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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

appel a communications

Appel à contributions: Le déni de réalité

Publié le 21 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Appel à contributions: Le déni de réalité

L'équipe de la revue ¿ Interrogations ? a le plaisir de vous annoncer le lancement de son nouvel appel à contributions :


Appel à contributions N° 28 – Le déni de réalité
Numéro coordonné par Agnès Vandevelde-Rougale et Jean-Baptiste Roy


« Je sais bien, mais quand même »… Cette expression emblématique du déni, formulée par Octave Mannoni (1985 [1969]), en manifeste la dimension à la fois paradoxale et familière. Introduit par Sigmund Freud avec la psychanalyse, le déni de réalité, ou déni de perception, est un mécanisme de défense dont les travaux anthropologiques d’Octave Mannoni (1985 [1969]) puis de Donald Tuzin (1980, 1997) ont montré la dimension sociale en tant que support des croyances.

Simultanément refus et reconnaissance de ce qui, sinon, ne pourrait être refusé, le déni est un phénomène complexe, à l’articulation du psychique et du social, facteur d’aliénation et potentiel support d’émancipation. « Le phénomène de déni ne se laisse pas approcher de manière univoque » (Coste, Costey, Tangy, 2009) : « le déni contextuel […] s’apparente à des formes d’aseptisation ou d’euphémisation de la réalité qui ne sont pas le seul fait de l’idéologie ou de la contrainte, mais embrasse l’ensemble des trajectoires individuelles et s’appuie sur la logique des situations » (ibid.). Le déni renvoie au « pluralisme des mondes  » (Boullier, 2004), et le déni d’une réalité peut permettre de s’engager dans une autre – on peut par exemple penser au « déni viril du risque  » contribuant à l’investissement dans le travail (Bouffartigue, Pendariès, Bouteiller, 2010) ou encore à l’adhésion à l’idéologie managériale (Vandevelde-Rougale, 2017). Selon Frédéric Lambert, dans une société où « ce qui caractérise nos manières de croire, c’est la perméabilité des frontières entre fiction et fait, mais aussi entre l’information et la communication » (Lambert, 2013 : 82), la multiplication des situations de déni suscitées par les médiacultures [1] (Maigret et Macé, 2005) peut aussi favoriser l’esprit critique.

Cet appel à contributions de la revue ¿ Interrogations ? invite à explorer la complexité du déni de réalité. Pour ce faire, plusieurs axes, non exclusifs les uns des autres, et non exhaustifs, peuvent être envisagés :

Conceptualisations du déni

« Déni de démocratie », « déni de justice », « déni d’humanité », « déni de grossesse », « déni de droit », « déni du changement climatique », « déni des risques », « déni de la souffrance au travail », « déni de l’Holocauste », « déni de service  », « mémoire collective déniée », etc. La notion de déni recouvre une large pluralité sémantique et intéresse un grand nombre de disciplines.

Il s’agira de préciser la conception du déni selon une ou plusieurs disciplines données et de montrer sa portée heuristique. Par exemple, quelles conceptions entourent la notion et comment est-elle mobilisée et travaillée en histoire, en sociologie, en sciences politiques, pour étudier les phénomènes de négationnisme, de révisionnisme, de mémoire de l’esclavage etc. ?

Il sera aussi possible de considérer comment la notion freudienne a été prolongée dans les travaux de sciences humaines et sociales, avec par exemple le « pacte dénégatif  » (Kaës, 2009) ou encore, de préciser la notion de déni par rapport à des notions voisines, telles que le refoulement, la dénégation, la « dissonance cognitive  » (Festinger, 1957), en appui sur des situations concrètes d’exploration.

Déni et manières de croire

D’après Octave Mannoni (op. cit.), trois éléments essentiels apparaissent constitutifs de la croyance ’quand même’, celle qui persiste en dépit des perceptions : la parole de l’autorité, l’existence de non initiés et un support matériel. Si l’on suit l’approche anthropologique du déni (Mannoni, Tuzin, op. cit.), le déni de réalité est un mécanisme essentiel au support de la croyance mythique, celle-ci pouvant soutenir les institutions, qui à leur tour peuvent soutenir les croyances. Dans une organisation donnée, le déni participe également de la constitution d’un « imaginaire collectif », concept introduit dans une approche psychosociale par Florence Giust-Desprairies (2009 [2003] : 12) pour désigner « l’ensemble des éléments qui s’organisent, pour un groupe donné mais à son insu, en une unité significative ». À partir de cas concrets, il pourra s’agir de montrer comment la notion de déni de réalité contribue à la constitution d’unités significatives dans des organisations et/ou des sociétés. Il pourra également s’agir d’interroger ce qui se passe quand certains éléments de réalité ne peuvent plus être déniés.

À l’ère des « fake news  », il pourra aussi être intéressant de considérer la question suivante : comment le phénomène du déni de réalité éclaire-t-il nos manières de croire ? Sur quels supports s’appuie-t-il ?

Une troisième piste peut être de considérer l’influence du déni sur le rapport du sujet à la fiction (littéraire, cinématographique, théâtrale, ludique), à un moment de la vie d’une personne ou une époque donnés ou/et dans le temps.

Déni et action sur le réel

Le déni de réalité constitue un refus de certaines perceptions issues du réel. Qu’advient-il de celles-ci ? On pourra montrer si, et comment, le déni participe de la construction de ’réalités alternatives’, et sur quoi s’appuie ce processus. Par exemple, le déni pourrait-il aider à comprendre certains choix architecturaux ou d’aménagement ne semblant pas tenir compte de la fonction d’un bâtiment [2] ? Et le cas échéant, comment ce processus se construit-il ? Les réalités déniées ressurgissent-elles ? De quelles façons et avec quel effet ?

On pourra aussi éclairer l’apport du déni pour l’engagement dans l’action, individuelle ou collective. Par exemple, pourra être étudiée l’influence du déni de réalité comme facteur de « servitude volontaire » (La Boétie, 2008 [1576]), de violence (y compris de violence symbolique) et/ou de résistance, notamment en situation extrême, « quand nous sommes soudain catapultés dans un ensemble de conditions de vie où nos valeurs et nos mécanismes d’adaptation ne fonctionnent plus et où certains d’entre eux mettent même en danger la vie qu’ils étaient censés protéger » (Bettelheim, 1979 : 24) [3].

Par ailleurs, les mots peuvent avoir un effet sur le réel. Dans cette perspective, il sera intéressant d’étudier la polysémie et la valeur sémantique du « déni » : quel(s) sens et connotation(s) accompagnent la mobilisation du terme « déni  », par exemple dans les médias ? Quelle(s) réalité(s) le recours au mot « déni  » contribue-t-il à dessiner, avec quel effet ? Une perspective historique pourra aussi être envisagée.

Ce numéro de la revue ¿ Interrogations ? propose ainsi de montrer la richesse du déni de réalité. La pluridisciplinarité est une manière d’envisager et de préciser cette notion et sa portée, en associant différents points de vue et approches. Les contributions pourront donc émerger d’un ou plusieurs champs disciplinaires (anthropologie, histoire, sociologie, psychanalyse, psychologie, psychosociologie, sciences de l’information et de la communication, sciences de gestion, sciences politiques, sciences du langage, urbanisme, etc.). Elles devront intégrer une dimension théorique et méthodologique et s’appuyer sur différents terrains.

Références bibliographiques
Bettelheim Bruno (1979), Survivre, Paris, Robert Laffont.

Bouffartigue Paul, Pendariès Jean-René, Bouteiller Jacques (2010), « La perception des liens travail/santé. Le rôle des normes de genre et de profession », Revue française de sociologie, Vol. 51, avril-juin, pp. 247-280.

Boullier Dominique (2004), « Au-delà de la croyance : ’je sais bien mais quand même’ », Cosmopolitiques, n°6, mars [en ligne]. http://www.cosmopolitiques.com/node/305 (consulté le 21/01/2018)

Bourdieu Pierre (2001), Langage et pouvoir symbolique, Paris, Seuil.

Bruneteaux Patrick (2013), « La révélation de la zone grise dans la dénégation du passé esclavagiste : Le cas de la muséographie martiniquaise », REVUE Asylon(s), n°11, mai. [en ligne] http://www.reseau-terra.eu/article1283.html (consulté le 01/02/2018).

Coste Florent, Costey Paul, Tangy Lucie (2008), « Consentir : domination, consentement et déni », Tracés. Revue de Sciences humaines, n°14 [en ligne]. http://traces.revues.org/365 (consulté le 21/01/2018)

Cottereau Alain (1999), « Dénis de justice, dénis de réalité : remarques sur la réalité sociale et sa dénégation », dans Gruson Pascale et Dulong Renaud (dir.), L’expérience du déni, Paris, MSH, pp. 159-189.

