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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

appel a communications

Quêtes littéraires n°6 : "Hybride(s)"

Publié le 3 Juillet 2016 par Anaïs BERNARD dans appel a communications

Quêtes littéraires n°6 : "Hybride(s)"

Appel à contribution
Quêtes littéraires n°6 : "Hybride(s)"


Dans le sixième numéro de Quêtes littéraires nous souhaitons interroger la place exceptionnelle qu’occupe dans les œuvres littéraires la notion de l’hybride. Étymologiquement, le terme « hybridité » vient du latin ibrida, « bâtard, de sangs mêlés », devenu hybrida par rapprochement avec le grec ὕβρις, húbris, signifiant « excès, violence, démesure ». Issu du domaine des sciences naturelles, « le terme d’hybridation s’applique à une opération de croisement, dans le but d’exploiter certaines qualités appartenant à des espèces, des races, ou même, dans une acception plus large, à des variétés ou à des individus différents (Encyclopédie Universalis, 2016).
Emprunté très rapidement par les domaines artistiques et littéraires, le processus de l’hybridation perturbe l’interprétation de l’identité des œuvres. Il entraîne un effacement, voire éclatement des frontières qui séparent différentes formes d’expression, en créant ainsi la possibilité de leurs échanges, confrontations, ou, finalement, croisements. Il permet un enrichissement permanent des modes d’expression, un glissement d’un mode à l’autre et, finalement, il provoque la contamination d’une forme pure dont l’existence devient menacée. Or, peut-on encore trouver une forme pure à l’époque où les concepts dominants du paysage littéraire sont ceux de transgression et de subversion ?
Par cette invitation nous espérons, d’un côté, donner un apport intéressant à différentes recherches littéraires qui ont eu et ont toujours lieu dans le cadre des littératures française et francophone et, d’un autre côté, envisager la question dans toute sa diversité.
 
Sans vouloir prétendre à l’exhaustivité, nous proposons quelques axes de recherche :
l’hybridité générique : abolition des genres, les combinaisons/croisements possibles entre poésie, roman, théâtre, reportage, bande dessinée ; 
le dialogisme, la polyphonie : intertextualité, réécriture, exploitation d’un mythe, parodie, pastiche ;
l’hybridité du temps et de l’espace : coexistence, voire union de plusieurs strates temporelles ou/et spatiales ;
 l’hybridité de l’identité : figure du métis, de l’exilé, quête d’une identité morcelée et troublée ;
 l’hybridité picturale, musicale : coexistence au sein d’un même texte de moyens d’expression différents.
 
Calendrier
La date limite pour l’envoi de la proposition (titre + résumé d’environ 300 mots) est
le 15 juillet 2016, à l’adresse: quetes-litteraires@kul.pl
Les propositions seront examinées par un comité de lecture.
Les auteurs des propositions seront avisés avant le 20 juillet 2016.
Les normes de rédaction seront envoyées après l’acceptation de la proposition par le comité de lecture.
Langue des contributions : français.
Volume : 25 000 signes, notes et espaces compris.
Délai pour l’envoi des articles : le 15 octobre 2016.
 
La publication des contributions est prévue en décembre 2016 dans le cadre de la série Quêtes littéraires initiée par la Chaire des Cultures et Littératures Romanes de l’Institut de Philologie Romane de l’Université Catholique de Lublin Jean-Paul II.

Comité scientifique de la série Quêtes littéraires :
José-Luis Diaz (Université Paris VII)
Gérard Gengembre (Université de Caen)
Georges Jacques (Université Catholique de Louvain-la-Neuve)
Edyta Kociubińska (Katolicki Uniwersytet Lubelski Jana Pawła II)
Wiesław Malinowski (Uniwersytet im. Adama Mickiewicza, Poznań)
Bertrand Marchal (Université Paris IV)
Paweł Matyaszewski (Katolicki Uniwersytet Lubelski Jana Pawła II)
Zbigniew Naliwajek (Uniwersytet Warszawski)
Judyta Niedokos (Katolicki Uniwersytet Lubelski Jana Pawła II)
Daniel Sangsue (Université de Neuchâtel)
Gisèle Séginger (Université Paris-Est Marne-la-Vallée)
Magdalena Wandzioch (Uniwersytet Śląski)
 
Contact pour envoi des résumés et pour toutes informations :
Rédactrices de la série Quêtes littéraires 
Edyta Kociubińska et Judyta Niedokos 

On a tous...

Un livre qu’on a lu tout petit,
Un poème qui nous accompagne,
Une pièce de théâtre qu’on veut revoir,
Un roman qu’on a jadis abandonné, mais qu’on aime maintenant,
Un personnage qui habite notre mémoire,
Un auteur à qui on aimerait poser quelques questions,
Une quête littéraire à mener...

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Poétiques de l'illusion : marionnette contemporaine et magie nouvelle

Publié le 26 Mars 2016 par Anaïs BERNARD dans appel a communications

Poétiques de l'illusion : marionnette contemporaine et magie nouvelle

POÉTIQUES DE L'ILLUSION
Espaces de création et de circulation entre la marionnette contemporaine et la magie nouvelle


RENCONTRES NATIONALES THEMAA
du 3 au 5 Novembre 2016
Académie Fratellini (Saint-Denis) / Le Mouffetard - Théâtre des arts de la Marionnette (Paris) / Autres lieux en cours de confirmation


Tous les trois ans, THEMAA – association nationale des Théâtres de Marionnette et des Arts Associés - organise des Rencontres Nationales qui interrogent la connivence des arts de la marionnette avec un autre champ disciplinaire. Ces rencontres se fondent sur l’idée que la marionnette est au carrefour des arts et que la création contemporaine continue à développer et à approfondir hybridations et passerelles avec l’ensemble des arts voire avec d’autres disciplines, scientifiques par exemple.


Pour cette nouvelle édition, nous proposons aux participants d’explorer la thématique de l’illusion, faisant écho au développement du mouvement de la magie nouvelle.
 
Arts de la magie et arts de la marionnette, croisant les héritages du rituel et des arts populaires, partagent une même histoire, de la statuaire animée de l’Antiquité aux entrepreneurs de “marionnettes et physique amusante” des spectacles de curiosités du XIXe siècle, en passant par les automates de Vaucanson ou les machines de Robertson. Le savoir-faire ainsi accumulé a souvent donné lieu à une production livresque, et aujourd’hui audiovisuelle, qu’il serait intéressant, d’une part, de mettre à jour, d’autre part, d’explorer sous des angles esthétiques, dramaturgiques et idéologiques.
De plus, la marionnette contemporaine, art de l’illusion consentie, fonde son écriture sur le jeu du passage de l’inanimé à l’animé pour créer des effets de présence ; la magie nouvelle quant à elle s’affranchit des canons de l’illusionnisme, jouant avec le fonctionnement des perceptions humaines, pour produire une émotion esthétique liée au détournement du réel. Si les deux disciplines proposent un pacte très différent à leurs spectateurs, les manifestations récentes de ces deux arts qui explorent la représentation de l’impossible les constituent, sans nul doute, comme un terrain particulièrement propice à questionner, voire à bouleverser, notre rapport au réel.
 
À l’occasion de ces rencontres interdisciplinaires, artistes, chercheurs, étudiants en arts, philosophie, sociologie, anthropologie, ethnoscénologie, histoire, sciences cognitives, physique, chimie ou mécanique, mais aussi artistes et autres acteurs du monde professionnel, sont donc conviés à partager leurs recherches et réflexions sur les enjeux techniques, esthétiques, dramaturgiques, anthropologiques, cognitifs voire économiques et politiques associés à la représentation de l’impossible.
 


