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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

ouvrage

MÉMOIRES SINGULIÈRES, MÉMOIRES PLURIELLES

Publié le 23 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

MÉMOIRES SINGULIÈRES, MÉMOIRES PLURIELLES

Sans mémoire, la vie n'aurait aucun sens. C'est ce que veut montrer ce livre en interrogeant tour à tour l'intelligibilité de l'univers, la plasticité du cerveau, la géométrie des formes et la singularité du vivant. En corollaire, la mémoire évolutive sous-jacente à la naissance de la pensée symbolique, les arts de la mémoire, la littérature proustienne, les souvenances divines, et enfin la mémoire augmentée et ses conséquences sur notre appréhension du monde. Cette nouvelle donne constitue le point d'achoppement des interrogations portées par les auteurs dans un esprit transdisciplinaire : il s'agit avant tout de défricher les mémoires et de ne pas opposer dataisme et plasticisme pour donner à voir, si tant est qu'elle éclose, une mémoire « posthumaine » digne de ce nom.

 

Marc-Williams Debono, 2018, Mémoires singulières, mémoires plurielles; À l'heure du dataïsme et de l'intelligence artificielle, Paris, L'Harmattan: Colloques et rencontres,  220 pages, 25.00 euros.

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Comment le transhumanisme concurrence les religions

Publié le 20 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans ouvrage, Ouvrage

Comment le transhumanisme concurrence les religions

LE NOUVEAU NUMÉRO- n°21

Comment le transhumanisme concurrence les religions
Après des millénaires d'entente tranquille sur le marché de l'immortalité, les religions voient débarquer avec le transhumanisme un concurrent laïc, voire païen, qui entretient sa propagande à grand renfort d'innovations techno-médicales prometteuses.

APERÇU:
Les signaux faibles
Casper Klynge, le « techplomate » danois


Les controverses
La guerre des sexes, jusqu'où ?


Les utopies
Percer le mystère des langages sous-marins

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Monographie de Miguel Chevalier

Publié le 3 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

Monographie de Miguel Chevalier

Présentation détaillée du projet


Mon projet :

Cette monographie "Miguel Chevalier" offre une vue panoramique sur mon univers artistique. Elle met en lumière l’écriture spécifique que j'ai développée à partir des outils numériques et son évolution sur les 18 dernières années, ainsi que mes questionnements sur l'art et sur le monde qui nous entoure. Cet ouvrage nous plonge dans la fécondité d'un imaginaire, à la fois novateur et inscrit dans la continuité de l’histoire de l’art du XIXe et du XXe siècle.

Cette monographie, très largement illustrée, publie les dix-huit dernières années de mon travail (2000-2018). Dans un beau format de 24 x 30 cm, elle présente des reproductions d'une sélection de mes plus importantes installations réalisées ces dernières années, dont beaucoup n'ont jamais été publiées.
Cet ouvrage inclut une préface de Jérôme Neutres (Directeur de la stratégie et du développement de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais et commissaire de nombreuses expositions, telles que Bill Viola, Helmut Newton, Robert Mapplethorpe) et un entretien avec David Rosenberg (commissaire d'expositions et auteur), qui apportent en complément un éclairage sur mon parcours et ma démarche artistique.
Le format du livre, mêlé à un graphisme sobre et contemporain, réalisé par les graphistes Trafik, permet de s'immerger dans mon univers artistique.
 
Quatre chapitres, différenciés par des papiers de couleur fluo, illustrent les grandes thématiques de mon travail : Flux et Réseaux, Arabesques Numériques, Nature et Artifice, Méta-Territoires.

Au fil des pages, nous découvrons des installations de réalité virtuelle in-situ réalisées à travers le monde, de l'espace intérieur du musée (Musée d'art moderne de Céret, 2014; Museu da Imagem e do Som de São Paulo, 2010), pour se développer à l'échelle architecturale dans des espaces patrimoniaux (ancienne église de Casablanca, 2014 ; Castel del Monte à Andria, 2014 ; King's College Chapel de Cambridge, 2015), avant de sortir dans l'espace public (Palacio de Bellas Artes à Mexico, 2013 ; Forum des Halles à Paris, 2017). Une quarantaine d'installations numériques dans plus de 13 pays qui transforment l'espace et métamorphosent l'architecture, suscitent la surprise et l'émerveillement et nous emportent dans un monde de rêve et de poésie.