Collard Damien (2012), « Déni du travail et tyrannie des normes. Quand les normes de service deviennent une fin en soi à la SNCF », Travail et emploi, n° 132, oct.-déc., pp. 35-48.

Farhat John, Bertrand Ogilvie (dir.) (2009 [2006]), Le déni de réalité. Autour de « Je sais bien, mais quand même… » d’Octave Mannoni et « Le Père Noël supplicié » de Claude Lévi-Strauss, Incidence 2, Paris, Le Félin.

Feynie Michel (2012), Le « as if » management. Regard sur le mal-être au travail, Lormont, Le Bord de l’Eau.

Festinger Leon (2017 [1957]), Une théorie de dissonance cognitive, Paris, Enrick B. Editions.

Freud Sigmund (2015 [1927]), « Fétichisme », dans Freud Sigmund, Œuvres complètes, vol. XVIII : 1926-1930, Paris, PUF, pp. 125-131.

Giust-Desprairies Florence (2009 [2003]), L’imaginaire collectif, Toulouse, Érès.

Kaës René (2009), Les alliances inconscientes, Paris, Dunod.

La Boétie (de) Étienne (2008 [1576]), Discours de la servitude volontaire, Paris, Gallimard.

Lambert Frédéric (2013), Je sais bien mais quand même. Essai pour une sémiotique des images et de la croyance, Le Havre, Éditions Non Standard.

Laplanche Jean, Pontalis Jean-Bertrand (2009[1967]), Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, PUF.

Maigret Éric et Macé Éric (2005), Penser les médiacultures. Nouvelles pratiques et nouvelles approches de la représentation du monde, Paris, Armand Colin.

Mannoni Octave (1985 [1969]), « Je sais bien, mais quand même », in Clefs pour l’Imaginaire ou l’Autre Scène, Paris, Seuil, Points, pp. 9-33.

Tuzin Donald (1980), The Voice of the Tambaran : Truth and Illusion in Ilahita Arapesh Religion, Berkeley, University of California Press.

Tuzin Donald (1997), The Cassowary’s Revenge : The Life and Death of Masculinity in a New Guinea Society, Chicago, University of Chicago Press.

Tuzin Donald (2009 [2006]), « Croyances paradoxales : Mannoni, Kwamwi, et la rencontre de deux esprits », Incidence 2, automne, pp. 73-88.

Vandevelde-Rougale Agnès (2017), « Words as masks : about the importance of denial in management », Issues in ethnology and anthropology, n°12, avril, pp. 71-84 [en ligne]. http://www.anthroserbia.org/Journals/Article/2081 (consulté le 22/01/18).

Vandevelde-Rougale Agnès (2018 – à paraître), « Déni de réalité », dans Vandevelde-Rougale Agnès et Fugier Pascal (dir.), Dictionnaire de sociologie clinique, Toulouse, Érès.

Modalités de soumission des articles
Les articles, rédigés aux normes de la revue, devront être envoyés jusqu’au 05 septembre 2018, aux deux adresses électroniques suivantes :

a-vandevelde@orange.fr

roy.jbaptiste@gmail.com

Ils ne devront pas dépasser 50 000 signes (notes et espaces compris) et devront être accompagnés d’un résumé et de cinq mots-clés en français et en anglais.

Les articles devront répondre aux normes de rédaction présentées à l’adresse suivante : http://www.revue-interrogations.org/Recommandations-aux-auteurs

Publication prévue du numéro : juin 2019.

 Appel à contributions permanent
La revue accueille également des articles pour ses différentes rubriques, hors appel à contributions thématique :

♦ La rubrique« Des travaux et des jours » est destinée à des articles présentant des recherches en cours dans lesquels l’auteur met l’accent sur la problématique, les hypothèses, le caractère exploratoire de sa démarche, davantage que sur l’expérimentation et les conclusions de son étude. Ces articles ne doivent pas dépasser 25 000 signes (notes et espaces compris) et être adressés à Émilie Saunier : emiliesaunier@yahoo.fr

♦ La rubrique« Fiches techniques »est destinée à des articles abordant des questions d’ordre méthodologique (sur l’entretien, la recherche documentaire, la position du chercheur dans l’enquête, etc.) ou théorique (présentant des concepts, des paradigmes, des écoles de pensée, etc.) dans une visée pédagogique. Ces articles ne doivent pas non plus dépasser 25 000 signes (notes et espaces compris) et être adressés à Agnès Vandevelde-Rougale : a-vandevelde@orange.fr

♦ La rubrique« Varia », accueille, comme son nom l’indique, des articles qui ne répondent pas aux différents appels à contributions ni aux rubriques précédentes. Ils ne doivent pas dépasser 50 000 signes (notes et espaces compris) et être adressés à Audrey Tuaillon Demésy (audrey.tuaillon-demesy@univ-fcomte.fr) ET Laurent Di Filippo (laurent@di-filippo.fr).

♦ Enfin, la dernière partie de la revue recueille des« Notes de lecture »dans lesquelles un ouvrage peut être présenté de manière synthétique mais aussi critiqué, la note pouvant ainsi constituer un coup de cœur ou, au contraire, un coup de gueule ! Elle peut aller jusqu’à 12 000 signes(notes et espaces compris) et être adressée à Florent Schepens : schepens.f@wanadoo.fr.

Par ailleurs, les auteurs peuvent nous adresser leur ouvrage pour que la revue en rédige une note de lecture à l’adresse suivante : Sébastien Haissat, UPFR Sports, 31 Chemin de l’Epitaphe – F, 25 000 Besançon. Cette proposition ne peut être prise comme un engagement contractuel de la part de la revue. Les ouvrages, qu’ils soient ou non recensés, ne seront pas retournés à leurs auteurs ou éditeurs.

Notes
[1] Ce terme s’inscrit dans la filiation des Cultural studies  ; il recouvre les cultures nées des échanges entre cultures d’élites et cultures populaires, et exerçant, via les médias, une influence sur l’opinion publique, les goûts, les valeurs.

[2] Par exemple un bâtiment destiné à accueillir des visiteurs mais dont la fragilité structurelle contraint ses administrateurs à restreindre l’accès du public.

[3] Cité dans : Tradavel Sébastien, Zawieja Philippe, Guarnieri Franck (2018 – à paraître), « Situation extrême », dans Vandevelde-Rougale Agnès et Fugier Pascal (dir.), Dictionnaire de sociologie clinique, Toulouse, Érès.

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Les Fabriques des Histoires

Publié le 3 Décembre 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Carole Brandon, La Princesse et son Mac,  Master ®MIX n°113, PART-i 3

Carole Brandon, La Princesse et son Mac, Master ®MIX n°113, PART-i 3

APPEL À COMMUNICATION
TEXTE & IMAGE 5 : LES FABRIQUES DES HISTOIRES
Colloque Mardi 16 et mercredi 17 octobre 2018 / USMB / Chambéry Jacob-Bellecombette

Comment rendre visible l’environnement qui nous entoure et le corps qui nous ®-CONSTITUE ?+) Peut-être à travers quelque unes des nombreuses connexions qui le composent ?+) Mais peut-être également en nous donnant la possibilité d’en prendre conscience ?+) Comment expérimenter un savoir apprendre et savoir prendre le droit dans la figure de l’Autre l’obtention d’un consentement à SE ®-VOIR pour apprendre doucement à se visualiser — à apprendre à prendre une place — dans ce monde englobant et globalisé ou tout simplement à LE ®-VOIR, le décrypter pour se ®-CONNAÎTRE tout en risquant chaque fois un peu plus de se perdre ?+) Comment habiter, se ®-CONSTRUIRE une histoire dans l’histoire de l’Autre ?+) Comment la fiction, l’identité en réseau, les usages et les comportements que nous ®-PRODUISONS dans notre quotidien (- ! l’avatar, la mise en scène de soi, la fable ou la légende mais aussi la data visualisation !-) au jour du i (-! au jour d’une information dé-pliée simultanément sur plusieurs médias, tournant autour d’un JE surexposé !-) nous définit dans un champ des possibles, nous invente en i-RÉEL, c’est-à-dire dans un TOUT ®-LIÉ par l’information, mêlant constamment vivant et donnée numérique ?+) 

Prenons ainsi l’exemple du Désert de Retz. La formidable fascination que nous offre une promenade dans ce lieu hybride — à mi-chemin entre un jardin philosophique et un dispositif de livre augmenté livré grandeur nature et à ciel ouvert — nous propose d’abord un scénario, sur site, de références organisées en hyperliens et de signes opératoires . Ce paysage artificiel déployé devant nous, nous force à comprendre comment les différents points de vue que nous allons découvrir pas à pas, expérimenter, s’imbriquent et s’enchaînent pour construire une pensée cohérente, une vision entre rêve et expérience. Imaginé en 1774 par François Racine de Monville, à proximité des jardins de Versailles, il nécessite indubitablement d’être éprouvé sans a priori, sans schéma ou stratégie préalable. L’idée de perdre. Et se perdre. 