Voici quelques-unes des questions (non exclusives) qui pourront être examinées.
 
 ❖Histoire, fondements conceptuels et incidences politiques
Histoire de la marionnette et histoire de la magie croisent des notions et des pratiques communes : ombre, reflet, projection, fantasmagorie, trucages, passage du rituel (vaudou, palo monte et autres formes de chamanisme) au divertissement avant de devenir espace de création artistique…
Après avoir longtemps partagé le plateau des cabarets parisiens jusqu’à la première moitié du XXe siècle, certains praticiens de ces deux arts ont progressivement abandonné le principe du numéro et la surenchère dans la virtuosité pour explorer de nouvelles dramaturgies.
>> Quel est l’apport spécifique de l’effigie dans les pratiques magiques rituelles ?
>> Comment magie et marionnette - dans leurs formes rituelles originelles, puis dans leurs déclinaisons spectaculaires - se sont-elles positionnées face aux interdits dans les processus de figuration ? (par exemple : iconoclasme, tabou du sang au théâtre etc.)
>> Comment arts de la marionnette et arts de la magie (mentalisme en particulier) élaborent-ils des dramaturgies qui interrogent leur propre mode de production et de fonctionnement en tant que métaphore du rapport de l’individu au monde ou du citoyen à la société ? (êtres manipulés, manipulables, manipulant, illusions volontaires, homme augmenté, contestation des représentations dominantes de l’être humain).
>> On pourra également proposer des études historiques précises sur les cas de convergence des arts de la marionnette et de la magie, ou une approche diachronique problématisée.
 
 
❖Représentations de l’impossible : esthétiques, techniques et dramaturgies 

Se pencher sur l’illusion dans les arts de la marionnette et de la magie interroge trois notions :
 1. L’objet visible ou invisible occupe une place centrale dans les effets d’illusion, qu’il soit investi en tant qu’actant ou qu’il constitue un aménagement fonctionnel au sein d’une scénographie.
>> Quels sont les éléments matériels constitutifs de la création d’une illusion ?
>> La rencontre entre marionnettistes et magiciens ouvre-t-elle de nouveaux possibles pour la manipulation des  espaces et de la matière ?
 2. La fabrique de l’inquiétante étrangeté. S’appuyant sur le cas de la marionnette, à travers une analyse de L’Homme au sable de Hoffmann, mais aussi sur celui du spectacle de magie, Jenstch se penche sur la notion d’inquiétante étrangeté en définissant, avant tout, une émotion, naissant du doute que suscite l’animation d’un objet inanimé, ou l’inexplicable immobilité d’un objet vivant. L’illusion a ceci de particulier qu’elle permet de nous mettre en présence de réalités imaginaires, virtuelles ou fictives. En effet, à  l’inverse de l’effet spécial cinématographique, la marionnette, incarnation (presque) vivante de l’image, et la magie, célébration de l’irréel, prennent place dans l’espace concret de la rue, du plateau.
>> Comment s’articulent l’espace métaphorique créé au plateau et le réel de l’espace de représentation ?  
>> Quelles sont les techniques qui permettent de représenter les « non-humains » (divinités, esprits, fantômes, âmes...), les mondes imaginaires ?
>> Peut-on définir une émotion esthétique commune à la magie et à la marionnette ?
>> De quelle nature est le pacte conclu entre le spectateur et le performer ?
>> Comment expliquer le sentiment que provoque la confrontation à l’illusion, qu’elle soit consentie ou subie, rationnelle ou inexpliquée ?
>> Quels sont les processus cognitifs qui rendent possible l’illusion (dissuasion de l’appareil perceptif, dissonance cognitive...) ?
>> Comment marionnettistes et magiciens jouent-ils des représentations que le public se fait de leur art ?
>> Quels rapports magie et marionnette entretiennent-elles avec l’illusion réaliste ? (quête ou rejet, inspiration ou contre-modèle) ?
 3. La dramaturgie. Dans leurs manifestations contemporaines, les deux disciplines - arts de la marionnette et magie - se caractérisent par une recherche centrée sur le renouvellement des écritures scéniques.
>> Comment le fonctionnement de l’illusion est-il pris en compte dans les écritures contemporaines et quel propos le travail sur l’“inquiétante étrangeté” cherche-t-il à servir aujourd’hui ?
>> Quels sont les codes qui guident les approches de la représentation ? (travail sur les temporalités, l’espace, effets de continuité ou de rupture, jeux d’échelles etc.)
>> Qu’implique le choix entre la force du simulacre, la puissance de l’illusion consentie et l’étrangeté du détournement du réel dans le réel ? Le texte a-t-il un statut particulier ?
>> Quel rapport à l’objet physique, visuel, textuel et/ou sonore dans la construction dramatique des spectacles ?
 
 
Pour participer
 
Formats
Plusieurs formes de propositions sont possibles pour ces rencontres nationales.
1/ Témoignage, partage d’expériences : paroles d’artistes, de journalistes, d’acteurs culturels...
2/ Communication scientifique
3/ Démonstration pour mise en débat : conférence manipulée, performative, ateliers
 
Merci de préciser dans votre réponse la forme choisie et d’envoyer un texte précisant :
- le sujet de votre intervention en 3.000 signes maximum.
- un présentation de votre parcours, de vos publications et/ou un dossier de présentation de vos projets de spectacles ou de recherches en lien avec le sujet que vous souhaitez aborder.
Pour le 3e format, merci de préciser en complément :
- la forme que prendrait la démonstration : mini-conférence, atelier, performance participative, installation…
- la mise en espace que vous imaginez (fiche technique)
 
On prêtera particulièrement attention aux propositions produisant de nouvelles ressources documentaires et/ou pouvant contribuer au développement de la formation artistique.
 
Votre proposition est à renvoyer par mail
avant le 10 avril à l’adresse suivante :
contact@themaa-marionnettes.com
 
Comité de pilotage
Brice Berthoud, Denis Bonnetier, Solène Briquet, Thierry Collet, Isabelle Drubigny, Julie Postel, Eloi Recoing, Etienne Saglio, Cyril Thomas, Isabelle Bertola, Morgan Dussart, Stéphane Simonin, Valérie Fratellini
Coordinateurs artistiques et scientifiques : Raphaèle Fleury, Hubert Jégat, Valentine Losseau, Raphaël Navarro.
Coordination générale THEMAA : Emmanuelle Castang, Claire Duchez, Juliette Thibault
 
Les Rencontres nationales sont organisées par THEMAA  en partenariat avec HorsLesMurs/Stradda, CIRCA, le Mouffetard - Théâtre des arts de la Marionnette, l’Académie Fratellini et la chaire ICiMa portée par l’Institut international de la marionnette (IIM) et le Centre national des Arts du Cirque (CNAC). Autres partenariats en cours. 

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Le corps contemporain et l’espace vécu : entre imaginaire et expérience

Publié le 18 Mars 2016 par Anaïs BERNARD dans appel a communications

GENDER, de Anne Charlotte Baranger & Eric Lafosse

GENDER, de Anne Charlotte Baranger & Eric Lafosse

Colloque: Le corps contemporain et l’espace vécu : entre imaginaire et expérience
25, 26 et 27 novembre 2016


Le « tournant spatial» des sciences humaines amorcé dans les années 1980 marque toujours le paysage de la recherche universitaire par l’attention portée à l’espace et ses représentations. L’intérêt croissant suscité par les dispositifs et leur manière d’organiser l’espace souligne le souci récent de penser l’humain dans son rapport à son environnement. Par ailleurs, la réflexion écologique sur le lieu vécu, inscrite dans les travaux de Michel de Certeau sur l’habiter et autour de laquelle se sont constituées notamment l’écopoétique, la géopoétique et la géocritique, n’est pas sans lien avec la place importante accordée au corps dans les études actuelles. Le corps, considéré comme terreau de la conscience depuis Merleau-Ponty ou encore comme trait d’union fondamental entre soi et l’autre (du « moi-peau » de Didier Anzieu au « corps parlant» de Jacques-Alain Miller), y est interrogé sous toutes ses formes, gestes, déplacements, dans des registres variés – symbole, image, objet – et selon des points de vue propres à chaque discipline, dont l’anthropologie avec les travaux fondateurs de David Le Breton. Ces interrogations soulignent à nouveaux frais la portée des pratiques corporelles, dont Marcel Mauss inaugurait l’étude ethnologique avec son analyse des techniques du corps, et, indirectement, des manières d’être au monde spécifiques à chacun.