Cette monographie présente également mon travail de sculpture de ces dix dernières années, réalisé grâce aux techniques d'impression 3D ou de découpe laser, qui matérialisent désormais mes univers virtuels.

Enfin cet ouvrage inclura des photos de l'exposition personnelle Digital Abysses qui sera présentée du 8 mars au 20 mai 2018 à la Base sous-marine de Bordeaux et l'installation Extra-Natural qui sera présentée au Grand Palais dans le cadre de l'exposition Artistes & Robots du 5 avril au 9 juillet 2018.


Description de l'ouvrage :

Monographie de Miguel Chevalier
Bernard Chauveau Édition
Format fermé : 24 x 30 cm à la française
Nombre de page : 240 pages
Couverture cartonnée avec dorure à chaud film Holofoil Super diffuser
Reliure : Dos carré cousu avec tranchefile de couleur
Intérieur : Papier Fluo, blanc brillant
Impression en quadrichromie
Nombre de reproduction couleur : 180
Préface de Jérôme Neutres, Directeur de la stratégie et du développement de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais et commissaire d’expositions
et entretien avec David Rosenberg, commissaire d'exposition et auteur
Tirage : 2000 livres en français et 1000 livres en anglais
Graphisme : Trafik (www.lavitrinedetrafik.fr)
Date de publication : Avril 2018
Prix : 39 euros TTC

 

Extraits de la préface de Jérôme Neutres :

« Il n’y a de grand artiste que celui qui invente ou réinvente son art. Ses installations interactives et génératives, fresques du XXIème siècle qui bouleversent le temps et l’espace de l’œuvre, nous fascinent autant qu’elles nous obligent à nous (ré)interroger sur le mécanisme de la création artistique et l’essence d’une œuvre d’art. »

 

« Quand désormais tant d’artistes transforment du réel en virtuel, à travers la numérisation d’images ou de formes, Miguel Chevalier réifie des fichiers informatiques, créant ainsi ce que l’on pourrait appeler des œuvres et des sculptures « post virtuelles ». A l’heure du Tout-numérique, l’artiste remet encore une fois en question ce que faire œuvre veut dire. Miguel Chevalier, ou l’art de l’anticipation. »

 

Extrait de l'entretien avec David Rosenberg :

D. R. : Par les flux et les réseaux que tu créés, tu rends visible l’invisible et révèles l’essence des choses qui constituent désormais notre quotidien, notamment à travers l’utilisation du langage binaire.

M. C. : Nous vivons dans un monde en perpétuelle évolution, où les données s’échangent à la vitesse de la lumière et trament désormais tout notre environnement. Je cherche à figurer ces réseaux, ces flux qui se créent en permanence et se prolongent à l’infini. Révéler grâce à des algorithmes et aux mathématiques la poésie de notre monde contemporain.

 

L'artiste Miguel Chevalier :

Depuis 1978, Miguel Chevalier utilise l’informatique comme moyen d’expression dans le champ des arts plastiques. Il s’est imposé internationalement comme l’un des pionniers de l’art virtuel et du numérique.
Son travail, expérimental et pluridisciplinaire, aborde la question de l’immatérialité dans l’art, ainsi que les logiques induites par l’ordinateur, tels que l’hybridation, la générativité, l’interactivité, la mise en réseau.
Le travail de Miguel Chevalier poursuit un constant dialogue avec l’histoire de l’art, dans une continuité et une métamorphose de vocabulaire, pour explorer et expérimenter un nouveau langage pictural. Les images qu'il nous livre interrogent perpétuellement notre relation au monde.
www.miguel-chevalier.com

 

Les contreparties

Ouvrage essentiel pour une approche de l'art numérique et contemporain sous ses différents aspects, la monographie « Miguel Chevalier » réalisée grâce à ce financement est la première des contreparties proposées en remerciement de votre soutien. Un ouvrage qui se doit d'être dans toutes les bibliothèques !!
50 ouvrages sont proposés à un prix exceptionnel de 26 euros pour les plus rapides, puis 200 ouvrages au prix de vente de 39 euros. Les frais de port sont offerts.Pour les contreparties suivantes, j'ai imaginé spécialement pour ce financement participatif, plusieurs éditions limitées signées et numérotées.