Alors quelle serait l’importance d’inventer des dispositifs, des lieux de perdition, de perdre un horizon, se perdre afin de se ®-TROUVER pour comprendre ce qui relèverait d’une actualité en réseaux ?+) Pourquoi ce Désert de Retz signalerait encore une actualité brûlante ?+) En évitant les questions liées au hasard objectif cher aux surréalistes, les chemins de l’information (utilisés aussi désormais comme matériau artistique), dessinent des Parkours complexes, des demeures numériques, des univers de JE-U au travers de labyrinthes phénoménologiques, peut-être à l’instar de cette fantasmagorie minérale et végétale. Car dans, devant toutes ces architextures émotionnelles — anciennes comme contemporaines — le CORPS S’AFFRONTE sans cesse À L’INFORMATION. Les raisons sont multiples. Tout d’abord, nous traversons continuellement des paysages en ruine, incomplets, des histoires sans fin. En effet, les relations systémiques que nous pouvons entrevoir à travers les paradigmes qui animent notre monde contemporain, ne nous laissent souvent que peu de chance d’avoir une vue d’ensemble. 

Pour se ®-METTRE doucement dans une situation critique, il faut emprunter peut-être le chemin de la fiction, s’attacher à la métaphore, plonger dans une histoire à ®-BONDS puisque nos points de vue sont nécessairement tronqués, mangés par différents accidents qui les actualisent. Soit par manque de visibilité, soit parce qu’ils donnent lieu à des dispositifs in/visibles qui — même lorsque nous avons affaire à des œuvres artistiques !+) — ne prennent pas ou peu en compte l’ensemble des éléments relationnels entrant dans la ®-COMPOSITION même de ces dispositifs. Des scénarios sont ainsi nécessaires entre TEXTE et IMAGE, entre ART et INFORMATION.

La question de la fabrique serait ainsi à prendre dans son double sens de fabriquer ; fabriquer des histoires, des échanges, des scénarios transcendants notre quotidien pour ®-ENCHANTER notre environnement, notre existence afin de stimuler nos interrogations et fabriquer un lieu de l’œuvre, le cadre d’un dispositif artistique comme architexture de liens dynamiques. Il poursuit, en ce sens le travail déjà engagé avec le colloque TEXTE & IMAGE 4 / Architexture Poétique & Humanisme Numérique qui s’est tenu à La Valette, en mars 2016. https://www.facebook.com/events/1830301813925976/ 

Colloque International organisé par les laboratoires LLSETI, CIEREC et PARAGRAPHE… 

Organisation :
— Vincent Ciciliato / CIEREC / UJM / Saint-Étienne
— Alexandre Matei / Université Ovidius / Constanța
— Richard Spiteri / Université de Malte
— Marc Veyrat / LLSETI / USMB / Chambéry

Comité scientifique
— Dominique Lagorgette / LLSETI / USMB / Chambéry
— Ghislaine Chabert / LLSETI / USMB / Chambéry
— Marc Veyrat / LLSETI / USMB / Chambéry
— Carole Brandon / LLSETI / USMB / Chambéry
— Danièle Méaux / CIEREC / UJM / Saint-Étienne
— Anolga Rodionoff / CIEREC / UJM / Saint-Étienne
— Vincent Ciciliato / CIEREC / UJM / Saint-Étienne
— Richard Spiteri / Université de Malte
— Alexandre Matei / Université Ovidius / Constanța
— Ghislaine Azémard / PARAGRAPHE / Université Paris 8
— Laure Leroy / PARAGRAPHE / Université Paris 8

Les contributions attendues exploreront différents aspects de cette problématique ouverte et de ses axes en élaborant leur réflexion à partir d’études précises, de dispositifs ou de démarches originales. Nous valoriserons les perspectives interdisciplinaires et intersectorielles. Nous attendons avant le lundi 26 février 2018 vos propositions de communications entre 150 et 200 mots maximum. Celles-ci seront accompagnées d’un bref CV. Merci de les renvoyer à imateriel@gmail.com

Lundi 30 avril 2018 : retour sur les propositions.
Lundi 03 septembre 2018 : rendu du texte définitif.

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Puissances esthétiques du virtuel : dispositif, forme, pensée.

Publié le 18 Octobre 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Puissances esthétiques du virtuel : dispositif, forme, pensée.

Colloque International, Université Paris-3 Sorbonne Nouvelle, IRCAV
Du 28 au 30 mars 2018 (INHA, Paris)
Date limite d’envoi des propositions : vendredi 10 novembre 2017
English version below
 
Qu’est-ce que le virtuel et qu’est-ce que l’esthétique du virtuel, au-delà même de leur manifestation à travers l’innovation technologique et de leur incarnation par le biais des nouveaux médias ? Quelle est leur généalogie et quelle est cette pensée du réel et de l’art qui s’incarne au juste avec les avancées technologiques, quels sont leurs enjeux aussi bien esthétiques, qu’éthiques, politiques, médiatiques et plus profondément philosophiques ?
L’intégration massive des dispositifs virtuels dans tous les domaines de la société ou le « mouvement général de virtualisation » (Pierre Lévy) affecte non seulement son fonctionnement mais aussi la pensée même de son organisation, reconfigure les rapports entre les médias et la politique (post-truth politics), entre les procédés de création et ceux de communication, réinvente l’idée même de l’enseignement et de la transmission du savoir (« l’intelligence inventive se mesure selon la distance au savoir », Michel Serres, Petite poucette) et influe directement sur le domaine de l’industrie et de l’esthétique cinématographique et celui des arts de façon plus générale. Si toute rupture dans la manière de faire de l’art nécessite une rupture dans la manière de le penser (Jacques Rancière, Malaise dans l’esthétique), pourrait-on alors essayer de concevoir l’impact du virtuel avec sa juste part de virtualité, en définissant le double mouvement d’interdépendance entre la technologie et le concept même en tant qu’idée philosophique forte : une pensée à l’origine de la technique, une technique au service de l’établissement et de la mutation de la pensée ?
Il semble donc nécessaire de définir et d’historiciser aujourd’hui cette notion esthétique complexe qui s’étend au-delà ou en-deçà de son attachement direct aux nouvelles technologies. Le but de ce colloque est de mieux cerner le concept de virtuel, notion très riche et pour cette raison encore très incertaine, afin de tracer une cartographie conceptuelle de ses problématiques philosophiques et théoriques pour mieux s’orienter dans l’esthétique, les technologies et les arts contemporains.
Le premier axe de réflexion concerne donc la question de l’origine philosophique du virtuel. La notion de virtuel, qui dérive du latin virtus, la vertu et la force, est originellement associé en philosophie au terme de puissance. La tradition classique se base sur la conception du terme Dynamis d’après Aristote, qui désigne toute forme de pouvoir, de force. Telle puissance, passive (pathètikè) ou active (poiètikè) est toujours liée à l’acte (energeia), le passage d’un état potentiel à un état actuel. La puissance est du côté de la matière, tandis que l’acte se réalise dans la forme - l’essence qui précède la puissance, l’idée de forme étant déjà inscrite dans cette dernière (doctrine du « premier moteur immobile », origine comme acte pur). Deleuze, et avant lui Bergson, renverse la position classique et remplace "puissance" par "virtuel", en proposant la double opposition célèbre : « si le réel s’oppose au possible, le virtuel, quant à lui, s’oppose à l’actuel » (Différence et Répétition). Deleuze dote ainsi le virtuel « de pleine réalité, en tant que virtuel » et propose de considérer tout objet comme ayant « une de ces parties dans le virtuel », qui loin d’être indéterminé constituerait plutôt une dimension objective à l’origine du procédé d’actualisation. Plus récemment, Pierre Lévy oriente la réflexion sur la définition du mouvement concomitant, celui de virtualisation et le définit en tant que problématisation c’est-à-dire qu’« au lieu de se définir par son actualité (une "solution"), l’entité trouve désormais sa consistance essentielle dans un champ problématique. » (Pierre Lévy, Sur les chemins du virtuel) Le virtuel est donc tour à tour puissance, pleine réalité, problématisation. Ainsi nous voudrions retracer une généalogie du concept de virtuel à travers la définition des problématiques philosophiques qui le composent et auxquelles il se rapporte.
Le deuxième axe propose de réfléchir sur la définition de l’esthétique du virtuel de manière générale et sur l’esthétique virtuelle cinématographique de manière plus particulière. Trois questions esthétiques majeures attirent notre attention : le thème de la fiction, la préexistence du virtuel dans le cinéma argentique (et, de manière plus large, dans les arts plastiques) et la nécessité d’une meilleure définition des formes filmiques contemporaines ainsi que de formulation d’un nouveau vocabulaire cinématographique lié au développement des nouvelles technologies.
            La question de la fiction se pose comme un des vecteurs principaux de virtualisation. De quelle manière les dispositifs virtuels, en tant que moyens de productivité autonome, redéfinissent le concept de fiction au niveau esthétique ? Comment la fiction audiovisuelle de nos jours manifeste une ouverture d’espaces de liberté encore inexplorés par le récit traditionnel?
            La généalogie de l’esthétique du virtuel se pose aussi dans le cinéma argentique ou, de manière plus large, dans l’art objectal. Suite à des travaux de Lev Manovich, par exemple, qui considère Vertov comme « un important cinéaste de bases de données », mais aussi à partir de réflexions plus abstraites autour de la définition même de l’image cinématographique, nous aimerions réfléchir sur les prémices des manifestations techniques, plastiques et conceptuelles du virtuel au cinéma avant même l’apparition des nouvelles technologies.
            Enfin, on observe aujourd’hui l’insuffisance du vocabulaire d’analyse filmique, l’extrême malléabilité de l’image modifiant la notion même du plan, refusant son autorité en tant qu’unité fondamentale du cinéma. Peut-on encore évoquer les termes de « travelling », de « point de vue », de « plan-séquence » en rapport aux images générées par l’ordinateur ? Quelle est l’instance énonciatrice de ces images ? Quel type de définitions pour de nouvelles formes filmiques virtuelles ou les formes qui leur sont apparentées ?
Le troisième axe concerne plus directement les dispositifs virtuels de production, de diffusion et de conservation, cette dernière constituant une des préoccupations actuelles d'une importance primordiale tant du côté institutionnel qu'artistique, tandis que la toute récente polémique créée au Festival de Cannes autour du film Okja de Bong Joon-ho financé par la plate-forme américaine de vidéo à la demande Netflix, pose directement la question de la réorganisation de la filière cinématographique dans son ensemble et confirme la nécessité de revoir la définition du dispositif cinématographique (Gaudreault, Marion, Soulez), de l’industrie cinématographique et de son économie. Quels sont donc les enjeux aussi bien esthétiques, éthiques que politiques d’une nouvelle économie virtuelle ?
 