Ce colloque vise à interroger les rapports entre le corps contemporain et l’espace, dans l’expérience que fait le sujet humain des lieux qu’il occupe, qu’il s’approprie ou qu’il subit, et qui lui servent à aménager son monde. On s’intéressera au jeu qui s’articule dans le corps entre l’espace physique et le lieu vécu, à l’expérience à la fois concrète et culturellement construite de l’environnement par le sujet humain. Aussi, notre réflexion se nourrira-t-elle des tensions qui existent entre la position géopoétique qui met l’accent sur les phénomènes réels et la vision postmoderniste de la représentation, autoréférentielle dans son travail de citation, recyclage et mélange de formes préexistantes. La notion d’expérience, telle qu’elle a été pensée par la phénoménologie, par exemple, mais aussi par la philosophie pragmatiste, nous semble être une riche piste pour repenser de manière dynamique ces oppositions.


Partant du point de vue des études littéraires, mais dans un dialogue essentiel avec les autres disciplines des arts et des sciences humaines, on souhaite questionner les représentations et mises en scène du corps contemporain afin de comprendre comment celui-ci se construit en interaction avec l’espace. Quelles relations le corps entretient-il avec son environnement ? En quoi celles-ci sont-elles constituantes ou déstructurantes pour le sujet ? Comment s’élaborent-elles et se manifestent-elles ? Quels imaginaires du corps et de son rapport à l’espace sont véhiculés par les représentations artistiques et littéraires ?


Entre autres formes de rapport à l’espace peuvent être envisagés les quatre axes de réflexion (non exhaustifs) suivants :


Expérimentation et alternative
Avec les prises de conscience successives des effets délétères du rapport de l’humain à son environnement dans un monde guidé par l’économie de marché, on observe de nombreuses pratiques qui témoignent d’une volonté d’établir une relation plus intégrée à l’espace où l’on vit. Néanmoins, les productions littéraires et culturelles dominantes, à l’image des films hollywoodiens catastrophistes, comme celle plus marginales, tel un certain courant des arts actuels (théâtre, danse, arts visuels et médiatiques), favorisent l’imaginaire d’un monde alternatif dystopique, limitant ainsi la possibilité de concevoir un rapport à celui-ci et à ses habitants plus écologique. Y aurait-il, malgré tout, des propositions capables de déplacer la position du corps dans l’espace telle qu’elle revient avec insistance dans l’imaginaire occidental actuel, c’est-à-dire d’un corps tout-puissant dans un espace sous occupation ?


Appareillage et agencement
L’individu occidental appareillé, qui ne fait pas un pas sans ses prolongements technologiques (c’est littéralement le cas pour les utilisateurs de traqueurs d’activité) fait nécessairement preuve d’un rapport différent à l’espace. L’aménagement croissant des lieux, autant naturels qu’urbains, dénote aussi d’une manière d’accommoder le monde aux corps qui s’y déplacent. Le renouvellement d’une littérature descriptive, portant son attention sur les objets de production qui nous entourent souligne ce phénomène, comme c’est le cas dans le roman La Femme parfaite (1995) de Patrick Delville. Les créations de la chorégraphe Marie Chouinard illustrent aussi, en danse, la manière dont des prothèses diverses transforment notre gestuelle et notre appréhension du monde.


Flottement et chute
Pour la psychanalyse, les corps d’aujourd’hui, désormais privés de liens aux autres et en manque de symbolisation, flotteraient librement dans l’espace, offrant une liberté à la fois inédite et effrayante au sujet qui doit redéployer son rapport au monde. L’imaginaire du corps contemporain est aussi marqué par le motif de la chute, largement exploré dans des œuvres littéraires comme, par exemple, le roman Les Grandes blondes (1995) de Jean Echenoz ou plastiques comme le travail de Peter Land en art vidéo.


Contenance et intermédiarité
Du corps comme vêtement charnel de l’esprit au moi-peau, la contenance a longtemps dominé les réflexions sur le corps. Or, on souhaiterait ici s’attarder à la réalité humaine de construire des lieux psychiques en fonction de l’environnement, servant d’intermédiaire entre l’intérieur et l’extérieur. Entremêlés avec le corps, ceux-ci peuvent être le lieu d’expériences fortes de résonance avec un endroit, comme le décrit Nan Shepherd dans The Living Moutain (1977), mais aussi d’inadéquation, comme peuvent l’exprimer les œuvres du plasticien Absalon.


Modalités de soumission
L’appel à communication est ouvert aux différentes disciplines des sciences humaines, littéraires et artistiques afin d’éclairer, dans les représentations du corps contemporain, les relations que celui-ci entretient avec l’espace. Les propositions de communication doivent comprendre les informations suivantes :
Prénom(s) et nom(s) des auteurs
Affiliation(s) et statut(s)
Titre de l’intervention
Résumé d’un maximum de 250 mots
Une notice biographique des auteurs d’un maximum de 60 mots, indiquant leur discipline(s) et leurs domaines de recherche


Elles doivent être envoyées en version électronique (en format .doc, .docx ou .pdf) à l’organisatrice (sara.bedard.goulet@gmail.com) au plus tard le 1er avril 2016. Les décisions du comité seront transmises aux participants le 15 juin 2016.


En collaboration avec Figura, le centre de recherche sur le texte et l’imaginaire de l’Université du Québec à Montréal et le Musée d’art contemporain des Laurentides à Saint-Jérôme, le colloque aurait lieu au Musée d’art contemporain des Laurentides les 25, 26 et 27 novembre 2016. Les communications pourront donner lieu à une publication dans une revue avec comité de lecture.


Comité scientifique :
Rachel Bouvet (UQAM)
Véronique Cnokaert (UQAM)

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La fabrique des fictions d'artistes : écrire avec les images

Publié le 16 Mars 2016 par Anaïs BERNARD dans appel a communications

La fabrique des fictions d'artistes : écrire avec les images

La fabrique des fictions d’artistes : écrire avec des images
Journée d’étude organisée par Laurence Brogniez (Université libre de Bruxelles) et Laurence Corbel (Université Rennes 2), Clément Dessy (University of Oxford) , Valérie Dufour (Université libre de Bruxelles/FNRS), Florence Huybrechts (Université libre de Bruxelles).
Lieu : Université libre de Bruxelles
Date : mardi 10 mai 2016


L’intérêt croissant des artistes contemporains pour la fiction comme forme discursive se décline selon des registres de plus en plus variés – fictions d’anticipation, autobiographiques, politiques, ethnographiques, documentaires, juridiques, théoriques, pop fictions, etc. – et dans des formats divers, de la nouvelle au roman en passant par le conte ou le scénario. Photos/textes de Jochen Gerz, bestiaires fantastiques et chimères scientifiques de Joan Fontcuberta, fictions documentaires de Tacita Dean, enquêtes spéculatives de Kapwani Kiwanga, histoires révisées de Rodney Graham, micro-fictions oniriques de Martine Aballéa, narrations interactives de Martin Le Chevallier, chroniques insolites d’Agnès Geoffray ou récits sonores de Marcelline Delbecq sont, parmi d’autres, des fictions artistiques qui expérimentent des formes de narrativité multiples. Si l’écrit fictionnel est intégré ou associé à des œuvres qui explorent un large éventail de formes et de médiums, cette journée d’étude envisage de considérer spécifiquement les fictions, écrites ou oralisées, associées à un dispositif iconique où les images, fixes ou mobiles, projetées ou reproduites, peintes ou dessinées, ont une place de choix dans la construction de l’intrigue, parfois aussi dans sa désintégration. Qu’elle soit placée sur les cimaises ou dans des espaces de lecture intégrés à l’exposition, présentée dans des publications annexes (livres d’artiste, anthologies, catalogues d’exposition), inscrite dans des performances narratives ou des agencements sonores, la fiction se déploie alors dans des jeux d’interactions multiples où les narrations se projettent et s’exposent dans les images et les images se réfléchissent dans les textes.  