Les éditions limitées Fractal coraux 1 et Fractal coraux 2, réalisées par découpe laser, sont inspirées des merveilles de la mer. Ces éditions préfigurent l'exposition Digital Abysses que je réalise à la Base sous-marine de Bordeaux du 9 mars au 20 mai 2018, la plus importante que j'ai accomplie à ce jour.  

L'édition limitée L'Origine du Monde est extraite de la grande installation numérique qui sera projetée dans cette même exposition à la Base sous-marine de Bordeaux.

Quant aux œuvres uniques proposées, elles seront présentées dans des cabinets de curiosités dans l'exposition Digital Abysses à la Base sous-marine de Bordeaux. Poursuivant mon exploration de la nature, ces oeuvres revisitent par le biais du numérique, le thème de la faune et de la flore sous-marine (algues, plancton, coraux...). Elles questionnent la notion de vie artificielle, interpellent sur la fragilité de ces écosystèmes et sur une biodiversité des océans à préserver.

 

À quoi servira la collecte ?
Le coût de réalisation d'un tel ouvrage, avec une version en français et une version en anglais, est de 40 000 euros. Je bénéficie du soutien de plusieurs galeries qui représentent mon travail, ainsi que de quelques mécènes que je remercie. L'ensemble de ces soutiens couvre 65 % les frais de réalisation de ce livre, notamment les frais de graphisme, la rémunération des auteurs, la correction des textes, leur traduction en anglais, la photogravure.
Pour boucler définitivement le budget de cette monographie, j'ai besoin d'un coup de pouce.

Mon objectif de 12 000 euros permettra de financer une partie de l'impression prévue, avec votre soutien, mi-mars 2018.
Il permettra également de financer la réalisation des différentes éditions limitées proposées en contreparties, ainsi que leur frais de port, de transaction et de conditionnement.

Si je parviens à dépasser cet objectif, les fonds collectés seront consacrés à :
- augmenter le tirage;
- communiquer sur cet ouvrage (envoi aux journalistes en France et à l'étranger, achat d’encarts publicitaires…). Plus nous aurons de pré-achat, plus les libraires et les journalistes s'y intéresseront;
- réaliser un petit film regroupant les différentes installations présentées dans cette monographie. Il serait le complément parfait à cet ouvrage, pour voir ces œuvres prendre vie, observer l'infinité des formes engendrées par l’ordinateur et voir l'œuvre réagir suivant les mouvements du public.

Toute participation, petite ou grande, de ce projet de monographie, sera un vrai soutien de mon travail et permettra d'élargir sa diffusion en France, mais également à l'international.

Le public fait partie intégrante de mon œuvre dont la spécificité est l'interactivité. Pourquoi pas l'associer également dans cette aventure !

 

Je compte sur vous pour faire connaître et diffuser au maximum ce projet.

Un grand Merci pour votre soutien !

 

Les partenaires du projet :

Bernard Chauveau Édition
Créée en septembre 2002, la maison d’édition Bernard Chauveau a pour ligne principale la publication de collections de livres touchant au domaine des beaux-arts, du design, de l'architecture, des arts décoratifs modernes et contemporains. Depuis sa création, Bernard Chauveau  a édité plus de 150 titres et collaboré avec de nombreux artistes plasticiens parmi lesquels  Anne et Patrick Poirier, Giuseppe Penone, Bernar Venet, Fabrice Hyber, etc…  
www.bernardchauveau.com

 

Avec le soutien de
Wargny assurances
Galerie Keza (Paris)
Galerie Mordoch (Paris/Miami)
Mayor Gallery (Londres)
Galerie LMS (Bruxelles)

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POÏÉTIQUES DU DESIGN 4 Conception, corps et fiction

Publié le 23 Janvier 2018 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

POÏÉTIQUES DU DESIGN 4 Conception, corps et fiction

Au regard des trois précédents volets de "Poïétiques du design", ce quatrième recueil d'articles permet d'aborder la question de la conception au travers d'une relecture du corps et de nos capacités à nous aventurer dans certaines fictions. Les auteurs de cet ouvrage s'attachent à interroger la place du corps et de la fiction dans la conception en architecture et en design, et font état d'un transhumanisme croissant au niveau du corps, de la science, de l'industrie et de l'éthique.