Ce travail de réflexion commune sera finalisé par une publication des actes du colloque.
Les propositions de communication en français ou en anglais (de 500 à 800 mots maximum) sont à envoyer à l’adresse suivante colloquevirtuel@gmail.com et doivent s’inscrire dans une des catégories théoriques proposées, sans pour autant être tenues de respecter les sous-catégories, présentées à titre indicatif. Merci de bien vouloir indiquer la catégorie choisie ainsi que de nous faire parvenir un bref cv de 10 lignes.

Date limite: le 10 novembre 2017.


Catégories de réflexion du colloque :
I.      Histoire, archéologie et politique du concept de virtuel.
-        Proposition d’historisation et de définition du concept de virtuel en philosophie depuis ses origines, recherche des concepts apparentés qui contribuent à sa constitution et à sa diffusion.
-        Retour sur la notion de virtuel à partir de la réflexion de la philosophie contemporaine (Kierkegaard, Bergson, Bloch, Deleuze, Serres, Lévy, Souriau, Simondon, Châtelet, etc.)
II.   Vers une esthétique du virtuel.
-        Théories et analyse de la dimension esthétique du virtuel.
-        Problèmes du vocabulaire esthétique du virtuel (qu’est-ce qu’une forme virtuelle, etc.)
-        Définition de l’art virtuel, question de la perméabilité des frontières (réalité virtuelle et augmentée, créations numériques, GIF, site internet évolutif Gorgomancy de Chris Marker, cinéma 4 D, etc.)
-        Virtualité de la fiction dans les médias et les arts. Le concept de post-vérité.
III.  La virtualisation des formes filmiques. Esthétique du virtuel au cinéma.
-        Histoire esthétique et technique de l’évolution du virtuel au cinéma (cinéma virtuel, motion capture) versus esthétique du virtuel (présence du virtuel dans le cinéma argentique).
-        Redéfinition des formes filmiques contemporaines à partir de la notion et des innovations techniques et conceptuelles du virtuel.
-        Evolution technique et son influence sur l’esthétique du film. 
-        Repenser le vocabulaire de l’analyse filmique à l’aune du virtuel : problèmes de vocabulaire (notions de plan, de plan-séquence, de montage, de mixage d’images, de l’instance qui « filme » ou génère des images, etc.)
IV.    La virtualisation de l’objet film, de son dispositif et de l’institution cinématographique.
1.     Théories d’éclatement des dispositifs, problèmes d’exploitation et de diffusion.
-        « Cinéma éclaté » comme virtualisation du dispositif.
-        Recherche de la définition-limite pour penser la distance entre le dispositif « d’accueil » et celui faisant partie intégrante de l’œuvre.
-        Recherche autour des problèmes éthiques que pose le procédé de virtualisation de l’objet film et de la filière cinématographique.
2.     Problèmes de conservation.
-        Déterminer les enjeux et les problèmes liés à la conservation des archives cinématographiques et audiovisuelles numériques (INA, La Cinémathèque Française, Centre Pompidou, BnF, etc.) et des œuvres numériques.
 
Bibliographie indicative, non exhaustive.  
Aristote, Métaphysique, présentation et traduction par Marie-Paul Duminil et Annick Jaulin, Paris, Flammarion, 2008.
Henri Bergson, La Pensée et le mouvant, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2005 (1934).         
Etienne Souriau, Les différents modes d’existence, Paris, PUF, coll. « MétaphysiqueS », 2009 (1943).
Gilles Deleuze, Différence et répétition, Paris, PUF, coll. « Épiméthée », Paris, 2003 (1968).
Michel Serres, Atlas, Paris, Julliard, 1994.
Pierre Lévy, Qu’est-ce que le virtuel ?, Paris, La Découverte, 1995.
Lev Manovich, Le langage des nouveaux médias, Dijon, Les Presses du réel, 2010 (2001).
David Rodowick, The Virtual life of Film, Harvard University Press, Cambridge, MA: Harvard University Press, 2007.
Angel Quintana, Virtuel?, à l'ère du numérique, le cinéma est toujours le plus réaliste des arts, Paris, Cahiers du cinéma, 2008.
André Gaudreault et Philippe Marion, La Fin du cinéma ? Un média en crise à l’ère du numérique, Paris, Armand Colin, 2013.
Jacques Aumont, Limites de la fiction, Considérations actuelles sur l’état du cinéma, Paris, Bayard, 2014.
Notices « Virtuel » de Aurélie Ledoux, et « Fiction » de Serge Chauvin, dans le Dictionnaire de la pensée du cinéma, Antoine de Baecque, Philippe Chevallier (dir.), PUF, 2012.
 
Comité scientifique :
Jacques Aumont
Jean-Michel Durafour
Antoine Gaudin
Olga Kobryn
Massimo Olivero
Guillaume Soulez
Angel Quintana
 

Avec le soutien de :
IRCAV (Institut de Recherche sur le Cinéma et l’Audiovisuel), Université Sorbonne Nouvelle - Paris III 
Call for papers
 
International Conference, Université Paris-3 Sorbonne Nouvelle, IRCAV
28-30 March 2018 (INHA, Paris)

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Mondes (im)possibles

Publié le 17 Octobre 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Mondes (im)possibles

Appel à contribution: Mondes (im)possibles


Revue de Philologie et de Communication interculturelle
ISSN 2558-8478
ISSN-L 2558-8478
Sortie prévue décembre 2017
Numéro coordonné par Adela Livia Catana et Daniela Mirea


La Revue de Philologie et de Communication interculturelle lance un appel à contribution pour son 3eme numéro intitulé  Mondes (im)possibles. Le comité de rédaction  invite tous les chercheurs intéressés par le sujet à envoyer leurs propositions aux responsables de ce numéro à paraître au mois de décembre 2017.  Plusieurs axes de recherche sont envisagés :
- Fictions et mondes possibles
- Utopies, dystopies, eutopies
- Mondes contrefactuels
- Mondes parallèles
- Sémantique des mondes possibles
- Existant et non-existant
- Le statut ontologique du non–existant
- Rêve et réalité
- Les contes de fées
- Science-fiction et fantasy...


Ces axes ne sont pas exclusifs, toutes les contributions traitant le sujet proposé seront bienvenues.
La rubrique Varia publie des articles hors-thème dans le domaine des Lettres, de la Communication interculturelle, de la Didactique des Langues.  Les approches interdisciplinaires sont encouragées.
 