Dans le cadre de cette journée d’étude, il s’agira de centrer les analyses sur la façon dont s’organisent, se configurent les relations entre récits fictionnels et images au cœur même du processus de production de la fiction. La fiction, que nous entendrons donc dans son sens premier comme l’activité de façonner, d’inventer, de feindre, renvoie autant à la production des textes qu’à la fabrication des images qu’elle articule au travers d’opérations fictionnalisantes, de stratégies d’agencement des textes et des images. Dans cette perspective, on privilégiera les fictions qui mettent en récit la fabrique des œuvres, qui exposent leur propre processus de création.


L’enjeu est de rendre compte des évolutions les plus récentes de la fiction dans le champ artistique depuis l’émergence, à la fin des années soixante, d’un « art narratif », d’étudier la façon dont la fiction est réalisée dans et par la configuration réciproque du texte et de l’image, ainsi que les expériences proposées au spectateur-lecteur. Il s’agit ainsi d’analyser comment les artistes s’emparent de la fiction pour en faire un ressort de la création tout en lui offrant des formes et des espaces inédits.


Plusieurs perspectives pourront être retenues :


1/ On pourra caractériser ces fictions iconiques du point de vue de leur production en considérant ce qui relève dans l’écrit fictionnel du métarécit. Ces œuvres, qui réfléchissent le processus de leur création, nous disent comment elles mettent en dialogue les images et le texte, et intègrent aussi une réflexion sur leurs rôles et leurs statuts respectifs dans le processus de création. Comment ces œuvres intègrent-elles les images photographiques, cinématographiques, picturales ou graphiques ? Les images s’enclenchent-elles à l’écriture ou la déclenchent-elles ? Si la distinction entre visible et dicible ne recouvre pas celle de l’image et du texte, comment s’opèrent les croisements entre énoncés et visibilités ?


2/ La fiction, qui s’émancipe de l’ordre du vrai et du faux, constitue un espace de jeu où textes et images tissent des relations d’échange qui ne sont pas réductibles à des rapports d’illustration, mais développent aussi des rapports discordants ou concurrents. On pourra analyser les modes de configuration réciproques du texte et de l’image, confronter les régimes discursifs à l’œuvre dans l’écrit fictionnel et le régime de visibilité des images auquel il est associé pour examiner les effets de sens, les effets de réel et de fiction que produit leur articulation. Comment le sens circule-t-il entre écrits fictionnels et images, comment est-il construit dans les interstices du lisible et du visible ? Quelles sont les potentialités fictionnelles de l’image et quel est le pouvoir imageant de la fiction discursive ? Selon quelles modalités (entrecroisements, isomorphisme, transformation, traduction), textes et images sont-ils associés, combinés, organisés ? Comment les procédures de montage, de collage des images s’articulent-elles avec la logique du récit ? Comment l’image intervient-elle dans la construction de la fiction ? Vient-elle suspendre son cours, le relancer ou le relayer ? Les images prolongent-elles ou court-circuitent-elles ces fictions en activant l’imagination ?


3/ L’exposition permet d’explorer les fictions sous une forme visible et spatialisée, à travers un dispositif où elles se trouvent disséminées dans un réseau d’œuvres qui articulent différents médias (photographies, peintures, publications imprimées, films, dessins, installations). On pourra analyser comment l’inscription de la fiction au sein de dispositifs ou de scénographies renouvelle l’expérience esthétique. Ces fictions délimitent, en effet, un terrain de jeu où sont explorés des mondes possibles à travers des configurations qui sollicitent la vision et la lecture. Quels effets de lecture sont impliqués ou programmés dans ces œuvres qui articulent l’écrit fictionnel et l’image ? Comment les modes de présentation, d’exposition ou de diffusion transforment-ils l’expérience de la lecture et déplacent-ils la place et le statut du spectateur/lecteur ? Sont-elles l’occasion de transformer les façons de lire et de renouveler dans le même temps la réception des images ?


Une proposition de communication de  500 mots avec un titre, accompagnée d’une brève présentation bio-bibliographique, pourra être adressée à Laurence Brogniez (lbrognie@ulb.ac.be) et à Laurence Corbel (laurence.corbel@gmail.com) avant le 20 mars 2016. Durée des communications : 25 mn
 
Comité scientifique :
Pascale Borrel (Université Rennes 2)
Laurent Buffet (École Supérieure d’Arts et Médias de Caen/Cherbourg)
Laurence Brogniez (Université libre de Bruxelles)
Sophie Coiffier (Université Rennes 2)
Laurence Corbel (Université Rennes 2)
Sabrina Parent (Université libre de Bruxelles/FNRS)
Alexander Streitberger (Université catholique de Louvain-La-Neuve) 

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Métamorphoses : corps, arts visuels et littérature

Publié le 20 Février 2016 par Anaïs BERNARD dans conférence, appel a communications

Métamorphoses : corps, arts visuels et littérature

RÉSUMÉ

Cette journée d’étude voudrait se centrer autour des métamorphoses du corps et de ses  transformations au sein des textes littéraires et des œuvres artistiques.

 

ANNONCE

Journée d’études, 31 mars 2016

Université de Franche-Comté, UFR SLHS, Grand Salon

 

Argumentaire
Cette journée d’étude voudrait se centrer autour des métamorphoses du corps et de ses transformations au sein des textes littéraires et des œuvres artistiques. Nœud d’énonciation et source de changements continus (J. Fontanille 2004, I. Darrault- Harris 2007), substrat principal de perception (Thomson-Varela, 2001) et de construction du monde (Merleau-Ponty, 1945), le corps a toujours fasciné ces deux domaines qui l’ont rendu sujet ou objet d’expressions esthétiques. A l’image d’une Virginia Woolf qui dans Une chambre à soi prône le féminin-masculin ou le masculin-féminin en écriture, la traversée des genres tant esthétiques que sexués en art comme en littérature, permet de poser le corps en mutation comme moteur privilégie de la création, suscitant/exigeant de nouveaux modes d’expression et se donnant à voir, lire et entendre de multiples manières. Du moment que le corps a toujours été appréhendé dans sa performativité par ses mises-en-scène comme par ses mises-en-texte, nous allons étudier l’expression de ces mutations qui peuvent prendre la forme de simples modifications à la limite de l’imperceptible ou de changements beaucoup plus radicaux, allant jusqu’à la crise des codes mêmes de la représentation.

