers, une poussière dans un espace incommensurable. En biologie, il deviendra un simple moment de l'évolution des formes vivantes.

 

Biographie de l'auteur

Ce numéro a été coordonné par Raphaël Liogier, sociologue et philosophe, directeur de l'Observatoire du religieux (CHERPA) à l'institut d'études politiques d'Aix-en-Provence. Avec des textes de Raphaël Liogier, de Jean-Gabriel Ganascia, de Bernard Andrieu, de Jean-Didier Vincent, de Pierre Le Coz, de Raphaël Draï, de Tenzin Robert Thurman, de Jean-Michel Besnier, de Maurice Bloch, de Michel Terestchenko et de Jean-François Mattéi.

 

Liogier R. (dir.), 2010, De l’humain nature et artifices, Actes Sud, 199 pages, 18.80 euros

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Bienvenue en transhumanie : Sur l'homme de demain

Publié le 16 Septembre 2014 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

Bienvenue en transhumanie : Sur l'homme de demain

« Les transhumanistes sont des idéologues visant au dépassement de l’espèce humaine, qu’ils considèrent comme imparfaite, par une cyber-humanité. Le rêve des transhumanistes est donc celui de l’immortalité pour une créature, produit du génie de l’homme. »

 

Saviez-vous que les cyborgs existent déjà ? Qu’il est aujourd’hui possible à des amateurs de pratiquer des manipulations génétiques dans leur cuisine ? Que bientôt il sera possible d’intégrer la puissance d’un ordinateur complet sur une seule puce ? Connaissez-vous la brouette moléculaire ? L’Apocalypse est-elle pour demain ? Loin de la pensée dominante du conformisme écologique, les auteurs voient plus loin : l’homme augmenté.

Dans cet essai percutant, Geneviève Férone et Jean-Didier Vincent nous proposent une réflexion sur le « forçage technologique » et ses implications politiques. Des émeutes spontanées au réchauffement climatique, de Palo Alto à Maputo, de Tunis à New York, nos enquêteurs au pays du futur interrogent la capacité de l’homme à survivre.

 

Férone G., 2011, Bienvenue en transhumanie : Sur l’homme de demain, Grasset, 304 pages, 17.75 euros.

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Cyborg philosophie : Penser contre les dualismes

Publié le 10 Septembre 2014 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

Cyborg philosophie : Penser contre les dualismes

Cyborg hante la culture contemporaine, au cinéma (Robocop, Terminator) ou dans les mangas. Il s’incarne dans les sportifs dopés, dans les prothèses médicales et dans les fantasmes d’« humanité augmentée », voire immortelle. Mais Cyborg est aussi, et surtout, une figure philosophique. Cet hybride d’organisme et de machine bouleverse en effet les dichotomies fondamentales de notre pensée : nature/artifice, humain/non-humain nature/culture, masculin/féminin, normal/pathologique, etc. À partir d’une lecture personnelle des travaux de Georges Canguilhem et de Donna Haraway, Thierry Hoquet explore, dans ce texte très original par sa forme et son style l’énigme de cette figure : Cyborg est-il un instrument susceptible de nous conduire vers une humanité libérée des dualismes, colombe platonicienne rêvant d’un ciel sans air, où elle pourrait voler plus librement ? Ou, au contraire, marque-t-il notre asservissement à un système technique de contrôle et d’oppression, est-il l’incarnation d’une humanité perdue dans le cliquetis mécanique de l’acier ? Penser philosophiquement Cyborg, c’est réfléchir sur les rapports de la machine et de l’organisme et sur la possibilité de les composer. Mais Cyborg invite aussi à penser la différence des sexes en rapport avec la nature et la technique : Cyborg est-il le neutre ou l’androgyne, ou propose-t-il une autre manière d’articuler le masculin et le féminin ? On l’a compris, Cyborg vient troubler la philosophie. Il décrit notre condition et ses, insolubles ? Contradictions.

 

Hoquet T., 2011, Cyborg philosophie : Penser contre les dualismes, Seuil, 357 pages, 24.30 euros.

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