En pleine préparation de cette exposition au Centre des arts, Jean-Paul Favand, directeur du Musée des Arts Forains, répond à nos questions..
Pouvez-vous présenter le Musée des Arts Forains et sa vocation?
Le Musée n’est pas seulement consacré à l’art forain, il est dédié au spectacle. J’y gère une troupe de 10.000 objets-acteurs. Rien n’est sous vitrine, on peut monter sur les manèges, on peut toucher les objets, sentir leur vécu. Il n’y a pas de cartels, afin de laisser la liberté à l’imagination et vivre pleinement chaque instant. Ni sièges ni barrières pour faciliter la déambulation. Le Musée propose un voyage entre tradition et modernité, réel et virtuel. Mon souhait est de rompre avec le quotidien et d’offrir au public un instant d’éternité.
Quelle est la place des technologies dans les objets que vous montrez ?
Ma démarche n’est pas simplement de montrer les objets mais de dévoiler leur âme par delà le premier regard. Différentes technologies aident à stimuler l’imaginaire. Qu’elles soient anciennes, actualisées ou contemporaines, ce sont des outils au service de l’objet. L’éclairage représente 50% de la mise en valeur du plus bel objet. Il est détouré, coloré, animé… Les éléments prennent vie grâce à l’utilisation complémentaire des techniques d’illusions d’optique, de miroirs, et enfin du numérique.
Quelles perspectives offre cette collaboration avec le Centre des arts pour les arts forains ?
Cette collaboration, sous le thème de l’échange, m’offre la possibilité de sortir de mes murs, de m’ouvrir à un autre monde et de confronter mon regard à d’autres univers. Présenté en dehors de son cadre et de la scénographie de mes espaces, mon travail trouvera certainement de nouvelles résonnances.
Pouvez-vous présenter cette exposition ?
Cette exposition est avant tout celle d’un regard porté aux objets. C’est la présentation d’une démarche de mise en lumière, fruit d’un travail de plusieurs années. A l’époque où le numérique permet de tout dématérialiser on provoque l’illusion en créant un léger déplacement du réel à l’aide du virtuel. Des objets du patrimoine du spectacle, des objets d’illusion aussi bien que des naturalias serviront de support à ce propos. La déambulation fera se côtoyer des objets d’origine différente. Leur point commun est d’être des objets de curiosité et de posséder un caractère fort que l’on révèle par la lumière, les jeux d’illusion et la technologie contemporaine.