Historiquement la question du corps de l’artiste, de sa monstration en art, tout à la fois comme support et œuvre a été investie dès le début du XXe siècle, l’aventure a été mise en voix par les Futuristes & Dada - et bien d’autres ensuite qui, tous, brouilleront les voies en explorant tout autant le genre, l’attitude, la langue, l’identité …débordant les limites des corps, de l’art, en des points de fusion entre les arts plastiques, la danse, le son, la poésie… s’approvisionnant dans le réservoir infini du geste quotidien et des usages de l’habitude. Approcher les métamorphoses à l’œuvre au sein de cet espace corps-art-littérature, c'est affronter certainement des questions cachées, dissimulées dans l’incarné qui fonde, comme l’écrit J. Kristeva, « la signification et la communication (...)   loin d’être une idéalité pure ».  

Avatar des dernières mutations culturelles et sociétales, le corps en métamorphose (le cyborg, l’hybride, le cisgenre) nous offre de nouvelles images de la contemporanéité (Arnaud 2012, Espineira 2014 et 2015). De nouvelles différences et ambiguïtés surgissent tant dans la variété des arts que dans les genres littéraires de plus en plus poreux et hybrides. Aussi l’indicibilité du corps et de ses mises en scène engendre-t-elle de nouveaux modes de représentation ou invite à un re-investissement  des formes plus anciennes qui y retrouvent ainsi un nouvel élan.

Les différentes conceptualisations avancées dans de multiples champs du savoir seront nos outils d'analyse, des arts visuels (image fixe et mobile, performance) jusqu’aux gender studies, en passant par les études culturelles et la littérature. L’articulation entre corps physique et identité sexuée, entre genre(s) esthétique(s) et genre(s) sexuel(s), peut se passer des mots ou bien entrer en dialogue avec eux, pour s’exprimer. 

 

Modalités de soumission
Les propositions de communication (300 mots) et une courte bio-bibliographie sont à envoyer 
avant le 21 février 2016, à ces adresses électroniques :

margaret.gillespie@univ-fcomte.fr  et nanta.novello-paglianti@u-bourgogne.fr

 

Comité scientifique
(et contact)

Margaret Gillespie, MCF,  CRIT, Université de Franche - Comté
Nanta Novello Paglianti, MCF,  CIMEOS, Université de Bourgogne
Michel Collet, ProFessuer, INstitut Supérieur des Beaux Arts, Franche- Comté

 

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A QUOI NOUS ENGAGE LE JEU ?

Publié le 16 Janvier 2016 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

A QUOI NOUS ENGAGE LE JEU ?
Bruxelles, 21-22 octobre 2016

 

Ce premier colloque du LabJMV entend réunir les chercheurs et les professionnels travaillant sur le jeu autour de la problématique de l’engagement du joueur. Afin de croiser les points de vue, le colloque comprendra à la fois des communications issues de recherches scientifiques et d’expertises professionnelles.

Le jeu permet d’instaurer un cadre pragmatique propice à l’action individuelle ou collective, car il induit une indétermination. Le jeu va-t-il être porté à son terme ? Quel va en être le résultat ? Ce cadre pragmatique (Bateson et Goffman) permet à la fois d’imaginer une situation mentalement et d’agir sur elle matériellement (notamment en agissant au niveau du sens). Il permet au joueur d’adopter différentes postures (spectateur, acteur, critique, réfractaire, arbitre, commentateur, etc.), mais aussi de varier l’intensité de son engagement, entre adhésion et distanciation.

Ainsi, les jeux permettent d’observer des logiques à la croisée de l’action (ce que l’on fait lorsqu’on joue), du positionnement (où on le fait, dans quels cadres, à partir de quand, et  jusqu’où ?) et de l’intention (qu’est-ce qu’on apporte de nous-même dans le jeu ? qu’est-ce qu’on en retire ?)

Partant des travaux récents de l’anthropologue Roberte Hamayon (2012), le colloque examinera le jeu dans une double perspective :

1. Il existe une forme de continuité entre le jouer et le faire.

“Jouer, c’est faire” soulignait Winnicott (1971), idée présente également chez Huizinga, dans le titre de son ouvrage le plus célèbre. Non seulement l’homme est faber, il fabrique, mais il est aussi ludens, il joue. Il s’agira de repartir de ce lien entre jeu et culture. Jouer certes, mais pour quoi faire ? Que crée le jeu ? Que créent les joueurs ? (culture matérielle et imatérielle, sociabilité, clubs, amis, conventions, lan arenas, formes émergentes de littérature) ; non pas ce que jouer veut dire, mais ce qu’on peut faire en jouant (travailler, aimer, apprendre, faire la guerre), en dehors d’une perspective strictement utilitariste (“jouer pour”) ;

2. Le jeu est une modalité de l’action humaine, une façon de faire non identique à l’originale.

Le jeu comme activité n’est pas coupée de la réalité, mais au contraire, s’insère et se développe dans des décalages, des recouvre-ments, des incursions et des articulations au sein de et avec la réalité. Autour des questions: où commence/finit le jeu, les systèmes de sens, les “excursions dans d’autres réalités” (Berger et Luckmann), l’idée selon laquelle le jeu est inscrit dans une réalité souveraine (paramount reality); qu’est-ce que le jeu change dans nos réalités ordinaires ? (hiérarchies sociales, les expériences ou les compétences acquises, quelles formes de gain, matériel, prestige, etc) ; par les décalages qu’il provoque, le jeu induit-il une forme de critique de la réalité ordinaire ?

Il s’agira d’explorer la palette des effets attendus du jeu sur la réalité, qui expliquent qu’on s’y engage (à commencer par le plaisir attendu, la recherche du fun). Par  conséquent, il s’agira également d’étudier les modalités de ces engagements, des rôles occupés, des postures, des modalités du jouer.

Les propositions examineront en particulier ces effets en termes de sociabilité, d’apprentissage, de création, de distance critique, etc.

  • La sociabilité : Le jeu est sans conteste une activité sociale qui engage une relation aux autres joueurs ou au public. De multiples interrogations peuvent se poser autour de ces personnages du monde du jeu.  Est-ce qu’on développe des réseaux de connaissance en jouant, on s’y fait des amis, ou au contraire, on les retrouve, on se fait des ennemis ? Quels modes de sociabilités sont induits par le jouer, éphémères, distantes, virtuelles, épistolaires. Quels effets du jeu sont observables sur les sociabilités ordinaires ? (souhaités ou non souhaités, hiérarchie, prestige, isolement, etc.). Quelles formes d’institution de la sociabilité se mettent en place (rencontres planifiées à l’avance, formes ritualisées (mariages dans l’univers du jeu), création de groupes qui existent à la fois dans le jeu et hors du jeu, ou uniquement dans l’un des deux). Quel est l’impact de ces sociabilités sur les identités ? (se reconnait-on et s’affiche-t-on comme appartenant à un club, une guilde, une fédération, etc.). La sociabilité propre au jeu est-elle spécifique ou s’inscrit-elle dans des sociabilités plus larges ?
  • La résolution de problèmes : Dans une perspective plus large que celle de la compétition et de la victoire ou de la dimension utilitariste des jeux (notamment en termes pédagogiques), il s’agira de réfléchir au jeu comme un processus de préhension des événements de la vie quotidienne. Ainsi, les jeux défieraient notre capacité à maîtriser les incertitudes et éléments chaotiques pour surmonter une épreuve (une partie d’Angry Birds) ou pour créer un monde plus intelligible (l’univers de la petite fille qui joue avec ses poupées), phénomène favorisé par le passage au niveau supérieur ou l’acquisition d’une technique. L’appât du jeu ne résiderait pas uniquement dans le résultat attendu, mais également dans le moyen d’y parvenir (Boutet 2012). La résolution du problème deviendrait alors le moteur de l’engagement : problème logico-mathématique (jeux vidéo), résolution d’une intrigue (jeux de rôles), accomplissement d’objectifs (jeux de société), approbation d’un public (performances et sports).
  • Le plaisir : La dimension autotélique du jeu sera ici explorée. Jouer est-il en toute circonstance synonyme de plaisir ? On pense notamment aux jeux impairs (jeu de la sonnette), aux farces (caméras cachées), aux jeux cruels (jeux du cirque). Le plaisir est-il inhérent à l’acte de jouer ? Le plaisir du ludique n’est ni systématique ni permanent (Juul 2004, Clark 2012). Les typologies du plaisir formulées par Salen et Zimmerman (2004) pourront ici faire l’objet une application critique ;
  • L’immersion : Un joueur peut être tout entier absorbé dans une partie, réduisant ses heures de sommeil, sautant des repas, négligeant sa vie conjugale ou familiale. Mais à l’inverse, le jeu peut également lasser, surtout lorsque ses règles, sa prise en main, son interface ralentissent ou contredisent le plaisir de s’y plonger (jeu trop long, trop compliqué, trop répétitif). Au sein de cet axe, les communications pourront analyser ces situations qui provoquent l’ennui, le désintérêt ou le désengagement. L’articulation entre immersion et distance pourra aussi être étudiée au niveau, d’une part, des “frottements” entre interface ludique et interaction sociale créés par le jeu en lui-même(déséquilibre des niveaux des joueurs, règles désavantageuses, jouabilité); et, d’autre part, des différents types de “poussées contre-immersives”, qui sont quant à elles dues au décalage entre le joueur et l’univers ludique qui lui est proposé (Caïra 2014). D’autres communications pourront s’intéresser aux engagements excessifs, aux structures potentiellement addictogènes ou aux profils de joueurs potentiellement à risques. Quand l’engagement devient-il problématique ?
Calendrier prévisionnel :