Modalités de soumission:
Les contributions, inédites et rédigées en français, anglais et roumain, sont à envoyer conjointement avant le 1er novembre  2017, accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique et du laboratoire d’affiliation de l’auteur (e) à :
Adela Catana, adela.catana@yahoo.com
Daniela Mirea, daniela_mirea@yahoo.com


Le résumé de l’article sera rédigé en anglais et sera accompagné de cinq mots-clefs.
Les articles feront l’objet d’une évaluation à double insu par des pairs.
Les auteurs sont censés suivre le protocole de rédaction consultable à l’adresse :
www.llcs.journal.mta.ro


RESPONSABLE : Academie Technique Militaire
URL DE RÉFÉRENCEhttp://www.llcs.journal.mta.ro
ADRESSEBucarest

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Appel à contribution: BRAIN and BODY, IT IS TIME TO WORK TOGETHER

Publié le 14 Octobre 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Appel à contribution:  BRAIN and BODY, IT IS TIME TO WORK TOGETHER

La représentation du corps a toujours été intimement liée au monde de l’art. Soumis aux canons de beauté, à l’esthétique, à l’harmonie et aux idéaux, le corps est sans cesse réinterrogé. Avec l’arrivé de la modernité, l’apparition de nouvelles caractéristiques font leur apparition proposant des œuvres polémiques et subversives. L’idée du Beau se voit remis en cause et avec lui la vraisemblance et la notion des proportions. Dès lors, la représentation du corps se voit disloquée, morcelée, géométrisée, défigurée, stylisée, s’affranchissant même de la représentation elle-même. Aujourd’hui, le corps est présence, telle une trace tangible du corps de l’artiste à l’œuvre, du corps du modèle à l’œuvre, du corps du public à l’œuvre. Cette présence est mise en écho à l’interface articulant, dans la tradition cartésienne, le divin et le matériel, l’esprit et le corps : le cerveau. Le cerveau humain stocke, apprend, comprend, traduit, métabolise, il en est arrivé au stade où il est devenu son propre sujet d’étude. Le cerveau, producteur de pensée, d’affects et de tendances, est devenu objet d’étude, qui pense à être modifier, voir augmenté, de la même manière que l’ensemble du corps. Aujourd’hui, le cerveau commence à nous livrer les secrets de son fonctionnement. Ses découvertes viennent modifier notre faculté de connaître et nos croyances. 
Le cerveau et le corps sont encore trop souvent abordés de manière dualiste. Pourtant comprendre l’intimité de cette relation corps-cerveau et les interactions complexes c'est percevoir l'individu dans sa globalité, en avoir une vision holistique. Les progrès effectués dans la recherche fondamentale et clinique ont permis de mettre en évidence ces relations étroites. L'art n'est pas en reste, mais ses réflexions, ses visions, ses utilisations ne se diffuse que difficilement dans le milieu scientifique. Nous sommes convaincus qu'un dialogue fructueux peut être établit sur ce thème entre art et science. C'est pourquoi nous avons décidé d'éditer une revue numérique dédiée au sujet. L’édition de cette revue se fera en parallèle du congrès BRAIN and BODY, IT IS TIME TO WORK TOGETHER.

Les axes :
-    L’immersion ;
-    Les perceptions ;
-    Les mouvements ;
-    Les émotions et les affects…

Contribution :
Nous vous invitons à contribuer à cette revue que cela soit par le biais d'articles ou de créations : 

a) Articles : 
Texte (minimum 3000 signes), photographies et/ou graphiques (300DPI, couleurs, libre de droit).
b) Créations ; 
Vous pourrez nous transmette vos créations par le voie numérique ou par le biais de copier haute qualité. Elles devront être légendées (maximum 3000 caractère espace inclus).

Calendrier :
Réception des propositions : 15 Octobre 2017 au 01 Février 2018

Comité scientifique
-    Bernard Anaïs (Université de Strasbourg)
-    Van Hove Olivier (Human Body in Motion)

Boite d’envoie
hbimmersion@gmail.com
 

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CORPS ET ECRAN

Publié le 1 Octobre 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

MARTA BUDKIEWICZ, projection vidéo simultanée sur deux écrans, 13'13“, capture d'écran, exposition à l'ENSBA, 2004

MARTA BUDKIEWICZ, projection vidéo simultanée sur deux écrans, 13'13“, capture d'écran, exposition à l'ENSBA, 2004

A la suite du colloque 2016 sur la présence par écran, le colloque IMPEC 2018 (du 4-6 juillet 2018, à l'ENS de Lyon) se centre sur les relations entre corps et écrans. Les innovations constantes dans le domaine du numérique amènent en effet à configurer les relations corps et écrans de façon nouvelle qu’il s’agisse de situations de jeux, de travail, de communication. Dans nos travaux d’analyse ces nouvelles relations seront étudiées à partir des quatre sous-thèmes suivants :

1/ Le corps dans les interactions par écran

Les perceptions corporelles éprouvées dans le face à face par écran diffèrent de celles du face à face présentiel. On ne peut pas sentir l’autre ou bien le toucher directement, en revanche, on peut ajuster la représentation de son propre corps ou celui de l’autre à l’écran et agir ainsi sur la manière dont on voit ou on est perçu. Le dispositif induit un positionnement du corps plus ou moins statique (visioconférence) ou dynamique (jeux vidéos Wii, avec le bras, Kinect avec tout le corps).

Quels sens sont sollicités de façon préférentielle dans les interactions par écran ? Comment sont remplacées ou compensées les perceptions absentes (olfaction, goût et toucher) ? Quel est le statut particulier du toucher (puisque de nombreuses interfaces permettent d’agir sur l'application en touchant l’écran) ? Comment ces particularités sensorielles peuvent-elles être utilisées ? Quelles exploitations sociales ou médicales du corps stimulé peuvent être proposées par les jeux vidéos à l’écran pour des publics spécifiques (seniors, autistes,...) ?

2/ Le corps à l’écran

Dans les interactions par écran, le corps n’est visible et audible que partiellement (image partielle, voix modifiée). Il peut également être montré avec des transformations (image figée, distorsion du son ou de la voix) ou bien être représenté par un avatar (notamment dans les jeux vidéo, les mondes virtuels, les médias sociaux ...).

Quelles conséquences a le fait de se voir soi-même dans une situation de visio-conférence ? Quel ressenti émotionnel est attaché à la vision de l’image synchrone des proches ? Quel est le lien entre le choix de l’avatar et l’image que l’on cherche à montrer de soi ? De quelle façon les transformations du corps engendrent-elles ou non des effets sur l’interaction en cours ?   

3/ Le corps à travers l’écran : corps augmenté et corps “virtuel”

Grâce à différents artefacts (manettes, prothèses, casques, etc.), l’écran devient potentiellement un prolongement du corps, comme lors de l’immersion dans un monde virtuel avec des google glasses ou le contrôle des actions dans un jeu vidéo avec son corps (Kinect).

Par ailleurs, les écrans peuvent nous présenter des informations concernant notre corps, notamment dans les applications de suivi médical, de coaching sportif etc. (soi augmenté, quantified self).

Comment passe-t-on d’un monde à l’autre et comment gère-t-on ces passages “entre les mondes”, par exemple par rapport à une éventuelle perte de repères ? Peut-on différencier des degrés d’immersion ?  

Quels sont les effets et les usages que l’on fait des informations concernant notre corps ? Quels sont les apports et les limites de ces informations?

4/ Le corps de l’écran

La matérialité, les tailles, les différentes formes et les affordances de l’écran pourront également être interrogées. Par exemple, la taille d’un robot de téléprésence ainsi que sa position dans une salle peut-elle influencer son statut dans l’interaction ?

De manière plus générale, peut-on parler du corps de l’écran ? L’écran peut-il être considéré comme agent ? Et si oui, de quelle manière, dans quelles situations, et jusqu’à quel point ? 

D'autres questions liées à la relation corps-écrans pourront également intéresser l'édition 2018.

Ce colloque est vraiment pensé pour travailler dans l’interdisciplinarité : nous encourageons donc toutes les personnes intéressés par la relation corps-écrans à venir dialoguer avec nous lors de cette prochaine édition.

Modalités de soumission

Pour les modalités de soumissions, veuillez vous rendre sur cette page : https://impec.sciencesconf.org/resource/page/id/10
La date finale pour envoyer votre soumission est le 6 octobre 2017. Le dépôt est uniquement en ligne sur ce site.
Pour nous écrire, une adresse unique : groupe.impec@gmail.com

*********
>>> Appel à publication d’articles dans la revue Interfaces Numériques (parution juin 2018) <<<

L'appel à contribution détaillé du volume 8, n°2/2018, de la revue Interfaces Numériques à paraître en Juin 2018 sur le Thème "Le corps et ses métamorphoses à l'ère numérique" sous la direction de Samira Ibnelkaïd et Isabel Colón de Carvajal.