Trois tomes de "Poïétiques du design" sont déjà parus aux Editions L'Harmattan : "Vers de nouveaux paradigmes de la conception ?" en 2014, "Eco-conception" puis "Conception et politique" en 2015.
Contributeurs : Pierre Litzler / Luis Miguel Pinto Gonçalves / Maxime Favard / Gwenaëlle Bertrand / Salomé Bour / Thomas Brunel / Florian Harmand.

 

Gwenaëlle Bertrand, Maxime Favard, 2017, Poïétiques de design 4, Conception, corps et fiction, Paris, L'Harmattan: Esthétique série Ars , 216 pages, 22,50 euros.

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Danser la peinture, pour une contre-histoire dansée de l’art

Publié le 8 Janvier 2018 par Anaïs BERNARD dans ouvrage, Ouvrage

Danser la peinture, pour une contre-histoire dansée de l’art

Comment « faire danser les arts plastiques » ?
Par Léna Martinelli
Les Trois Coups

Danser l’œuvre d’un artiste, tel est le défi lancé par le photographe Laurent Paillier et le critique Philippe Verrièle à des chorégraphes. Un exceptionnel hymne à la création.

Laurent Paillier est un photographe de plateau réputé. Habituellement soumis à l’obligation de travailler sans flash, en haute sensibilité, avec un reflex, mais sans grande possibilité de varier la profondeur de champ, et surtout sans réelle opportunité de se déplacer, il a souhaité se libérer de ces contraintes en réalisant des créations uniques en studio. Depuis, toujours passionné par l’histoire de l’art, il a alors eu l’idée, en complicité avec le critique de danse Philippe Verrièle, de proposer à des chorégraphes la création d’une pièce courte, en hommage à l’univers d’un artiste moderne ou contemporain.

Certains ont choisi leur plasticien, d’autres se sont vus passer une commande autour d’un univers pictural qu’ils ont découvert. Aucune séance n’a fait l’objet d’un enregistrement vidéo et aucune ne sera rejouée. Un protocole très intéressant et un projet éditorial ambitieux qui a nécessité cinq années de travail. De la friction entre ces deux univers est effectivement née une danse, interprétée en huis clos, dont la trace se révèle à travers une série d’images époustouflantes, accompagnées par des textes éclairés.

Dans ce cadre original, la relation entre danse et arts plastiques est revisitée car, une fois n’est pas coutume, c’est aux chorégraphes de donner leurs sentiments sur des artistes et de les prendre comme sujets. En effet, l’inverse est plus courant, comme nous le rappelle Philippe Verrièle dans son introduction.

En revanche, le critique relève que « l’histoire croisée des arts plastiques et chorégraphiques est plutôt celle d’un malentendu fait de mécompréhensions, de rendez-vous moitié manqués et d’exploitations réciproques ». Par exemple, Degas « s’intéresse plus aux danseuses qu’à la danse », Gauguin ou Cézanne sont « complètement indifférents », Braque, Picasso ou Matisse « n’envisagent la danse que comme instrumentalisation, comme sujet ou comme écrin, et non comme préoccupation ».

Sujet, la danse peut aussi être une influence. L’apport de Diaghilev et des Ballets Russes constitue un virage notable. Le rapprochement génère alors de nouveaux enjeux, avec deux arts qui se nourrissent l’un l’autre, notamment dans la danse moderne (Isamu Noguchi et Marta Graham). Mais les exemples sont rares, la collaboration se limitant trop souvent à l’illustration d’un spectacle par un plasticien-décorateur qui élabore surtout la scénographie et les costumes.

 

Relations fécondes et équilibrées

Soulignons donc la réelle implication des danseurs, au service de ce concept très original, où le mouvement sublime l’art – et vice versa – où la photo illumine le geste avec talent. C’est ce qui ressort de cet ouvrage, qui comporte onze chapitres. Onze artistes majeurs, donc, de Kandinsky à Turrell, en passant par Klein ou Pollock. Chaque séance dansée et photographiée est représentée par une dizaine d’images accompagnées d’un texte sur le plasticien, ainsi que d’un entretien du chorégraphe (la plupart, de jeunes créateurs).