– 1er avril 2016 : soumission des propositions aux adresses: cbouko@ulb.ac.be et olivier.servais@uclouvain.be dans un document PDF comprenant vos coordonnées complètes, vos fonctions et affiliations, le titre de votre communication, un résumé de 400 mots maximum et une bibliographie. Un accusé de réception sera envoyé.

– 1er juin 2016 : notification des acceptations

– 21-22 octobre 2016 : colloque

– 1er janvier 2017 : soumission des articles pour publication

– 1er mars 2017 : notification des acceptations et des modifications éventuelles

– 1er mai 2017 : soumission des articles définitifs

– Décembre 2017 : publication

Comité scientifique :
  • Vincent Berry (Université Paris 13)
  • Catherine Bouko (Université libre de Bruxelles)
  • Olivier Caïra (IUT d’Evry)
  • Laura Calabrese (Université libre de Bruxelles)
  • Baptiste Campion (Institut des Hautes Etudes des Communications Sociales – IHECS, Université catholique de Louvain)
  • Björn-Olav Dozo (Université de Liège)
  • Carolina Duek (Université de Buenos Aires)
  • Sébastien Kapp (Science Po-CNRS, Haute Ecole de Bruxelles)
  • Frédéric Laugrand (Université Laval)
  • Thibault Philippette (Université catholique de Louvain, Université de Namur, Haute Ecole de Bruxelles)
  • Olivier Servais (Université catholique de Louvain)
Références citées :

Berger, Peter et Luckmann, Thomas, 2012, La Construction sociale de la réalité, Armand Colin.

Boutet, Manuel, 2012, « Jouer aux jeux vidéo avec style. Pour une ethnographie des sociabilités vidéoludiques », Réseaux n°173–174, Dossier Les formes ludiques du numérique coordonné par Jean-Paul Simon et Vinciane Zabban, pp. 207–234.

Caïra, Olivier, 2014, « L’Expérience fictionnelle, de l’engagement à l’immersion », dans Guelton, Bernard (dir.), Les Figures de l’immersion, Presses universitaires de Rennes, 2014.

Clark, Neils, 2012, « Fun is boring »,
http://gamasutra.com/view/feature/173545/fun_is_boring.php?print=1

Hamayon, Roberte, 2012, Jouer. Une étude anthropologique, La Découverte/Revue du MAUSS.

Huizinga, Johan, [1938] 1988, Homo Ludens. Essai sur la fonction sociale du jeu, Gallimard.

Juul, Jesper, 2004, « Introduction to Game Time », dans Noah Wardrip-Fruin, Noah et Harrigan, Pat. (dir.) First Person: New Media as Story, Performance, and Game, MIT Press.

Salen, Katie et Zimmerman, Eric, 2004, Rules of play. Game design fundamentals, MIT Press.

Winnicott, Donald, 1971, Jeu et réalité, L’Espace potentiel, Gallimard.

 

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Appel à contribution pour l'ouvrage collectif "100 notions - Management et Numérique"

Publié le 22 Novembre 2015 par Anaïs BERNARD dans appel à participation, appel a communications, Appel à communications

Appel à contribution pour l'ouvrage collectif "100 notions - Management et Numérique"

Recherche de contributeur pour le volume "100 notions : Management et Numérique" Le projet « 100 notions » est porté par la Chaire UNESCO Innovation, Transmission et Edition Numériques, dirigée par Prof. Ghislaine Azémard, initiatrice et organisatrice du projet et coordinatrice du premier ouvrage de la série 100 notions (« 100 notions pour le crossmédia »). Le projet « 100 notions » est édité par le Centre Mobius International avec Les Éditions de l’Immatériel. Il est prévu, pour chaque volume, une édition en français, en anglais et en chinois. La diffusion de l’édition papier est assurée en France par le Comptoir des Presses d’universités (http://www.lcdpu.fr/). L’objectif de chaque ouvrage et de ses compléments numériques coordonnés est de proposer un outil cohérent scientifiquement présentant une cartographie notionnelle du champ théorique de l’ouvrage. Il est destiné à un public académique, professionnel, dimensionné internationalement.

Chaque volume se compose de 100 textes, de 3 à 5 000 caractères (hors espaces), expliquant une « notion » comme base de connaissance permettant les réflexions et commentaires des lecteurs/usagers de la plateforme et des livres. Les notions sont définies par un mot clé, une expression, un néologisme ou une construction originale.
Structure de chaque notion:

1. Notion + nom du contributeur

2. Définition simple, non équivoque, rigoureuse, présentant les traits principaux de la notion: entre 2 et 4 lignes (3 phrases maximum)

3. Développements à caractère explicatif et illustratif de la définition à l’aide d’exemples complets et contemporains : entre 8 et 12 lignes

4. Examiner l’évolution de la notion, proposer une analyse critique de la notion, signaler les formes actuelles d’un point de vue scientifique : entre 8 et 12 lignes

5. « Champs disciplinaires » : (ex. technologique, juridique, économique, sociologique, scénaristique, graphique, théorie de la communication, publicité, marketing, artistique, etc.)

6. « Voir aussi » (lier la notion avec d’autres notions du livre/ ex : pour la notion de viralité: voir aussi buzz), cette partie est complétée lors de la composition du livre.