Ce nouveau numéro interrogera, à partir d'une analyse critique, les mutations contemporaines de la corporéité à travers la tekhnê. Il s'agit de répondre à des problématiques telles que :

  • Dans quelles mesures les activités et écosystèmes physico-numériques au sein desquels le corps est engagé modifient-ils le schéma corporel ?
  • Quelles déconstructions et reconstructions de la notion de corps sont-elles envisageables sans succomber aux dérives posthumanistes ?
  • Comment penser l’effacement des frontières corporelles et la complexité de la corporéité contemporaine et à venir ?
  • Jusqu’où le corps est-il éthiquement métamorphosable ?
  • Comment définir les conséquences des métamorphoses du corps sur le rapport à soi, les liens sociaux, les relations à l’environnement et le design numérique ?

Les personnes intéressées à soumettre une proposition de communication au colloque IMPEC 2018 sont invitées à faire en parallèle une proposition sous format “article avec comité de lecture”

Les propositions d’article sont attendues pour le 1er Octobre 2017 au plus tard.

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No age, please, we’re post-human! Posthumain et culture de jeunesse

Publié le 2 Juillet 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

No age, please, we’re post-human! Posthumain et culture de jeunesse

No age, please, we’re post-human!
Posthumain et culture de jeunesse

Jeudi 8 et vendredi 9 mars 2018
Université de Lorraine, Nancy
Laboratoire Littératures, Imaginaire, Sociétés (LIS – E.A. 7305)

 

« If adolescence is the time when one considers what it means to be human, to be an individual, then there has never been a period of history when it has been more difficult to figure this out than now. Being introduced to and understanding the posthuman age is essential for young adults, as it is their future. »
Si le posthumain a fait l’objet d’une riche investigation universitaire ces dernières années, ses liens avec la culture jeune n’ont quant à eux été que peu exploités, alors même que l’un semble nécessairement problématiser l’autre. Après tout, pour reprendre Elaine Ostry, comment et pourquoi user du ‘moment adolescent’ pour devenir humain et interroger son humanité quand les adultes se préparent (et nous préparent) déjà à la posthumanité ? Quelle valeur prend l’âge métamorphique de l’adolescence à l’heure de la fin de l’homme qu’évoque Fukuyama en 2002 dans Our Posthuman Future ?
Par ailleurs, qu’il s’agisse de génétique ou de neuropharmacologie, Fukuyama pense le posthumain à l’aune des effets produits sur l’enfance et l’adolescence, tandis que la question posée par Jean-Michel Besnier en 2009 en sous-titre à Demain les posthumains, « Le futur a-til encore besoin de nous ? », suppose l’obsolescence de notre besoin de jeunesse par péremption de l’idée même de devenir.


Dès lors, deux grandes approches se dessinent. Il s’agit d’une part d’examiner comment la question du posthumain est traitée dans les productions de jeunesse : génétique, adieu au corps, contrôle comportemental, mécanisation et machinisation de l’individu (le cyborg, le robot), intimité numérique (parler de digital native pour désigner ces générations induit une redéfinition par le technologique), construction d’identité de sexe (« No sex, please, we’re
posthuman », écrivait Slavoj Zizek, dont nous reprenons en titre la formule) et de genre (les travaux de Donna Haraway), éveil et renouvellement des sens (le bodyhacking), inscription dans le champ du collectif (utopie, dystopie)… Il apparaît en effet que les enjeux du temps posthumain rejoignent ceux du temps de la jeunesse, et peut-être plus spécifiquement encore du temps de l’adolescence. Celle-ci, prise entre métamorphose sociale et métamorphose biologique du devenir-adulte, double la renégociation qui définit selon Després et Machinal la condition posthumaine : « Le posthumanisme n’est pas la fin de l’homme, mais plutôt une renégociation, un questionnement, un travail sur et avec la condition humaine et la tradition humaniste ». C’est donc au titre de cette renégociation que la jeunesse doit être questionnée comme espace privilégié de réflexion sur le posthumain.


D’autre part, il s’agit de comprendre comment le posthumain peut lui-même être pensé à partir d’une approche culturaliste de la jeunesse. Celle-ci, en tant que sujet, outil de fabrication et lieu de projection du futur, semble propice à penser le post, ainsi qu’à penser nos résistances face au posthumain. La jeunesse, territoire physique et moral sacralisé, relève de l’intouchable et contreviendrait par nature aux modifications inhérentes au devenir posthumain, produisant un étrange tabou : la modification peut être pré-natale ou post-adolescence, mais ne saurait toucher l’âge préservé de l’enfance et de l’adolescence.
L’état métamorphique de l’adolescence est alors à remettre en perspective : l’idéal de croissance, de développement et de potentiel qu’il suppose  a certes été érigé en mesure des attentes sociales du monde hypermoderne, mais se trouve néanmoins mis en défaut par le paradigme posthumain, acceptation de « notre destinée en tant que créatures qui se modifient elles-mêmes ». La métamorphose malgré soi que représente l’adolescence, fonctionnant comme un surgissement, fait-elle de cette adolescence un modèle obsolète à l’heure des modifications programmées ?
Le retour, par le modèle adolescent, du refoulé naturel – l’incontrôlé, le non-programmé, la plasticité autonome – favoriserait l’émergence d’une culture de jeunesse propre à penser les stratégies de résistance vis-à-vis de ce destin posthumain, tout en faisant paradoxalement figure d’aboutissement de ce même destin. En effet, à l’heure où se propagent les discours sur « la mort de la mort », la jeunesse n’aurait plus lieu d’être spécifiée, puisqu’elle serait recouvrement de tout dans l’éloignement du vieillir physique et la conjuration fantasmée du « vieillissement du vécu subjectif  ». Le posthumain est-il post-âge, ou peut-il au contraire être pensé de manière spécifique par le prisme de nos représentations de la jeunesse et des productions et modes de consommation de la culture jeune ?


Modalités de soumission : La manifestation se veut interdisciplinaire – voire, pourquoi pas, post-disciplinaire. Les propositions, d’une quinzaine de lignes environ et suivies de quelques lignes de présentation de l’auteur-e, sont à envoyer pour le 01 octobre 2017 aux deux adresses suivantes : anne.cousseau@univ-lorraine.fr et matthieu.freyheit@gmail.com


Comité scientifique
Isabelle Boof-Vermesse (Université Lille 3 Charles de Gaulle)
Jean-François Chassay (Université du Québec à Montréal)
Christian Chelebourg (Université de Lorraine)
Anne Cousseau (Université de Lorraine)
Elaine Després (Université du Québec à Montréal)
Matthieu Freyheit (Université de Lorraine)
Hélène Machinal (Université de Bretagne Occidentale)


Organisation : Anne Cousseau et Matthieu Freyheit, LIS (E.A. 7305) 

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VISAGES À CONTRAINTES

Publié le 29 Mai 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

VISAGES À CONTRAINTES

VISAGES À CONTRAINTES - Formes du portrait à l’ère électro-numérique - des années 1960 au début du XXIe siècle

17-18 octobre 2017
Université Jean Monnet - Saint Etienne


ARGUMENTAIRE
Là où il y a visage, il y a problématisation du pouvoir : pouvoirs éthique, politique, esthétique, technique, médiatique (qui est peut-être tout cela à la fois). Rien d’étonnant donc que le visage soit aujourd’hui le théâtre d’autant de déchirements, au travers desquels se pose à nouveau l’éternel conflit entre iconoclasme et iconodulie. L’histoire du visage est celle de l’image et de sa capacité à troubler le réel et sa représentation. Et l’histoire actuelle de sa médiatisation technique – que ce soit du côté de sa reproduction ou de sa réception – nous oblige à en reconsidérer la nature. Le présent colloque se propose donc d’interroger la part active jouée par le champ technologique dans le déplacement, voire la réinvention, depuis les années 1960, du genre classique du portrait.


Comme l’indique à juste titre Hans Belting, « avec l’ère médiatique, l’histoire du visage a pris un nouveau cours » qui se caractérise par sa « consommation effrénée » (Belting 2013). Les visages sont partout, médiatisés par les affiches publicitaires, les magazines, les médias audiovisuels de masse, les réseaux sociaux (selfies, profils Instagram, Facebook etc.) - partout, mais également indifférenciés, par un trop plein de visibilité. Ils débordent également le seul cadre de la représentation en devenant les sujets objectifs de nos machines de vision automatisées : reconnaissance faciale, eye tracking, etc. Même dans leur effacement, leur occultation politique, religieuse, esthétique (Rainer, Bacon, Aziz + Cucher…) les visages sont des appareils symboliques qui supplantent la face comme simple surface en en codifiant les traits (principe de visagéification, pour reprendre la terminologie Deleuzienne). Et c’est là également l’une des fonctions du portrait – en tant que transport du visage : celle de travestir les traits physionomiques en semblant de signification. À la fois « il reproduit, il interpelle et il est fondé de pouvoir » (Nancy 2014).