Comment se frotter à certaines figures ? La plus grande fusion des univers dansés et picturaux est sans doute dûe à Kaori Ito, qui fait d’ailleurs la couverture. Son hommage à Vladimir Velickovic interroge les limites de ce qui se danse en scène. L’effroi aussi.


Pour la petite histoire, Philippe Verrièle raconte que ce peintre, non retenu au départ, « s’imposa dans l’affaire par effraction ». Guère étonnant ! Témoin, dans son enfance, des atrocités commises par les Nazis en Yougoslavie, ce peintre s’est voué à la représentation de l’homme, pour lui un champ d’investigation inépuisable. Mais Philippe Verrièle le qualifie de « peintre anti-chorégraphique », entre autres, à cause de ses corps empêchés. Hommes gisants ou suspendus, visions de carnage, paysages désolés forment un univers macabre et agressif, que Kaori Ito a pourtant parfaitement su restituer. La jeune japonaise se lance dans un rituel, une transe spirituelle avec de la peinture noire, dont les traits expriment l’énergie du désespoir. Un exorcisme car, ici-bas, s’entretiennent de singulières relations avec le Mal.

 

Corps à corps

Également sur fond blanc, les battles hip-hop d’Anne Nguyen revisitent les œuvres de Jean Degottex. Inspirées de la figure du Yin et du Yang, elles structurent ainsi le geste qui se dédouble. Si Malika Djardi explore le débordement du cadre cher à Jackson Pollock dans de remarquables compositions où les corps saturent l’espace, Maria Jesus Sevari interprète merveilleusement la dilatation du temps et les blessures à même la peau, que Lucio Fontana donne à voir sur ses toiles.

Maniaque de la structure, Perrine Valli s’est penchée, elle, sur Vassily Kandinsky, dans de savants points de vue. Avec ses collages de maillots, ses bouts de chair tout en ombres dynamisées par des rubans colorés, la chorégraphe nous plonge d’emblée dans l’univers du fondateur de l’art abstrait : « la création de cette pièce ” sens dessus dessous “ m’a permis de casser mes propres habitudes et repères artistiques ». Arthur Perole, lui, fait « cohabiter la ligne et la courbe » de Constantin Brancusi, dans une mise en scène très étudiée. Les danseurs deviennent des statues affranchies de leur socle.

Mélanie Perrier, quant à elle, fait disparaître son corps fantomatique dans le high-key d’un fond blanc, merveilleuse référence au baigné de lumière de Turrell. Pour invoquer l’expressionniste allemand Kirchner, Tatiana Julien, de son côté, explore l’« engagement outre mesure » du peintre par un jeu d’ombres projetées, avec « une danse qui voudrait empoigner, saisir outrageusement une forme de gouffre et d’urgence… » Dos courbé, silhouette noire d’une infinie sensualité : quelle troublante incarnation révélatrice de l’individu confronté à sa perte !

Enfin, avec cette poudre d’or qui fait ressortir, de façon presque magique, le motif du corps dansé sur fond noir, Éric Arnal Burtschy a, lui aussi, été très inspiré. Après avoir travaillé sur la monochromie, Yves Klein s’est lancé dans les Anthropométries de l’époque bleue, réalisant une série d’œuvres dans lesquelles il a développé sa technique de pinceaux vivants.

Dans sa chrysalide de tulle, Leïla Gaudin sonde autrement les pulsions de vie et de mort. Ses enveloppes textiles, qui évoquent les poupées célébrées par Louise Bourgeois, questionnent la maternité et fouille l’inconscient d’une histoire personnelle hantée par la sexualité. Jean Rustin, lui, traite de « l’obscénité au risque du corps conforme », soulevant ainsi un autre sujet intéressant.