Présentation des auteurs de notions :

Une version courte d’une ligne (titre/institution d’appartenance/spécialité)

Une version longue de 5 lignes

Une photographie (de type photo d’identité)
 

 

Nous recherchons des contributeurs pour le volume Management et numérique. Le projet "Management et Numérique" est décrit dans le fichier au lien ci-dessous.
Merci d'adresser vos propositions avant fin janvier 2016 à Gilles Rouet: gilles.rouet@uvsq.fr

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Cinéma et internet : représentations, circulations, réceptions

Publié le 29 Août 2015 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Cinéma et internet : représentations, circulations, réceptions

RÉSUMÉ

Dans le prolongement de la réflexion engagée par la revue CIRCAV sur les relations entre médias audiovisuels et innovations technologiques, ce vingt-sixième numéro porte sur la rencontre du cinéma avec une technologie spécifique : internet. Parce qu’elle permet la mise en réseaux des ordinateurs à un niveau global, la généralisation de l’usage du protocole internet déplace le cadre traditionnel dans lequel évoluait le cinéma, qu’on appréhende celui-ci comme système de représentations, industrie culturelle ou objet d’une médiation artistique de la part des publics. Pour saisir cette diversité, ce numéro de la revue CIRCAV développera trois axes de réflexion : internet au cinéma ; le cinéma sur internet ; cinéphilies connectées.

ANNONCE

Argumentaire

Dans le prolongement de la réflexion engagée par la revue CIRCAV sur les relations entre médias audiovisuels et innovations technologiques[1], ce vingt-sixième numéro porte sur la rencontre du cinéma avec une technologie spécifique : Internet. Parce qu’elle permet la mise en réseaux des ordinateurs à un niveau global, la généralisation de l’usage du protocole Internet déplace le cadre traditionnel dans lequel évoluait le cinéma, qu’on appréhende celui-ci comme système de représentations, industrie culturelle ou objet d’une médiation artistique de la part des publics. Pour saisir cette diversité, ce numéro de la revue CIRCAV développera trois axes de réflexion.

 

  • Axe 1 : Internet au cinéma

Un premier axe envisagera la rencontre Internet/cinéma sous l’angle de la représentation.

On pourra par exemple s’interroger sur la façon dont les films de fiction participent de la polarisation du débat sur « les effets », positifs ou négatifs, des technologies de mise en réseaux. Certains films se présentent en effet comme des discours utopiques, saluant un Internet révolutionnaire servant l’idéal démocratique (8th Wonderland, Nicolas Alberny/Jean Mach, 2008), offrant de nouveaux modes de rencontre amoureuse (You’ve Got Mail, Nora Ephron, 1998 ; Chercher le garçon, Dorothée Sebbagh, 2012) ou permettant le maintien d’un lien social à distance grâce à une Webcam (Forgetting Sarah Marshall, Nicolas Stoller, 2008). À l’inverse, on peut trouver des visions dystopiques, qui mettent en scène les dérives du fichage des individus (The Net, Irwin Winckler, 1995), le danger des identités et relations virtuelles (Perfect Stranger, James Foley, États-Unis, 2007 ; Chatroom, Hideo Nakata, 2010), de l’anonymat des rencontres en ligne (Trust, David Schwimmer, 2010) ou de la dimension voyeuriste du Web (Feardotcom, William Malone, 2002).

Ce premier axe accueillera également des textes portant sur la représentation des professions de l’Internet, qu’il s’agisse d’informaticiens (The Social Network, David Fincher, 2010), d’experts en cybersécurité (Firewall, Richard Loncraine, 2006) ou dehackers (WarGames, John Badham, 1983 ; Swordfish, Dominic Sena, 2001 ; The Girl with the Golden Tatoo, David Fincher, 2011).

 

  • Axe 2 : Le cinéma sur internet

Un deuxième axe portera sur la présence du cinéma sur Internet, abordée sous l’angle de la circulation des films comme de leur valorisation.

On pourra ainsi s’interroger sur l’accessibilité des œuvres en ligne, par le biais des plateformes participatives, des sites de streaming, du partage de fichiers en peer-to-peer ou des moteurs de recherche de torrents. Les textes souhaitant discuter la relation entre le mode de partage et le type ou « genre » de film partagé seront particulièrement appréciés : on peut en effet se demander si certaines formes cinématographiques sont associées, dans la pratique des spectateurs-internautes, à certains types de médiation numérique. Les approches socioéconomiques sont encouragées, notamment celles qui porteront sur les enjeux actuels autour du financement de la création : en effet, comment intégrer les pratiques de consommation illégale ou l’arrivée de plateformes de vidéo-à-la-demande comme Netflix à l’économie du film, en particulier en termes d’obligation de soutien financier à la production de contenus ?

On pourra également s’intéresser à la place d’Internet dans les stratégies contemporaines de promotion des œuvres cinématographiques. Le marketing des films se déploie amplement sur la toile, où des sites, des pages et des comptes dédiés sur les réseaux sociaux numériques permettent de relayer les campagnes publicitaires accompagnant la sortie des films. Les textes porteront sur des cas d’étude (la promotion d’une œuvre spécifique ou d’un corpus cohérent – les films d’un genre, d’un studio, d’un distributeur particulier) ou envisageront la question sous un angle plus théorique. 

 

  • Axe 3 : cinéphilies connectées

Un troisième axe abordera la relation Internet/cinéma sous l’angle de la réception. Il s’agira de renseigner la façon dont Internet peut réactualiser, décaler, changer les processus de réception et d’interprétation des films, comme encourager de nouveaux rapports à l’art cinématographique. Plusieurs sous-axes peuvent être envisagés.

D’une part, sont attendus des textes étudiant l’émergence et le développement d’une critique se revendiquant comme « amateure », que cette revendication soit le fruit des acteurs sociaux singuliers (par exemple les blogueurs cinéphiles, qui sont souvent plus lus que les critiques traditionnelles associées à des titres de presse) ou de sites d’institutions du secteur audiovisuel (par exemple les pure players comme Allociné, qui fondent une grande partie de leur légitimité sur la prise en compte prioritaire des « goûts du public », via la notation des films par les spectateurs-internautes). 

D’autre part, on peut se demander si la visibilité accrue du cinéma sur Internet et, corollairement, de formes cinématographiques auparavant plus difficiles d’accès (comme certaines franges du cinéma bis ou « de genre », régulièrement soumis à la censure), n’a pas pour effet d’initier ou d’inviter de nouvelles cinéphilies, très liées aux cultures numériques. Les textes qui voudraient étudier les « cinéphilies connectées » (ou « cinéphilies 2.0 », quoique l’appellation soit plus contraignante) seront donc particulièrement appréciés, surtout s’ils concernent des cinéphilies de niche ou liées à des formes filmiques marginalisées et illégitimées, qu’Internet rend visible (on peut songer, par exemple, à l’audiovisuel pornographique, à certaines déclinaisons du cinéma d’horreur ou des cinémas expérimentaux).

On pourra enfin s’interroger sur les implications des déclarations cinéphiliques sur Internet, notamment sur la place de la cinéphilie dans l’expression et la construction de soi sur les réseaux sociaux et les sites invitant une présentation individuelle.

 

Modalités de soumission

Les propositions de contribution (en français, 3000 signes maximum), accompagnées d’une courte bio-bibliographie de l’auteur, sont à envoyer par mail à chloe.delaporte@gmail.com.

  • Date limite de soumission des propositions : 30 octobre 2015
  • Notifications d’acceptation ou de refus aux auteurs : début 2016
  • Date limite d’envoi des articles complets (35 000 signes espaces compris) : 30 avril 2016
  • Date limite d’envoi de la version finale, après corrections : 31 août 2016
  • Publication du numéro : avril 2017

Les propositions de contributions seront évaluées en double aveugle par la coordinatrice du numéro (Chloé Delaporte, Maître de conférences en études cinématographiques à l'Université Paul Valéry - Montpellier 3, chercheuse au RIRRA21), ainsi que par les membres du comité de rédaction de la revue CIRCAV (dont la liste est publiée sur le site Internet de la revue : http://circav.revue.univ-lille3.fr/equipe.php)

 

Comité de rédaction
  • Marité Birault,
  • Marie-France Chambat-Houillon,
  • Christine Charrier,
  • Aurélia Lamy,
  • Alphonse Cugier,
  • Yannick Lebtahi,
  • Patrick Louguet,
  • Gisèle Scottez-Cugier,
  • Tiphaine Zetlaoui. 