Si les théories du cinéma, de la vidéo et des nouveaux médias (Deleuze 1983-85, Aumont 1995, Thely 2002, Cauquelin 2003…) ont su problématiser l’articulation entre le domaine technique et la re-présentation du visage - à travers par exemple l’esthétique du gros plan - son histoire s’inscrit dans un héritage plus ancien. En effet, dès le XVe siècle le portrait – considéré comme forme occidentale et profane de figuration du sujet individuel – s’appuie sur une articulation étroite entre visage (du modèle), progrès des techniques de représentation, et interfaces de vision. À titre d’exemple, l’amélioration des techniques de fabrication des miroirs (« miroirs vénitiens »), au début du XVe siècle, permettra au reflet d’investir l’espace de représentation, soit comme objet de production de l’image (le miroir en tant que modèle de figuration), soit comme sujet représenté. Dans le premier cas, le miroir - qui est appareil de vision - permettra, si non l’émergence, du moins le développement de l’autoportrait en tant que forme picturale. Il induira l’émancipation de l’artiste lui conférant le statut de sujet de figuration autonome (Autoportrait de Dürer, de 1500 ; Autoportrait au miroir de Le Parmesan, de 1503). Parallèlement, son inclusion dans l’espace pictural conduira à une redéfinition de la place spectatoriale, en intégrant celle-ci dans le principe de figuration de l’œuvre et en en autorisant la représentation, et par la même occasion la possible portraitisation du spectateur (Les époux Arnolfini de Jan Van Eyck, 1432).


Cette intrication entre donnée technique et représentation du visage sera prolongée au XIXe siècle par l’invention de la photographie et du cinématographe. Puis, au XXe siècle, les « contraintes » technologiques imposées par les appareils de capture et de reproduction provoqueront à la fois l’isolement de la face ainsi que son grossissement (principe du gros plan). Dans la seconde moitié du XXe siècle, l’adoption par les artistes des médias électroniques, puis électro-numériques, mettra en évidence la négociation souvent violente entre le cadre restrictif et contraignant imposé par l’appareil de vision et l’émergence du visage-portrait. Isolés, extrêmement rapprochés, sur-cadrés, dévisagés, électrifiés, les visages vidéographiques de Vito Acconci (Open Book, 1974), de Bruce Nauman (Lip Sync, 1969), de Gary Hill (Primary, 1978), de Ulf Langheinrich et Kurt Hentschläger (Modell 5, Granular Synthesis, 1994), souligneront la force procédurale exercée par nos machines sur l’émergence d’une forme de visagéité médiatique symptôme de notre époque contemporaine. Elle se prolongera dans les formes hybridées, recomposées, numérisés, synthétisées, lissés, d’expériences photographiques comme celles menées par Aziz + Cucher (Dystopia, 1994), Orlan (Selfhybridations, 1998-2002), ou encore Robert Gligorov (Orange Face, 1997). Puis, avec les projets interactifs de Luc Courchesne (Portrait One, 1990), ou plus récemment de Vincent Elka (Sho(u)t, 2007), le portrait renouera avec le dispositif inclusif hérité de la modernité - Les Ménines (1656) de Velasquez, etc. – en englobant le corps du spectateur dans le circuit court du face-à-face avec l’image simulée.


Enfin, le genre du portrait n’est pas seulement à chercher du côté de la représentation, de l’image destinée à être vue par le spectateur. Un nombre foisonnant de dispositifs automatisés actuels font du visage individuel – et spectatorial - un espace d’observation constant. Les techniques de reconnaissance faciale, d’analyse oculaire (eye tracking) permettent de déplacer la notion de portrait du côté de la machine en train d’observer le sujet. On parle bien de « portrait robot », pour qualifier cet ensemble d’informations, d’indices, qui rendent possible l’identification et la description d’une personne donnée. Dans ce contexte particulier la notion d'inter-face trouve le lieu adéquat de sa définition : un face-à-face, un « entre les visages » - pour reprendre une formule chère à Peter Sloterdijk – entre une face réelle (celle du spectateur), et l'autre simulée (l’œil de traitement numérique). Que ce soit par des procédés d'analyse émotionnelle ou de suivi de regard, le visage est au centre du fonctionnement cognitif de la machine, et, avec lui, celui des œuvres qui en exploitent les principes, comme par exemple Taken (2002) de David Rokeby, Eye Code (2007) de Golan Levin, ou encore Physiognomic Scrutinizer (2009) de Marnix de Nijs.


Le présent colloque permettra d’interroger cette double articulation entre, d’une part, le visage en tant qu’objet de représentation, de monstration, et de l’autre, le visage comme objet d’observation et d’analyse machinique. Il ne sera pas nécessairement question de tisser une histoire du portrait médiatisé contemporain, mais plutôt de réfléchir aux inflexions, voire aux redéfinitions de la nature du portrait en tant que forme classique de l’histoire de l’art et de l’étude esthétique. La période choisie – des années 1960 à aujourd’hui – tend à circonscrire un cadre historique dans lequel les technologies électroniques et électro-numériques semblent s’imposer massivement dans les modalités de construction et de réception des œuvres. Cette imposition technologique nous fait donc avancer l’idée de « visages à contraintes », au travers de laquelle se tisse ce lien d’interdépendance (« contrainte », de constringere : « lier ensemble, enchaîner, contenir »), de réciprocité immédiate, entre opération technologique et émergence de nouvelles visagéités.


AXES THÉMATIQUES (liste non restrictive)
- Représentation du visage de la seconde moitié du XXe au XXIe siècle
- Visage et techniques numériques de représentation
- Histoire du portrait contemporain
- Reconnaissance et analyse faciale dans le champ de l’art
- Visage appareillé et arts numériques
- Systèmes d’identification
- Interfaces oculaires
- Visage et duplication mécanisée
- Visage recomposé
- Portrait, représentation de soi et réseaux sociaux
- Identité et art en réseau
- Anthropologie du visage et de sa représentation
- Visage augmenté et prothèses faciales
- Expressivité faciale et jeu instrumental
- Visage, oralité, textualité
- Visage interfacé et mise en récit
- Mapping facial
- Visage cartographié
- Morphing 


CALENDRIER
- Soumission des résumés : 15 juin 2017 (3000 signes min.)
- Notification aux auteurs : 30 juillet 2017
- Conférence : 17-18 octobre 2017
- Envoi des textes définitifs pour publication : 30 novembre 2017


CONTACT
Vincent CICILIATO : vincent.ciciliato@univ-st-etienne.fr


SOUMISSION
Les propositions de communication (résumé au format .doc ou .pdf, de 3000 signes minimum) sont à envoyer par courrier électronique (vincent.ciciliato@univ-st-etienne.fr), avant le 15 juin 2017.


COMITÉ D’ORGANISATION
Vincent CICILIATO – Maître de conférences - Université Jean Monnet – Saint-Étienne
Laurent POTTIER – Maître de conférences HDR - Université Jean Monnet Saint-Étienne
Marc VEYRAT – Maître de conférences - Université de Savoie Mont-Blanc


COMITÉ SCIENTIFIQUE
Vincent CICILIATO – Maître de conférences - Université Jean Monnet Saint-Étienne
Sébastien DENIS – Professeur – Université Jules Verne Amiens
Florent DI BARTOLO – Maître de conférences - Université Paris-Est Marne-la-Vallée
Thierry DUTOIT – Professeur – Université de Mons
Itzhak GOLDBERG – Professeur émérite - Université Jean Monnet Saint-Étienne
Anna GUILLó – Maître de conférences HDR – Aix-Marseille Université
Sophie LECOLE – Maître de conférences - Université Toulouse II Jean Jaurès
Laurent POTTIER – Maître de conférences HDR - Université Jean Monnet Saint-Étienne
Marc VEYRAT – Maître de conférences - Université de Savoie Mont-Blanc
Karen O’ROURKE – Professeur - Université Jean Monnet Saint-Étienne
Françoise PARFAIT – Professeur - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Anolga RODIONOFF - Professeur - Université Jean Monnet Saint-Étienne

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De l’esthésiologie. La réappropriation du sensible et du sensoriel dans la littérature et les arts des XXème et XXIème siècles

Publié le 19 Mai 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

De l’esthésiologie. La réappropriation du sensible et du sensoriel dans la littérature et les arts des XXème et XXIème siècles

Appel à communication
Colloque jeunes chercheurs qui aura lieu en Belgique (Louvain-la-Neuve) en mars 2018.

