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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

Corps, réseaux et troubles alimentaires : repenser le phénomène « pro-ana »

Publié le 9 Janvier 2015 par Anaïs BERNARD in conférence

Corps, réseaux et troubles alimentaires : repenser le phénomène « pro-ana »

Un verre derrière l'écran

Vendredi 16 Janvier 2015 à 19h19
Un rendez-vous proposé par l'école HETIC (Hautes Etudes des Technologies de l'Information et de la Communication).
 

Dans le jargon d’internet, « Ana » et « Mia » désignent l’anorexie et la boulimie mentale. Il existe des sites web conçus et gérés par les internautes pour parler de ces troubles des conduites alimentaires (TCA). Le ton provocateur de certains d’entre eux, allant jusqu’à affirmer que ces troubles sont un choix de vie plutôt qu’une maladie, a attiré l’attention des médias et des décideurs politiques, et leur a valu la qualification péjorative de « pro-ana » ou « pro-mia ». Les internautes peuvent aller jusqu’à décrire leurs crises, leurs vomissements, leurs envies d’un corps filiforme inspiré par les photos de célébrités retouchées et amincies (thinspiration).

Pendant longtemps, il a été impossible d’obtenir des données de qualité sur la fréquentation de ces sites dont les contenus (textes, photos, échanges…) sont souvent cachés pour contourner la censure. Avec son équipe de recherche, le sociologue et "humaniste numérique" Antonio Casilli a conduit le projet de recherche ANAMIA, la première enquête au monde à permettre une analyse des réseaux sociaux, des pratiques alimentaires et des usages numériques de personnes atteintes de TCA dans le web anglophone et francophone.

En développant des méthodologies innovantes (simulations informatiques, visualisations de données, collecte dynamiques de réseaux personnels), l'étude se donne les moyens d'obtenir des résultatssurprenants : l’apologie de l’anorexie est loin de représenter la totalité des postures, le stéréotype de l’adolescente « pro-ana » socialement isolée est mis à mal, l’utilité de la censure de ces sites est aussi remise en cause. En déplaçant le prisme pathologique vers celui des usages des technologies et celui dessociabilités, à repenser la notion même de pro-ana.

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