 

 

[1] Revue CIRCAV n° 25, « Trucage et télévision » (coord. Réjane Vallée), à paraître en 2016 ; revue CIRCAV n°22, « Cinéma(s) et nouvelles technologies. Continuités et ruptures créatives » (coord. Patrick Louguet et Fabien Maheu), 2011.

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Imagerie du Vivant

Publié le 27 Juin 2015 par Anaïs BERNARD dans appel a communications

Imagerie du Vivant

La prochaine journée de la FR 3209, qui aura lieu le 1er octobre prochain, est consacrée à:

Imagerie du Vivant

 

Bien évidemment, les étudiants et doctorants de nos laboratoires sont invités à présenter leurs travaux en français oralement et par poster. Comme l'année dernière, un prix récompensera la meilleure communication.

 

Aussi, je vous remercie de bien vouloir adresser vos propositions avant le 31 juillet 2015 à merryl.decatoire@univ-lorraine.fr et sylvain.besoin@univ-lorraine.fr sous forme d'un résumé de 10 à 20 lignes.

 

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Signatures du monstre : penser le monstre, pensées du monstre. Approches sémiotiques

Publié le 24 Mai 2015 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications, appel à participation

Signatures du monstre : penser le monstre, pensées du monstre. Approches sémiotiques

Colloque « Signatures du monstre : penser le monstre, pensées du monstre ». Sémiotiques du monstre

Appel à communications. Colloque International (Scroll down for English)

HCTI (UBO) – Figura (UQAM)
Univ. Brest, Faculté Victor Segalen
12-13 Novembre 2015

Organisé à Brest par Hélène Machinal et Myriam Marrache-Gouraud (UBO) et Jean-François Chassay (UQAM, Montréal)

 

Pétri de questionnements, d’hypothèses, de descriptions paradoxales, de zones d’ombres et d’énigmes, le discours porté sur le monstre intéresse le domaine de la science autant que celui de la littérature, de l'image, ou de la création artistique au sens large. À la croisée des genres, des textes, ou des arts visuels, se pose la question des modalités d'une représentation du monstre, enjeu central de notre propos.

Afin de ne pas reproduire des analyses déjà proposées par d’autres manifestations qui se sont attachées à retracer les évolutions historiques du discours porté sur le monstre, ce colloque sera centré sur la sémiotique du monstrueux. Qu’un auteur s’occupe de créer ou figurer un monstre, qu’il le définisse comme une entité morale, individuelle ou collective, ou comme une singularité physique, le sujet monstrueux incite dans différentes mesures à s’interroger sur sa relation à la norme, et provoque une pensée de l’altérité. On peut considérer qu’il existe en grande partie dans et par le regard de l’autre, regard posé sur une différence exclue ou montrée, voire exhibée et posée comme objet de contemplation ou d’étude. Sa présence dans les collections de curiosités anciennes, dans les spectacles forains, comme dans l'imaginaire scientifique contemporain qui diffracte cyborgs, androïdes, avatars, clones et aliens en tout genre, induit divers questionnements qui peuvent concourir à dresser un répertoire de formes de pensées. Le monstre est-il considéré vivant, mort ou mort-vivant, entier ou mis en pièces, authentique ou fabriqué, séduisant ou repoussant ? A-t-il un statut d’objet ou de sujet ? En outre, si le non monstrueux pense le monstrueux, le monstre a-t-il la possibilité de manifester à son tour une pensée ? Quels critères ou signes permettent de le reconnaître comme monstre, c’est-à-dire, étymologiquement, comme prodige ou comme exceptionnelle erreur de la nature, ayant partie liée avec l’énigme du divin, avec les chimères de la fable et les figures de la transgression qui peuplent les mythes et les récits contemporains ?

Il s’agira d'abord de voir s’il est possible d’établir une typologie du monstrueux, en tentant de déterminer s’il existe des signes invariants susceptibles de tenir lieu de formes reconnaissables, ou si le monstre se situe nécessairement du côté de la surprise et de l’hapax. Le monstrueux s'inscrit-il par ailleurs nécessairement dans une dichotomie ou participe-t-il de l'inquiétante étrangeté ?

De telles observations entraînent ensuite une analyse des effets produits (frayeur, terreur, horreur, malaise, répulsion, fascination, sidération…), effets perceptibles dans les discours et les images qui se rattachent à la figure, comme le montre David Roche ((Re)Making Horror, 2014) à propos du film d'horreur. En effet, quels que soient les modes d’exposition, d’exhibition, de représentation visuelle ou écrite, les formes par lesquelles le monstre est (plus ou moins) « montré » sont fonctions de la manière de penser cette forme (radicale?) d’altérité, et de porter ladite différence (ou ladite proximité) aux yeux d’un public supposé non monstrueux. La question de savoir de quel côté de la pulsion scopique on se place peut aussi avoir une pertinence. Penser le monstre, c’est alors d’une certaine façon se penser soi-même, dans un processus spéculaire et réflexif de pensée en miroir. Chaque sujet est ainsi renvoyé à son propre regard, si ce n’est à une part obscure non interrogée.

Le monstrueux dérange en effet les catégories, brouille les frontières, mettant à l’épreuve toute parole, scientifique ou fictionnelle. Quels types de discours peuvent se mettre en place pour dire l’indicible, ou l’innommable ? La caducité du langage lui-même apparaît patente, comme un obstacle à la représentation. Si cette dernière parvient à surmonter la difficulté de voir ou de dire, elle constitue cependant peut-être une alternative : la fiction, sous l’égide de la curiosité qui dévoile le monstre, est-elle à comprendre comme ce qui permet, malgré tout, de dire quand mêmequelque chose de la réalité du monstre, laquelle dépasse souvent d’emblée toute fiction ?

Si l’importance accordée au langage induit pour les analyses des textes littéraires et des œuvres visuelles une approche sociocritique et poétique, l’approche épistémique, concomitante, permet de privilégier sans l’exclure une perspective épistémocritique, suivant les travaux de Jean-François Chassay. Cette perspective sémiotique ouverte, à l’œuvre dans l'approche de Bertrand Gervais (Logique de l'imaginaire), orientera les travaux des intervenants : il sera fructueux de se demander comment dans un discours sur le monstre les sciences alimentent les formes, les structures et les modes d’énonciation de la création artistique, et comment en retour la fiction s’inscrit dans le réemploi de connaissances, et se pose comme une forme de vitrine des savoirs, offrant des dérivatifs ou des illustrations aux formes complexes de la monstruosité.

 

Les propositions de communication pourront donc aborder, sans exclusive, les domaines suivants :

  • - formes et signes du monstrueux : approche sémiotique

  • - modalités de la représentation

  • - figures et figurations

  • - discours porté sur le monstrueux

   - rôle de la narration, rôle de la fiction, spécificités des arts visuels

   - rôle des dispositifs d’exposition, arts graphiques

   - discours scientifique, imaginaire scientifique

   - approche anthropologique et sociologique

   - approche philosophique

 

Les propositions peuvent porter sur tous les supports : textuels (fiction, faits réels, essais, narrations), filmiques, mais aussi séries TV, photographie, peinture.

 

Modalités de soumission

Les propositions de communication (accompagnées d'une courte notice biographique) sont à envoyer aux TROIS adresses suivantes : chassay.jean-francois@uqam.camachinal@univ-brest.fr et Myriam.Marrache-Gouraud@univ-brest.fr avant le 30 juin 2015.

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