L’objectif poursuivi par le colloque vise à:
- creuser l’enjeu politique qui peut être rattaché au sensible, dans la lignée des réflexions de Rancière (Le partage du sensible ; La chair des mots), d’Agamben (Moyens sans fins ; L'Usage des corps ; La Puissance de la pensée ; L’ouvert) et d’Esposito (Catégories de l’impolitique ; Communauté, immunité, biopolitique) notamment ;
- investiguer différentes « esthétiques du sentir » (Maldiney) et philosophies de la perception sensorielle (lien par exemple aux situations-limites telles que la surdité, la cécité, etc.), afin de voir dans quelle mesure une telle approche permet de toucher aux limites de concepts tels que, par exemple, la synesthésie ;
- questionner les modalités de la création du sensible, observer comment l’art et la littérature ont pu approcher et se confronter au sensible, comment ils ont pu donner une voix, une parole, à ce « monde muet » (Ponge) qu’il constitue, soit en s’y cognant -- car il est brut --, soit en le déployant -- à partir de sa modalité informe ;
- saisir comment, par le truchement du sensible, l’art et la littérature permettent non seulement d’ouvrir l’existence humaine, en faisant « vibrer quelque aspect privilégié ou inaperçu de l’expérience » (Dewitte), mais aussi d’aiguiser les mécanismes d’appréhension sensorielle du monde.

Autour d’une logique et d’une dynamique de la rencontre -- car suivant la perspective développée par Deleuze ou Maldiney entre autres, sentir est avant tout rencontrer -- qui peut s’opérer soit sur le mode du dialogue, d’une certaine aménité, soit sur celui de la confrontation, du dissensus (Rancière), on mettra en lumière la manière dont les mises en forme littéraires et artistiques, qui valorisent une appréhension du monde investie et singulière, permettent de se réapproprier le sensible et, à l’avenant, la sensorialité, dans un monde régi par l’économique et les discours dits “d’efficacité” (médiatiques, technocratiques, administratifs, publicitaires, etc.) qui canalisent, normatisent, contrôlent.

Les propositions de communications concerneront les domaines des littératures francophones, de la théorie littéraire, des études culturelles, des arts. Une attention particulière sera portée aux arts et littérature hypermédiatiques (numériques), en cela qu’ils représentent actuellement une des formes artistiques les plus foisonnantes en expérimentations en raison de leur relative nouveauté et de leur institutionnalisation quasi inexistante.

Sans constituer une liste exhaustive ou restrictive, les sujets, axes de réflexion et approches suivant(e)s pourraient être abordé(e)s :
- Théorie des affects et des émotions ; le pathique, l’esthésique
- Politique de l’art et de la littérature
- Les esthétiques des « sentirs corporels » autres que le visuel (i. e. l’haptique, l’auditif)
- Les imaginaires et représentations du corps et de la corporéité
- L’écopoétique
- Le rapport intime/extime, mais aussi forme/informe
- La tension matériel/immatériel
- Le multiple, l’hétérogène, le mobile, l’intotalisable
- L’expérience de l’incontrôlable, de la perte de repères, du non-savoir
- ...

Le colloque sera organisé autour de panels de conférencier.e.s présentant des communications de 20 minutes, chacune suivie d’une période de questions. L’une ou l'autre intervention (performance) artistique est également prévue.
Les propositions (titre et résumé, entre 250 et 500 mots), accompagnées d’une notice biobibliographique, sont attendues pour le mercredi 31 mai 2017 et doivent être transmises à Corentin Lahouste (corentin.lahouste@uclouvain.be (link sends e-mail)) et à Charline Lambert (charline.lambert@uclouvain.be (link sends e-mail)). Les personnes dont la proposition aura été retenue seront recontactées début juillet 2017.

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L'Utopie au présent (Carthage)

Publié le 14 Mai 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

L'Utopie au présent (Carthage)

Colloque international: L’UTOPIE  AU  PRÉSENT 
organisé par :                                                                                                                             L’Université de Carthage       
L’Institut Supérieur des Langues de Tunis
L’Unité de Recherches : Approches Transversales en Littérature et en Langue (A.T.L.L)       
En partenariat avec l’Académie Bait-el-Hikma, Carthage                                                                                  
Lieu : Académie Bait-el-Hikma, Carthage, Tunis.
Date : 16-17  novembre 2017                                                                                                                                                                                                                                                                          
        Cinq cents ans après l’ouvrage fondateur de Thomas More, une littérature  multidisciplinaire et de réflexion ne cesse d’accompagner les sciences et les arts : des ouvrages se rééditent, des nomenclatures et des typologies se dessinent. Un tour d’esprit, une tradition et une conscience utopistes  continuent de marquer une grande partie de notre culture.        
        La  notion autour de laquelle  nous voudrions placer les actes du colloque touche à des lieux de création et de réflexion  qui favorisent  la rencontre de sensibilités et de compétences d’horizons divers et qui suscitent  un questionnement et un dialogue  nourris  sur l’utopie  comme discours (musical, pictural, littéraire, idéologique,etc.) ayant son vocabulaire, sa syntaxe et sa stratégie, comme figures de l’imaginaire, comme  territoires où se logerait l’altérité,  comme construction  concrète, comme symptôme, comme fantasme ou comme fantaisie.
        L’histoire a fait les utopies et les utopies font et défont encore l’histoire. Elles sécrètent leur antidote dans l’autre utopie, la dystopie, allergique aux enchantements fallacieux. Le meilleur des mondes  peut couver son gène schizophrénique et connaitre une imparable sclérose. Il convient  de considérer, à ce propos, la  confiscation des utopies  et leur  dévaluation par différentes instances. La déroute des  élans utopiques s’est surtout traduite par « un affaiblissement de l’horizon d’attente, par un étranglement de la perspective temporelle », véritable « pathologie de l’avenir obscurci ». Si le concept d’utopie peut avoir encore un sens et une pertinence, c’est peut-être dans la restauration de cet horizon, en se posant comme projection. La vocation de l’art, imbu  de ses pouvoirs  d’anticipation, n’est-elle pas de nous  mettre   à la limite des possibilités actuelles du monde, à nous donner à voir  les lieux  de ce qui n’est pas encore? Plutôt que de dresser un catalogue des utopies contemporaines ou des projets « futuristes » actuels, l’ambition de ces rencontres est  de réfléchir à la question de la survivance, aujourd’hui, sous quelles formes et à quelles fins, de la pensée utopique. Au-delà des différentes représentations et autres transpositions sémiotiques de la notion, la réflexion portera sur le devenir même du concept d’utopie.

 

Des propositions de communications sont attendues autour des axes suivants :                                                               
a- L’utopie comme paradigme épistémologique et artistique.                                                       b- Territoires de l’utopie.                                                                                                               
c- Mythes projectifs  de l’utopie.                                                                                                   
d- L’utopie comme oxymore : illusoire vérité  et anticipation du présent                                       e- L'idéologie et l'utopie : deux expressions de l'imaginaire social                                               f- Paradoxes de l’utopie (totalitaire, ascétique et uniformisant d’un coté, libertaire et épicurien, de l’autre) 
g- Hétérotopies, dystopies, utopies fermées, utopies ouvertes.                                                   
h- Utopies et universalité.

Modalités de soumission des propositions :                                                                                                                                         

  • Date limite de soumission des propositions de communication : Dimanche 11 juin 2017 (délai de rigueur)                                                          
  • Acceptation/refus des propositions : 30 juin  2017    
  • Les propositions seront présentées sous la forme d’un document Word d’une  page, comprise  entre un minimum de 1000 signes et un maximum de 2000 et comprendront 5 mots clés : elles devront mentionner nom et prénom, discipline d’origine, statut, rattachement institutionnel de l’auteur et adresse électronique.                                        
  • Les propositions seront rédigées en Times New Roman de 12 points, interligne 1,5. Le fichier informatisé du résumé envoyé aux organisateurs par voie électronique sera simplement nommé par les nom et prénom de l’auteur.
  • Les propositions de communication seront adressées exclusivement à :                           bechirbenaissa@gmail.com 
  • Les communications pourront être données en arabe, en français ou en anglais.            
  • Prévoir de participer à la totalité du colloque au cours duquel des tables-rondes seront organisées avec la participation des intervenants. 

Comité scientifique

Mme Alia Baccar-Bornaz (U. Manouba) 
M.Béchir Ben Aissa (U. Carthage)
Mme Houda Ben Hamadi (U. Carthage)
M. Med Ridha Bouguerra (U. Carthage & U. Manouba) 
Mme Amina Chenik (U. Carthage)
M. kamel Gaha (U. Tunis El-Manar)
M. Chaabane Harbaoui (U. Carthage)
M. Mounir Khelifa (U. Carthage)
* Coordinateur du Colloque : M. Béchir Ben Aissa  (U. Carthage) 
 
RESPONSABLE : Béchir Ben AISSA (ISLT- U. Carthage)
ADRESSEAcadémie Bait El-Hikma (Carthage-Tunis))

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