 

L’écriture du geste

Qu’ils pénètrent ou pas les béances du monde, tous ces chorégraphes ont abordé ces plasticiens à bras le corps. Transposition de formes ou de mouvements, empreinte à même la peau, incarnation… l’écriture du geste a été le moteur de ce projet. « Le corps du danseur véhicule une pensée, comme le pinceau et la main véhiculent celle du peintre », résume bien Perrine Valli. Le mouvement dessine des lignes graphiques qui sculptent l’espace. Blanc intense, giclures d’encre, calligraphie chinoise, bleu Klein et paillettes d’or… les couleurs éclatent sur les pages. Et en saisissant ces instants de grâce – éphémères par nature – chaque photographie laisse des traces indélébiles.

Sérieuse, cette contribution à l’histoire de l’art est d’autant plus précieuse qu’elle est créative. Ce magnifique ouvrage explore, décidément sous un nouveau jour, les liens passionnants entre arts plastiques et chorégraphie. D’ailleurs, l’Association professionnelle de la critique de théâtre, musique et danse l’a élu « Meilleur livre de danse de l’année (2016) ». 

 

Danser la peinture, pour une contre-histoire dansée de l’art, de Laurent Paillier et Philippe Verrièle, nouvelles éditions Scala, 2015 / 170 pages / 24×30 cm / 35 €

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Intelligence artificielle. Voyage au cœur de l'IA

Publié le 7 Janvier 2018 par Anaïs BERNARD dans ouvrage, Ouvrage

Intelligence artificielle. Voyage au cœur de l'IA

Intelligence artificielle. Voyage au cœur de l'IA - Hors-série illustré par Enki Bilal. Décembre 2017 - Janvier 2018

EN VENTE DANS LES KIOSQUES A 10 EUROS A PARTIR DU 20 DÉCEMBRE 2017 PENDANT PLUS D'UN MOIS.

Hors-série de 108 pages.

Comment l’intelligence artificielle va changer nos vies.

REPORTAGES
Si l’IA Valley m’était contée. Zoom sur le pays des Gafa et des artistes numériques.
RENCONTRES
Cédric Villani, Yann Le Cun, Enki Bilal, Lauren Mc Carty, Laurence Devillers...
ENQUÊTES
Un code pénal à la merci des codes sources. Nos libertés sont-elles menacées ?
ANALYSES
Santé, déplacements, information, sexe ou loisirs... L’IA est-elle incontournable ?
 Illustré par Enki Bilal.

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DE L'ART CINÉTIQUE À L'ART NUMÉRIQUE

Publié le 22 Décembre 2017 par Anaïs BERNARD dans ouvrage, Ouvrage

DE L'ART CINÉTIQUE À L'ART NUMÉRIQUE

Frank Popper est l'un des grands théoriciens de l'art contemporain. Il est, sur le plan international, le spécialiste de l'art optique et cinétique, de l'art électronique, informatique et virtuel, et du Net Art. Ce volume auquel ont collaboré nombre de ses amis, artistes, historiens de l'art et esthéticiens, retrace son parcours hors normes, donne un éclairage nouveau sur les grandes expositions historiques qu'il a montées et entre en dialogue avec son travail de chercheur.

Françoise Py a dirigé cet hommage au théoricien de l'art Franck Popper, auquel ont contribué: Stephen Bann, Dominique Berthet, J-L Boissier, Michel Bret, Pacal Bonafoux, Nathalie Boulouch, Grégory Chatonsky, Jürgen claus, Edmond Couchot, Aline Dallier, Daniel Danétis, Jacques Delon, J-P Fourmentraux, Giovanni Joppolo, Dieter Jung, J-C Lambert, Gilbert Lascault, Lizzie Laurenti, Joseph Nechvatal, René Passeron, Francesco Polit, François Soulages, Marie-Hélène Tramus et Germain Viatte.

 

Françoise Py (dir.), 2017, De l'art cinétique à l'art numérique, Hommage à Frank Popper, Paris, L'Harmattan, 270 pages, 27.00 euros.

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Philosophie des jeux vidéo

Publié le 20 Décembre 2017 par Anaïs BERNARD dans ouvrage, Ouvrage

Philosophie des jeux vidéo

Philosophie des jeux vidéo se propose d'analyser la spécificité technique et esthétique du média, d'explorer les principaux lieux où l'expérience contemporaine du jeu vidéo s'est façonnée et de disséquer les investissements politiques du "sujet vidéoludique" à l'âge de la marchandise animée.

Vous êtes face à un jeu vidéo. Vous pressez les touches, déplacez la souris, appuyez en cadence sur les boutons du pad. Qu’est-ce qui se produit alors ? Quel est cet état si particulier, à la limite du vertige et de l’hallucination ?
Depuis les premiers hackers, qui programmaient la nuit sur les ordinateurs géants d’universités américaines, jusqu’à la console de salon, en passant par la salle d’arcade des années 1970, ce qui s’est à chaque fois inventé, au fil de l’histoire des jeux vidéo, ce sont de nouvelles liaisons à la machine, de nouvelles manières de jouir de l’écran.
On aurait tort de négliger ces petits objets qui ressemblent fort à de simples gadgets : ils concentrent en fait les logiques les plus puissantes du capitalisme informationnel.
Et ceci parce qu’ils combinent, comme aucune autre forme culturelle, désir, marchandise et information.
Les jeux vidéo sont de petites poussières de rêve grâce auxquelles le capitalisme se secoue de son grand sommeil mais ce sont aussi des miroirs brisés qui renvoient une image complexe de la subjectivité contemporaine : en s’y intensifiant, les logiques du management informationnel y redeviennent visibles, accessibles à la critique, actionnables, reconfigurables, jouables.

 

Mathieu TRICLOT, 2017, Philosophie des jeux vidéo, La Découverte: POCHES SCIENCES, 304 pages, 11.00 euros.

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S'aimer tatouée

Publié le 16 Décembre 2017 par Anaïs BERNARD dans ouvrage, evenement

S'aimer tatouée

S'aimer Tatouée ...Et s'aimer tout court !
C'est le moment de préparer vos cadeaux de Noël dédicacés !
Nathalie Kaïd sera entourée de ses amis auteurs: Marie Laure Hubert Nasser, Laurence Marino, Fisso Reynaud, Edition Térremoto 

Marie Laure Hubert Nasser : 
"Semblant sortir du noir"
Maison d'édition "Terremoto" 
Le Désorganisme de Daniel Johnston (Ricardo Cavolo) 
et Instrumental (James Rhodes)
Laurence Marino :
"Neuf mois ou presque"
Fisso Reynaud :
"Bonheur à perte de vie"
Nathalie kaïd :
"S'aimer Tatouée
des livres à offrir et à s'offrir !

Pour tous ceux qui ont commandé le Livre venez le retirer sur place et fêter avec nous la sortie, dédicaces pour tous ceux qui viendront aujourd'hui samedi 16 décembre, à partir de 16h. 
La soirée se fait dans le salon privé des Vivres de l'Art derrière la galerie, vous suivrez les pages du livre ....
Un grand merci à Guylaine et Jean François Buisson .

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TRANSITION 2017

Publié le 14 Décembre 2017 par Anaïs BERNARD dans ouvrage, Ouvrage

TRANSITION 2017

Une transition, c’est le passage d’un état à un autre. Le mot ne dit rien de l’aspect positif ou négatif d’une transition, ni de ce qu’elle pourra être contrôlée ou subie par le système qui change d’état.

Nos sociétés, exposées chaque jour à un plus grand risque de rupture de leurs approvisionnements en ressources ainsi qu’à un environnement déjà très dégradé vont subir une transition majeure, dont personne ne peut connaître le déroulement, ni le résultat à terme.

Ce livre a pour ambition un nouveau diagnostic des raisons pour lesquelles cette transition paraît s’engager trop tard au regard des limites et des dégâts, sans que nous parvenions vraiment à maîtriser la situation pour demain.

L’étude porte en particulier sur nos difficultés à penser la question écologique, celle-ci semblant dépasser nos capacités techniques et cognitives, individuelles et collectives.

Ce diagnostic permettra aussi de mieux comprendre comment nos espoirs, paradoxalement, nous font augmenter les dégâts sur l’environnement au lieu de les réduire.

Le livre est divisé en quatre parties, qui sont diffusées sous forme d’articles en libre accès via le site de l’association Adrastia:

1/4 : La réalité n’existe pas

2/4 : Écologie et post-vérité

3/4 : Mythologie écologique

4/4 : Éléments pour un programme et une éthique de transition

 

Vincent Mignerot, 2017, Transition 2017, Editions SoLo, 198 pages, 12.00 euros.

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